Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 18:13

Après l'interview de Denis Kessler hier, je voulais partager avec vous un extrait d'une tribune d'Axel de Tarlé également parue dans le JDD du 8 avril. Le voici :

 

"Faisons ... un cauchemar.

Lundi 7 Mai 2012 : à peine remise de sa victoire, le (nouveau) président est informé d'une bien mauvaise nouvelle : l'agence Standard & Poor's dégrade de nouveau la France. Les taux d'intérêt s'envolent à 6 % contre 3 % aujourd'hui.

Jeudi 10 mai, le Trésor français ne parvient plus à emprunter d'argent sur les marchés financiers. La douche froide ! Le lendemain, une réunion d'urgence est organisée à Bruxelles. Il faut débloquer une aide internationale pour la France.

Dimanche 13 mai, les cow-boys du FMI débarquent à l'Elysée et imposent une cure d'austérité et des réformes drastiques.

Le quinquennat aura duré ... une semaine."

 

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Axel de Tarlé est un journaliste et animateur télé qui rédige notamment une chronique chaque semaine dans le Journal du Dimanche. Parallèlement, celui-ci intervient sur Europe 1, France 5 ou dans Paris Match. Clairement, et malgré quelques bon papiers que j'ai lu dans le JDD, je dois reconnaître que je ne porte par Axel de Tarlé dans mon cœur. Ou plus précisément, je ne partage pas forcément ses idées.

 

Une fois n'est pas coutume donc, j'ai trouvé cette nouvelle tribune abjecte. Pas sur la forme car je trouve que le style de l'auteur est intéressant mais il en est tout autre chose sur le fond qui empeste la pensée unique et le conformisme économique. Bref, Axel de Tarlé est un magnifique défenseur de l'ordre établi et du système en place.

 

Mais laissons là ce pauvre bougre et penchons-nous sur les reproches que je fais à ce texte. En fait ceux-ci sont de trois ordres.

Tout d'abord, on peut remarquer que l'histoire racontée par le journaliste débute par la dégradation de la note de la France par Standard & Poor's. Implicitement, cela signifie que l'agence de notation sanctionne le vote des Français à l'élection présidentielle et qu'elle ne fait pas confiance au président nouvellement élu. Au passage, cela semble étonnant car qu'il s'agisse de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, gageons que le vainqueur saura être docile et ne fera pas de vague malgré leurs promesses. Mais passons.

Ce qui me dérange le plus, en l'état actuel des choses, c'est le pouvoir considérable et démesuré accordé à ces agences. Et cela d'autant plus que ce sont ces mêmes entités qui ont, en quelque sorte, fait la promotion des subprimes, entrainant ainsi le monde entier dans la crise. En quoi ces agences sont-elles légitimes ? Pourquoi accepte-t-on de laisser nos taux d'intérêt entre les mains de cassandres privées ?

 

Remarquons ensuite que les notes attribuées par ces agences ont une incidence non négligeable sur les nations en ce sens que celles-ci influent sur leur taux de financement sur les marchés financiers. Car oui, en particulier depuis la loi de 1973 reprise dans l'article 104 du traité de Maastricht et l'article 123 du traité de Lisbonne, la France ne peut plus de financer auprès de sa banque centrale. Concrètement, cela signifie que l'Etat français est contraint d'emprunter de l'argent sur les marchés financiers à des taux se situant pour l'instant autour de 3 % mais qui sont bien évidemment susceptibles d'évoluer. Et dans le même temps, comble de l'ironie mais logique libérale oblige, la BCE (Banque Centrale Européenne) a, ces derniers mois, mis à disposition des banques privées environ 1 000 milliards d'euros au taux de 1 %. Somme que ces mêmes banques se sont empressées de reprêter plus cher aux Etats, réalisant au passage des marges plus que confortables.

 

Enfin, toujours dans cet article, il nous est suggéré, en filigrane et de manière subtile, que la France n'arriverait pas à s'en sortir seule, que son destin est tracé sans possibilité d'en changer. Ainsi, on nous raconte que les marchés ne feraient plus confiance à la France et qu'il faudrait s'en remettre à Bruxelles et au FMI avant de se faire saigner comme des gorets. En somme, on cherche à nous préparer doucement à une situation à la grecque qui consiste à essorer le peuple pour sauver un système financier coupable qui ne se remet pas en question.

 

Bref, il ressort de cet article une vision pessimiste de la situation, certes problématique, de notre pays. Selon Axel de Tarlé, mais c'est aussi le sentiment de bien d'autres personnes, la France est condamnée d'avance.

Or je ne pense pas que notre sort soit scellé. Pas tant que nous ne l'avons pas décidé en tout cas. Je crois fermement à l'action de l'Etat, je crois à la primauté du politique sur l'économique. Bref je crois qu'un changement est possible.

 

Mais je parle d'un vrai changement. Pas d'un changement à la Sarkozy qui change de cap comme de chemise. Ni d'un changement à la Hollande qui se résume à de l'antisarkosysme primaire. Je parle d'une modification en profondeur de notre modèle de société et du système en place.

 

Pour rebondir sur les critiques émises précédemment, il me semble impératif de prendre les mesures qui s'imposent pour mettre un terme à ces aberrations. En premier lieu, il est nécessaire que notre pays recouvre sa souveraineté monétaire, c'est-à-dire le pouvoir de battre monnaie. Ou autrement dit la possibilité de se financer directement auprès de la banque centrale. Les Allemands étant opposés à un tel mécanisme, il est donc impossible de recourir à la BCE. Reste alors la solution de la Banque de France, ce qui suppose évidemment un retour aux monnaies nationales donc une sortie de l'euro.

 

Par ailleurs, il est clair que notre pays, mais ce n'est évidemment pas le seul, souffre du carcan européen dans lequel il s'est laissé enfermer. Une renégociation des traités actuels pour aboutir à une europe des nations dans laquelle les souverainetés nationales seraient respectées doit alors être à l'ordre du jour. En cas de refus de nos partenaires, une mise en retrait pure et simple doit être envisagée.

 

Alors bien sûr de telles solutions peuvent faire peur. D'ailleurs, les candidats des deux grands partis cherchent par tous les moyens à attiser et entretenir ces craintes pour éviter tout débat et tuer dans l'œuf l'émergence d'une alternative. Mais en y réfléchissant bien, en se documentant quelque peu sur le sujet, il apparaît que ces mesures ne sont pas utopiques ni extrémistes. Partout en europe ces idées commencent à faire leur chemin et il y a fort à parier que l'action de la France ferait boule de neige, notamment dans les pays du sud, qui sont pris à la gorge par les plans d'austérité imposés par la troïka (BCE, FMI, commission).

 

Dans l'Histoire de l'humanité des précédents existent (Tchécoslovaquie, Argentine ...). Et il ne faut pas oublier que d'autres Etats membres de l'UE (Angleterre, Suède ...) ne sont pas dans la zone euro et ne s'en portent pas forcément plus mal. Une fois de plus tout est question de volonté et de courage politique.

 

A quelques jours de l'élection présidentielle, les Français doivent faire un choix. Soit continuer comme avant avec quelques changements à la marge, soit opérer un virage avant de foncer dans le mur. C'est donc en conscience qu'il faudra trancher entre alternance et alternative. Et ne vous y trompez pas, le seul vote utile c'est le vote pour vos convictions.

Partager cet article
Repost0
10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 23:47

Dans l'édition du 8 avril du journal du dimanche (JDD), une interview de Denis Kessler (PDG du groupe de réassurance Scor et ancien vice-président du Medef) était proposée dans laquelle celui-ci s'exprimait en particulier sur la crise et l'endettement de notre pays.

Avant toute chose, voici quelques passages choisis par mes soins qui, je crois, reflètent à merveille l'homme mais aussi et surtout la pensée de tous les individus de son milieu.

 

"Pour résorber le déficit, il faut privilégier la baisse des dépenses publiques plutôt que de recourir massivement à l'impôt."

 

"C'est à l'Etat, aux organismes sociaux et aux collectivités locales de faire l'essentiel de l'effort. Ce sont eux qui sont responsables de la dette. Tous les pays qui se sont sortis de crise ont procédé à de profondes reformes de leurs organisations collectives. C'est en soutenant sans réserve le secteur productif, pas en le bridant, que l'on génèrera des richesses."

 

"Le système fiscal et social français est complexe, incompréhensible et inefficace. Il y a beaucoup trop d'impôts et de taxes, beaucoup trop de planchers et de plafonds. [...] Cela suppose de repenser entièrement l'Etat, ses missions, ses fonctions, son organisation."

 

Evidemment, ces citations se suffisent à elles-mêmes et pourraient se passer de commentaire. Pour autant, il apparaît clairement que ces opinions dépassent la seule personne de Denis Kessler et sont largement partagées par le patronat, et notamment ceux du CAC 40. Pire, ce courant de pensée est tout à fait représentatif d'une caste de privilégiés coupés des réalités qui vivent de l'exploitation de la misère et se gavent sur le dos des plus modestes.

 

En substance, que dit Denis Kessler ?

Pour lui, l'Etat est trop dépensier et mal géré ce qui a conduit à un endettement toujours plus important et à un accroissement de la pression fiscale. Si l'on traduit quelque peu ses propos, on se rend bien compte que le fond de sa pensée est clairement libéral. Il estime que l'Etat, et plus largement le secteur public, est une tare et qu'il faut donc chercher à limiter son influence. Mieux, il considère que l'Etat doit laisser toute liberté au secteur privé, jugé plus performant, pour générer des richesses, c'est-à-dire des dividendes pour les actionnaires.

 

Alors bien sûr les libéraux ont existé de tout temps. D'ailleurs, ceux qui disposent d'une petite culture économique se rappelleront à coup sûr d'Adam Smith et de sa théorie de la main invisible, vantant la suprématie des marchés.

Pour autant, il ne faut pas oublier que le monde a connu très récemment, et connaît encore, une grave crise économique et financière qui a indéniablement mis en exergue les faiblesses et limites d'un tel système. Il est donc assez surprenant que l'on nous sérine encore le même discours selon lequel le marché est tout puissant.

Encore que, comme on dit, il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Comme avec le communisme autrefois ou avec l'europe et le libéralisme aujourd'hui, leurs défenseurs s'acharnent à essayer de nous démontrer que ce n'est pas le système qui est en cause mais sa mauvaise mise en œuvre. Pire, ils nous expliquent que pour résoudre tous nos maux, il faut aller encore plus loin dans son application.

 

Ce qui me dérange le plus chez ces gens-là, c'est la mauvaise foi voire la schizophrénie dont ils font preuve. En effet, il est de notoriété publique que les libéraux blâment l'Etat et le rendent responsables de tous nos problèmes. En revanche, en temps de crise, quand tout va mal, ces mêmes personnes n'ont aucun scrupule à venir quémander de l'aide cet Etat soi-disant dispendieux. Rappelez-vous le plan d'aide massif en 2008 ou encore les prétendus sauvetages de la Grèce qui consistaient en réalité à renflouer des banques qui s'engraissent sur le dos des peuples. De même, je n'ai jamais entendu un seul patron se plaindre des exonérations fiscales et sociales accordées par l'Etat.

 

Cela fait des décennies que les plus riches se plaignent de payer trop d'impôts. Cela fait depuis que je suis né que j'entends qu'il y a trop de fonctionnaires, qu'on me dit que l'Etat est trop dépensier ...

S'il est vrai que des efforts peuvent et doivent être fait au niveau des dépenses, je crois fermement que nous avons besoin d'un Etat fort et interventionniste afin de garantir et préserver l'intérêt général. Car ne soyons pas dupes, si l'Etat se retirait et limitait son action aux seules fonctions régaliennes, il est clair que le privé ne se gênerait pas pour imposer sa domination. Ce serait alors la loi du plus fort, c'est-à-dire celle de la jungle donc des animaux, qui triompherait, conduisant alors à une dictature de l'argent.

 

Personnellement, ce n'est pas ce que je souhaite pour mon pays. Et je crois que ce n'est pas non plus ce que veulent la très grande majorité de nos concitoyens. Eux comme moi ne demandons guère plus que d'avoir un emploi, un logement ... une petite vie paisible en somme. Or ce que nous propose ces grands patrons, qui émargent pour la plupart à plusieurs millions d'euros par an, c'est une société débridée et inégalitaire où l'argent est porté à l'état de valeur. Une société où les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres. Bref, une société à l'américaine qui va à l'encontre de notre Histoire et de notre système de valeurs.

 

A moins de 15 jours de l'élection présidentielle, notre pays est confronté à un choix. Le choix d'un homme mais aussi et surtout le choix d'un modèle de société. Vu comment les choses se présentent, il semblerait que seul le premier élément soit possible tant les deux candidats faisant la course en tête se ressemblent.

Evidemment un changement par les urnes est préférable. Mais bien que François Hollande ait pour slogan "le changement c'est maintenant", il faudrait être crédule pour croire que celui-ci représente une réelle alternative permettant de modifier les choses en profondeur.

 

En ces temps troublés, les puissants feraient bien de faire attention à eux et de ne surtout pas oublier le précédent de la Révolution française, en particulier la nuit du 4 août 1789. Partout dans le pays la colère populaire gronde. Ouvriers, chômeurs, classes moyennes et retraités, tous doivent s'unir pour le bien de la nation et de sa population. Car c'est ensemble que nous réussirons à changer les choses.

 

N'écoutez pas ceux qui vous disent que rien n'est possible, que la situation est inéluctable. Ignorez ceux qui vous expliquent la France est trop petite pour exister, qu'il n'existe point de salut hors de Bruxelles. Négligez ceux qui cherchent à vous opposer et à vous diviser.

 

Quoi qu'ils en disent, la lutte des classes est une réalité. Le combat entre les gros et les petits a toujours existé, existe et continuera à exister. De leur côté les libéraux se regroupent, les grands patrons se soutiennent entre eux. Toute cette caste se serre les coudes pour préserver leurs privilèges.

Pourquoi croyez-vous que certains politiques cherchent à opposer les Français, à flatter telle ou telle communauté ? Cela n'est ni plus ni moins que l'application du proverbe "diviser pour mieux régner" afin d'assurer la pérennité du système en place.

 

Si nos ancêtres ont pu le faire, nous le pourrons aussi. Au nom de notre Histoire, nous avons le devoir de nous lever contre ce système. N'est-ce pas, d'ailleurs, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, reprise dans la Constitution de 1958 qui proclame : "quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs" ?

Partager cet article
Repost0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 19:32

Dans moins de trois semaines maintenant, les Français seront appeler à voter pour le premier tour de l'élection présidentielle. Bien que les sondages nous annoncent un duel Hollande-Sarkozy pour le 6 mai, rien ne semble encore fait tant un grand nombre d'électeurs sont indécis. S'ajoutant à cela la probabilité d'une forte abstention.

 

En ce moment, c'est d'ailleurs la question du niveau d'abstention qui fait la une des journaux. Qui ? Combien ? ... En réalité le plus intéressant est clairement le pourquoi. Pourquoi les gens refusent de se rendre aux urnes ?

 

Evidemment l'abstention n'est pas un phénomène nouveau dans la mesure où son taux est longuement analysé et décortiqué à chaque élection. Pour autant, les présidentielles suscitent traditionnellement un engouement, ce qui ne semble pas être réellement le cas cette fois-ci. Les causes sont incontestablement multiples mais je crois que trois se dégagent particulièrement.

 

Tout d'abord, il apparaît que la crédibilité des candidats et l'espoir qu'ils occasionnent tend à s'éroder avec le temps et les promesses non tenues. Ainsi, en 2007, Nicolas Sarkozy avait fait une excellente campagne, se posant en chantre du renouveau, de la rupture ... avant de doucher l'enthousiasme des Français par son comportement et ses réformes douteuses. Cette énième déception incite donc les électeurs à faire preuve de davantage de prudence et de retenue, quitte à se réfugier dans l'abstention.

 

Ensuite, le sectarisme affligeant, honteux et même antidémocratique des médias n'arrange en rien les choses. De fait, on nous rebat sans cesse les oreilles avec François Hollande et Nicolas Sarkozy, comme si le premier tour était joué d'avance et que son issue était inéluctable. Or il ne faut pas oublier qu'il y a bien dix candidats en course et pas seulement deux comme les partisans d'un bipartisme aimeraient nous le faire croire. Comment espérer voir émerger une alternative à l'UMP et au PS dès lors que ces deux partis s'accaparent sans vergogne la majorité du temps de parole ?

 

Enfin, il est clair que le niveau de la campagne n'incite en aucun cas à se déplacer pour aller voter. De fait, les soi-disant "grands candidats" comme on les appelle préfèrent se tirer dans les pattes plutôt que débattre des sujets qui intéressent vraiment les Français. Sarkozy comme Hollande, candidats somme toute peu enthousiasmants, ont tout à gagner à privilégier le futile sur l'essentiel puisque cela leur permet de ne pas prendre de risque. Remarquons d'ailleurs que les médias les confortent en cela en les ménageant grandement lors de leurs interventions. Il est tellement plus facile et plus confortable de parler de viande halal que de s'exprimer sur la question de l'euro, du protectionnisme ou encore du sort de la Grèce.

 

En fait, les premiers responsables de l'abstention ce sont nos responsables politiques qui se complaisent dans leur médiocrité. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que la candidature de Jean-Luc Mélenchon prenne de l'ampleur. En effet, c'est l'un des rares candidats, avec quelques autres, à mettre sur la table les solutions qu'il propose pour relever notre pays. On peut être d'accord avec lui ou non, là n'est pas le problème, mais il a au moins le mérite de bousculer un peu ceux qui font la course en tête et en particulier François Hollande doit son succès essentiellement sur le rejet de Sarkozy.

 

Pour finir, je ne peux m'empêcher de faire allusion à la polémique autour du temps de parole des différents candidats. Cela serait d'un comique à toute épreuve si la situation n'était pas aussi grave. Après une période d'équité plus que douteuse où chaque candidat se voyait attribuer un temps d'antenne proportionnel à ses sondages, nous sommes entrés dans une période d'égalité de temps de parole. Celle-ci doit normalement permettre à chaque candidat d'avoir un accès égal aux médias afin de se faire connaître de la population.

 

Or sous prétexte de complexité d'organisation, la plupart des chaînes de télévision ont supprimé leurs émissions politiques, interdisant ainsi l'expression légitime du pluralisme politique. De là à penser que cela a été fait à dessein pour favoriser les deux favoris, il n'y a qu'un pas ... que l'on peut aisément franchir je crois. Cela d'autant plus que les chiffres du CSA sont accablants : Hollande et Sarkozy ont accaparé 60 % du temps d'antenne depuis le 1er janvier 2012, laissant des miettes aux autres.

 

Par chance, et grâce à l'intervention de Nicolas Dupont-Aignan rejoint ensuite notamment par François Bayrou, France 2 va organiser deux émissions en prime time réunissant chacune cinq candidats. Evidemment cela n'est pas la panacée, particulièrement du fait de l'ingérence des candidats de l'UMPS qui ont refusé d'être confrontés l'un à l'autre, dans la mesure où il n'y aura pas réellement de débat mais une succession d'interviews. Pour autant, il faudra s'en contenter car c'est, semble-t-il, la seule chose que nous aurons. A moins que les journalistes se décident enfin à faire leur métier, c'est-à-dire informer les gens.

 

En cela il faut se féliciter de l'existence d'internet qui permet aujourd'hui (mais pour combien de temps encore ?) d'accéder librement à un contenu riche et varié sans censure ni orientation comme le font la plupart des médias dont les patrons sont des industriels proches du pouvoir. 

Partager cet article
Repost0
1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 22:53

« Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire. Quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. »
Georges Clemenceau

 

Cette phrase de Georges Clémenceau m'a grandement interpellée et m'a amenée à réfléchir. Cela fait maintenant près de quatre ans que je tiens ce blog et un peu plus de cinq que je suis activement la vie politique française. Or depuis tout ce temps j'ai toujours hésité à prendre ma carte dans un parti politique.

Contrairement à d'autres, je crois que le fait de s'encarter dans un parti est quelque chose de fort et est pour moi hautement symbolique. Il s'agit là, à mon sens, d'un réel engagement qui va plus loin qu'un simple soutien lointain.

 

Parallèlement à cela, je redoute par cet acte de perdre une certaine liberté, notamment de parole. Je ne considère bien évidemment pas qu'un parti politique est un fan club rempli de bénis oui-oui (encore que certains le sont effectivement) mais il me semble nécessaire de d'adopter une certaine solidarité avec celui-ci. Pour parler clairement, j'ai du mal à comprendre que certains députés (PS ou UMP notamment) critiquent leur parti mais en restent membres. Je crois qu'à un moment donné il faut faire preuve d'honnêteté et de courage en rendant sa carte.

 

Mais là n'est pas le sujet donc revenons-en à nos moutons.

Il n'aura échappé à personne sur ce blog que je me sens politiquement proche de Nicolas Dupont-Aignan et de son parti Debout la République (DLR). Jusqu'à présent, et pour les raisons que j'ai évoquées plus haut, j'ai toujours refusé d'y prendre ma carte.

 

Pour autant, certains éléments m'ont amenés à réviser ma position.

Tout d'abord, je constate que Laurent Pinsolle, porte-parole de DLR, continue à tenir un blog et conserve une pleine et entière liberté d'expression sans ambigüité entre ses deux casquettes.

Ensuite, il apparaît que la situation de notre pays se dégrade de plus en plus sans que nos dirigeants ne soient capables d'inverser la tendance.

Enfin, j'ai toujours affirmé qu'il était nécessaire d'avoir une cohérence entre son discours et ses actes. Je l'ai suffisamment reproché à Nicolas Sarkozy pour ne pas me l'appliquer à moi-même.

 

A moins de trente jours de l'élection présidentielle, j'ai une nouvelle fois reconsidéré la question, pesant le pour et le contre d'un tel engagement. Suivant Nicolas Dupont-Aignan depuis 2007 et étant en accord avec les constats qu'il pose ainsi qu'avec les mesures qu'il propose, j'en suis arrivé à la conclusion qu'il n'y avait aucune raison d'aller plus loin que mes seules prises de position écrites. Voila pourquoi j'ai décidé, en mon âme et conscience, de prendre ma carte au sein du parti Debout la République.

 

Concrètement, il est probable que cela ne change rien à ma situation actuelle. En effet, je ne suis pas sûr d'avoir la volonté de tracter sur les marchés ou de coller des affiches, tout du moins dans un premier temps. En revanche, il s'agit là d'un soutien à la fois officiel et financier à un mouvement politique dont je partage les idées.

 

Cela étant, je continuerai à publier sur ce blog sans que cela n'engage qui que ce soit d'autre que moi. Je poursuivrai sans aucune différence ni autocensure à écrire ce que je pense dans la droite lignée de ces dernières années.

Par ailleurs, je m'évertuerai à ce que ce blog ne devienne pas un outil de propagande ou de communication pro-Nicolas Dupont-Aignan et ne ferai donc pas de prosélytisme de quelque manière que ce soit.

En somme, ce blog restera ce qu'il est, c'est-à-dire un moyen d'expression personnel.  

Partager cet article
Repost0
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 19:27

Une "quinzaine sans devoirs" à la maison : parents d'élève et enseignants lancent à partir de lundi 26 mars une campagne contre cette pratique qui perdure, malgré des doutes sur son "utilité".

Dans un communiqué, FCPE et ICEM (Institut Coopératif de l'Ecole Moderne) rappellent que les devoirs écrits sont interdits dans le primaire depuis 1956. Les devoirs sont une "cause d'inégalités pour les enfants qui n'ont ni le temps ni les moyens d'être aidés", explique une responsable nationale à l'ICEM, partisan de la pédagogie Freinet, fondée sur l'expression libre des enfants.

Source : lemonde.fr

 

Comme nombre de sujets récurrents, la question des devoirs à la maison revient fréquemment sur le devant de la scène. Il n'est donc pas surprenant qu'une nouvelle charge soit conduite contre ceux-ci tant ils sont l'expression d'une opposition, d'un clivage plus large que ce point particulier.

 

Mais commençons tout d'abord par le cas qui nous intéresse et dont il est fait mention dans l'article. Evidemment la question des devoirs est polémique. Je dirais même plus qu'il s'agit d'un sujet de discorde important au sein des familles. Pour autant il serait trop simple d'invoquer ce seul argument pour les abolir.

 

Bien que les devoirs soient officiellement interdits en primaire depuis 1956, ce qui prouve que notre cadre législatif doit être réactualisé, je crois que ceux-ci sont légitimes et nécessaires. Ainsi, et ce pour des raisons différentes (effectifs, manque de temps, programmes trop denses ...), il n'est pas possible de réaliser l'intégralité du travail scolaire en classe, impliquant alors de le faire en partie à la maison. Par ailleurs, je considère que les devoirs, s'ils sont effectués correctement, permettent à l'élève de mettre en application et/ou d'approfondir ses connaissances par ses propres moyens, ce qui lui permet de gagner en autonomie.

 

Alors bien sûr certains me rétorqueront qu'un tel système accroît les inégalités entre ceux qui peuvent se faire aider et les autres ou entre ceux qui évoluent un environnement propice au travail et les autres. Effectivement cela n'est pas faux. Mais alors sous prétexte de ne pas léser certains nous devrions pénaliser tout le monde ? J'ajoute d'ailleurs que la suppression des devoirs n'empêcherait pas les parents qui le peuvent de payer des cours à leurs enfants, justement pour palier les carence de l'école.

 

La problématique des devoirs n'est donc qu'un micro-problème qui doit s'insérer dans une réflexion plus vaste autour de la question de l'école. Alors l'origine cette institution avait pour vocation de transmettre des savoirs, d'instruire les élèves. Or depuis plusieurs années maintenant, il apparaît que, sous la pression toujours plus forte de pédagogistes, l'Education Nationale a perdu de vue cet objectif au combien essentiel. Ainsi, l'école s'est vue confier de plus en plus de responsabilités : apprentissage des règles de vie, ouverture à la culture et les langues ... Pire, l'école est maintenant sensé être un lieu de vie où les élèves passent du bon temps.

 

Clairement je crois que cette dérive explique, pour grande partie, les problèmes que rencontre aujourd'hui notre système éducatif (violence, baisse de niveau ...). En accordant une place de plus en plus importante au bien-être de l'élève plutôt qu'à sa bonne instruction, nos dirigeants successifs ont complètement dénaturé et déstructuré l'école de Jules Ferry. En fait, comme le reste de la société, l'école souffre du règne de l'enfant-roi.

 

Deux alternatives s'offrent alors à nous : soit continuer sur la même lancée, c'est-à-dire vers un consumérisme rampant de l'école avec toutes ses nouvelles évolutions (cours à la carte, développement de matières annexes, mise en place d'activités sportives l'après-midi), soit décider de reprendre en main l'Education Nationale afin de la réorienter vers son objectif originel qu'est l'instruction.

 

Personnellement, je suis plutôt partisan de la seconde solution. Cela ne sera certes pas facile, voire même complexe vu la tournure prise par les évènements ces dernières années, mais je suis convaincu que les résultats seront à la hauteur du défi qui nous attend. Plus que des réformes, chaque ministre ayant voulu laisser son empreinte, c'est d'un réel projet dont notre école a besoin. Et pour un chantier tel que celui-ci, d'une telle envergure, il est impératif d'associer toutes les parties prenantes, et notamment les enseignants, afin de s'assurer de son succès.

 

Dire que j'ai les réponses à ces questions serait à la fois présomptueux et mensonger. En revanche, mes réflexions personnelles m'ont conduites à envisager quelques pistes.

En premier lieu, et malgré le climat ambiant, je crois que des augmentations de moyens, ou éventuellement des réallocations entre zones, sont nécessaires afin de donner à chacun un cadre propice à l'apprentissage. Cela passe en priorité par une diminution du nombre d'élèves par classe afin de permettre un meilleur accompagnement des élèves les plus en difficultés.

 

Ensuite, je crois nécessaire de réorienter les cours vers les savoirs fondamentaux, en particulier en primaire. Nous devons impérativement mettre le paquet sur la lecture, l'écriture et le calcul tant il s'agit de notions stratégiques qui conditionnent le reste de la scolarité et plus largement de la vie des enfants. De fait, comment ne pas être en marge de la société lorsque l'on ne sait ni lire ni écrire.

 

En outre, il me semble nécessaire de lutter contre l'échec  scolaire, et ce dès le plus jeune âge. A mon sens, cela nécessite de développer le système "d'études" après 16h30, qui consiste à aider les élèves à faire leurs devoirs ou à leur réexpliquer certaines notions. De même, il me paraît intéressant de chercher à développer le soutien scolaire en petits groupes, au sein même des établissements. Là encore le but est de permettre aux élèves les plus en difficulté de ne pas complètement décrocher.

 

Enfin, je crois fermement au retour de l'autorité dans les salles de classe. Depuis trop longtemps déjà, le rapport entre enseignants et élèves s'est dégradé au profit des seconds. Il n'est d'ailleurs pas neutre que le nombre de candidats aux concours de professeurs diminue d'année en année. De fait, il n'a jamais été aussi compliqué, voire risqué à certains endroits, d'enseigner alors même que les salaires ne sont pas mirobolants et que les exigences augmentent. Un travail doit donc être effectué en termes de revalorisation du métier (rémunération, formation ...) mais également au niveau de la discipline en classe et dans l'établissement ce qui passe notamment par une coopération avec la hiérarchie (souvent absente) et les parents (parfois démissionnaires).

 

En cette période de campagne présidentielle, il serait souhaitable que les différents candidats s'emparent réellement de la question de l'école afin de présenter clairement leurs propositions. Il s'agit là d'un sujet crucial et fondamental dans la mesure où il a des conséquences à la fois sur le présent et le futur. Malheureusement, pour l'heure, il semblerait que les candidats des principales formations politiques préfèrent s'écharper entre eux plutôt que de développer leur projet pour le pays.

Partager cet article
Repost0
26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 17:21

Hier, alors que je regardais la télé, je suis tombé sur le clip des enfoirés. N'étant pas un grand mélomane, je laisserai de côté l'aspect musical. En revanche, ces images, qui montraient tout un tas de chanteurs, acteurs et autres célébrités en tout genre, m'ont incité à réfléchir sur le concept même du truc.

 

De quoi s'agit-il en réalité ?

Chaque année un certain nombre de personnalités se réunissent pour une série de concerts au profit des restos du cœur, dont l'un est diffusé sur TF1. Ces spectacles, et le disque afférent, permettent ainsi de récolter des fonds pour l'association. Evidemment, sur le principe, tout le monde trouve ça génial. Moi le premier d'ailleurs.

 

Mais je crois qu'il faut aller plus loin que cette première impression et s'attarder sur l'envers du décor. Tout d'abord, on peut remarquer que le nombre d'artistes tend à diminuer chaque année avec toujours les mêmes têtes et un nombre croissant de personnes qui refusent d'y participer. Ensuite, la troupe des enfoirés est jugée par certains comme une sorte de secte avec ses rites et ses clans, pratiques somme toute éloignées de la volonté affichée de solidarité et de fraternité. Enfin, il existe une grande différence entre le show pour la télévision et les autres prestations de la tournée.

 

Mais au-delà des enfoirés, qui ne sont finalement qu'un prétexte pour moi, je m'interroge sur la sincérité des artistes qui s'engagent pour des associations. Evidemment tous ne sont pas à mettre dans le même sac et généraliser ne serait pas forcément juste. Pour autant, je suis convaincu que beaucoup d'entre eux agissent de la sorte dans un but purement commercial afin de faire leur promo et d'avoir une bonne image auprès du public.

 

Mais alors me direz-vous, où est le problème si tout le monde y trouve son compte ?

Dans l'absolu, il ne semble pas y avoir de problème. Mais personnellement j'y vois une question de morale et de principe. Je trouve ainsi extrêmement hypocrite et malvenu le double discours, le double jeu de certains de ces artistes. En effet, comment peut-on oser appeler à la générosité des Français et critiquer les carences de l'Etat en matière sociale et, dans le même temps, faire le choix de s'exiler pour des raisons purement fiscales ?

 

Il est vrai que l'Etat présente des faiblesses au niveau de l'action sociale (hébergement d'urgence ...). Et on peut d'ailleurs se féliciter, si je puis dire, que des associations telles que les restos du cœur interviennent sur le terrain pour venir en aide aux plus démunis.

Evidemment que se devrait être à l'Etat d'effectuer ce travail et je crois que chacun préférerait que ces organismes disparaissent à tout jamais.

 

Malheureusement cela ne semble pas possible à brève échéance. Aussi, il me semble nécessaire de mener des actions à la fois au niveau des associations et à la fois au niveau de l'Etat.

S'agissant des associations, il s'agit bien évidemment d'assurer et de pérenniser leur fonctionnement par le biais des dons des particuliers et des dotations de l'Etat et des instances européennes. Mais je crois qu'il faut également permettre à la grande distribution de donner davantage de ses stocks en assouplissant la réglementation à ce niveau, en particulier en termes de date de consommation. De fait, il me semble complètement stupide que des magasins jettent de la nourriture alors même que des gens meurent de faim.

En ce qui concerne l'Etat, il me paraît impératif, à court terme, de dégager des crédits afin de construire davantage de structures d'accueil et de logements, sociaux ou non. On me rétorquera alors probablement que nous sommes en déficit chronique depuis des décennies etc. ... Mais si l'on peut trouver des fonds pour les banques ou pour faire des chèques aux bénéficiaires du bouclier fiscal, je suis persuadé qu'on pourra en faire autant pour les plus pauvres.

 

Quoi qu'il en soit, le problème de la pauvreté induit forcément de parler, à un moment ou à un autre, de solidarité nationale. Et inévitablement la question de l'impôt, de par son objectif de redistribution des richesses, devra être abordée.

 

Pour moi, le sujet de la fiscalité est très important dans la mesure où il conditionne en grande partie le modèle de société dans lequel on vit. Personnellement je considère que, dès lors que chacun jouit de l'action de l'Etat (aides sociales, infrastructures publiques ...), tout le monde doit payer des impôts en fonction de ses moyens. Cela signifie donc que les plus modestes comme les plus riches doivent contribuer à l'effort national. Et cela ne sera possible que par une remise à plat globale de toutes les niches fiscales et sociales qui existent aujourd'hui.

 

Au-delà de considérations purement budgétaires, certes légitimes, la question de la fiscalité doit être traitée dans son ensemble. Pour moi l'impôt est un puissant outil qui permet à l'Etat  d'impulser une dynamique. Ce sujet est d'autant plus stratégique qu'il constitue la pierre angulaire de notre fonctionnement collectif.

 

Voila pourquoi il me semble tout à fait pertinent et nécessaire de se pencher sur les différentes propositions des candidats à la présidentielle en matière fiscale. Plus que l'expression d'une pensée politique, je crois qu'elles sont le reflet d'un système de valeurs.

En somme, dis moi quel est ton programme fiscal et je te dirais quelle politique tu mèneras. L'exemple de Nicolas Sarkozy en 2007 en est d'ailleurs une excellente illustration ...

Partager cet article
Repost0
23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 19:27

La semaine dernière, François Hollande avait réuni à Paris une partie des dirigeants socialistes européens devant lesquels il a expliqué sa vision de l'Europe. Bien que ce discours ne nous apprenne rien de nouveau, j'en ai tout de même sélectionné quelques passages qui me semblent assez intéressants et qui, je crois, méritent de s'y attarder.

 

- "Renaissance de l’Europe. Une Europe nouvelle doit voir le jour, plus solide, plus solidaire, plus sociale."

Quelle belle idée que l'europe sociale, que l'europe qui protège ... Mais cela fait plus de trente que l'on nous la promet cette fameuse europe. Rappelez-vous des débats au moment du traité de Maastricht en 1992 ou à l'occasion du référendum de 2005. A gauche comme à droite, la plupart des responsables politiques nous promettaient monts et merveilles. On a bien vu le résultat : austérité, chômage, délocalisations ... Et j'en passe tellement la liste est longue.

Comment alors continuer à croire de telles sornettes après tant de mensonges ? Comment garder confiance en l'europe avec tout ce qu'elle nous a fait, en particulier au niveau du bafouement de la démocratie ?

 

- "Ma détermination sera entière, contrairement à celui qui annonce d’emblée qu’il quittera la table des négociations s’il n’est pas suivi. Parce que ce qu’il veut c’est renégocier les traités signés, ratifiés, appliqués depuis de nombreuses années. Non, je mettrai toute ma détermination non pas à quitter la table des négociations, mais à y rester tout le temps nécessaire pour obtenir la croissance, l’emploi, le développement, le progrès."

Une des grandes lubies de François Hollande est de renégocier les nouveaux traités. Traités que le Parti Socialiste a d'ailleurs contribué à faire voter en s'abstenant de manière courageuse. François Hollande va donc chercher à discuter avec ses homologues étrangers. Et en cas d'échec, il continuera encore et encore jusqu'à ce qu'il obtienne satisfaction ... ou qu'il soit sorti par les Français. Personnellement je crois qu'il faut savoir faire preuve d'un peu de véhémence, notamment en matière diplomatique et non se résigner à parlementer à l'infini. D'ailleurs il ne faut pas oublier que c'est grâce à la politique de la chaise vide que le général de Gaulle a obtenu la PAC (Politique Agricole Commune). Je suis donc convaincu qu'il ne faut pas hésiter à envoyer paître nos partenaires dès lors que nos intérêts profonds sont mis en cause, et cela d'autant plus que sans la France l'europe n'est rien.

 

- "Nous devrons aller vers de nouvelles avancées, vers la réciprocité des échanges commerciaux."

Ah le juste échange. Je reconnais bien là tout l'audace du PS qui n'ose pas appeler un chat un chat. Car ne nous voilons pas la face, le juste échange n'est ni plus ni moins que l'appellation politiquement correcte du terme protectionnisme, avec peut-être malgré tout une différence de niveau et d'intensité.

Reconnaissons toutefois les progrès de François Hollande sur ce sujet, notamment sous s'impulsion d'Arnaud Montebourg. Mais encore faut-il que cela ne soit pas que des mots et que cela se traduira en actes concrets. Permettez-moi malgré tout d'en douter car je ne peux mettre de côté le fait que Dominique Strauss-Kahn (ancien directeur du FMI) et Pascal Lamy (directeur général de l'OMC), tous deux socialistes, sont de fervents défenseurs du libre-échange.

 

- "L’Europe a besoin de l’Allemagne, parce que c’est une grande nation, parce que c’est une puissance économique, parce qu’elle est aussi une référence en matière de compétitivité et, aussi, de démocratie sociale."

Décidément, l'Allemagne semble obséder la classe politique française. Du PS à l'UMP en passant par le Modem, tous vantent le génialissime modèle allemand et nous incitent à imiter ce pays dans ses réformes visant à accroître la compétitivité. Je ne vais pas revenir une fois encore sur la réalité de l'économie allemande mais, par principe, je me méfie des individus qui admirent et font la promotion d'un système qui conduit à la précarisation du marché de l'emploi.

 

- "Je ne tiendrai pas deux langages, un langage à Bruxelles et un langage à Paris."

Je souhaitais finir par cette phrase car je la trouve tout simplement magnifique. En effet, il s'agit d'une hypocrisie de grande ampleur, que dis-je d'un mensonge éhonté malheureusement trop connu du grand public. Pour se rendre compte de la réalité des faits, il suffit simplement de s'intéresser aux votes des socialistes Français au Parlement européen ou, mieux encore, aux prises de position du PS sur les différents traités européens. La vérité ? Elle est très simple, les socialistes ont approuvé tous les traités (Maastricht, TCE, Lisbonne ...) et ont soutenu de manière quasi-systématique toutes les directives qui nous ont conduit dans la situation actuelle.

Pire, la récente interview du candidat au journal britannique The Guardian est consternante et illustre à merveille mes propos. Au Bourget, Hollande nous expliquait que la finance était son adversaire et qu'il allait la mettre au pas. Puis quelques jours plus tard, dans ce fameux journal, celui-ci rassurait les Anglais en affirmant qu'ils ne devaient pas avoir peur et que les socialistes, lors de leur passage au pouvoir, avaient largement libéralisés l'économie.

 

Comme je le répète assez souvent autour de moi, la politique ne se résume pas à des mots. Et pour juger de la crédibilité d'un homme, politique ou non d'ailleurs, il convient également de s'intéresser aux actes afin de s'assurer de la cohérence entre les deux. Car bien trop souvent l'adage "fais ce que je dis, pas ce que je fais" est la norme en politique. François Hollande et le PS n'échappent évidemment pas à cet implacable constat comme le montrent, et il en existe bien d'autres, les quelques exemples que j'ai cités.

 

L'europe est bien évidemment un sujet important pour notre pays, notamment dans un contexte de crise comme aujourd'hui. Mais c'est également le thème sur lequel les candidats jouent le plus les funambules car ceux-ci cherchent à ménager la chèvre et le chou, et ce d'autant plus depuis la montée en puissance du clivage en 2005. Nicolas Sarkozy, durant sa campagne de 2007, l'illustre d'ailleurs à merveille.

 

Bien que 2012 ne soit pas 2007, certains candidats nous resservent les mêmes formules que l'on entend depuis des décennies. Et à ce jeu là, François Hollande, Nicolas Sarkozy mais aussi François Bayrou sont les grands gagnants. Ou plutôt les grands imposteurs.

Il est une citation du général de Gaulle que j'aime rappeler assez fréquemment tant elle est pertinente. Et plus de 50 ans après, celle-ci est, malheureusement, toujours autant valable.

"Je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes, et je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent."

Partager cet article
Repost0
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 18:26

Voila maintenant plusieurs jours que le pays retient son souffle suite aux meurtres de Toulouse et Montauban. Le criminel ayant été mis hors d'état de nuire, il me semble donc venu le temps de réfléchir aux évènements de ces derniers jours.

 

Avant toute chose, et même si cela n'est que purement symbolique, je voudrais avoir une pensée pour ces hommes et ces enfants lâchement abattus ainsi que pour leur famille. J'aimerais également avoir un mot pour ces hommes et ces femmes, policiers, membres du Raid ..., qui se sont formidablement mobilisés pour mener à bien leur mission et faire triompher la République face au terrorisme et à l'intégrisme.

Mais après l'émotion, certes légitime et nécessaire, il me semble impératif d'en revenir à la réflexion. Trois éléments au moins me paraissent intéressants dans cette affaire, à savoir les aspects sécuritaire, médiatique et politique.

 

Mais commençons tout d'abord par les questions de sécurité qui ont été soulevées par ces évènements. A priori, et d'un point de vue extérieur, il semblerait que l'enquête et l'opération policière qui s'en est suivie aient été correctement gérées. En effet, un suspect a rapidement été identifié puis mis hors d'état de nuire sans trop de dommages.

 

Pour autant, je crois qu'il existe plusieurs zones d'ombre qui viennent entacher ce succès apparent. En premier lieu, j'ai du mal à comprendre pourquoi cet individu, largement connu des services de police et de renseignement, était toujours en liberté alors même qu'il avait été identifié comme un risque potentiel du fait de ses "états de service". Ensuite, je m'interroge sur la durée même de l'intervention du Raid. Pourquoi avoir tant fait trainer les choses alors que l'individu avait été localisé et était seul dans son appartement ? Je peux comprendre la volonté de parlementer mais à un moment donné il faut savoir passer outre les négociations, surtout lorsque la personne en face n'est pas réceptive et se moque du monde comme cela était le cas, et donner l'assaut afin de ne pas donner trop d'importance à quelqu'un qui ne le mérite pas. Pour rappel, le Raid a attendu plus de 30 heures avant de recevoir l'ordre d'intervenir, et tout cela finalement pour ne pas appréhender le suspect en vie.

 

Si l'on devait malgré tout retenir quelque chose de positif à tout cela est le fait que notre pays bénéficie de forces de sécurité compétentes et efficaces ... dès lors qu'on leur donne les moyens de faire correctement leur travail. Voila pourquoi je crois qu'il est indispensable d'augmenter le budget de la Justice et des forces de l'ordre au sens large (police, renseignement, armée).

 

Continuons ensuite avec l'aspect médiatique de l'affaire. Depuis le début de la semaine, tous les médias nous parlent à longueur de journée de ces incidents. Bien sûr que cela est important mais était-ce vraiment la seule et principale actualité ? D'autres évènements ne méritaient-ils pas une plus grande attention ? Une fois encore les médias se sont concentrés sur un unique filon en l'exploitant au maximum pour vendre leurs papiers ou faire de l'audimat. Mais gageons que d'ici quelques jours une autre information aura pris le relais car on voit bien qu'une actualité chasse l'autre.

 

Terminons enfin avec l'aspect politique. A mon sens celui-ci est triple avec l'interruption de la campagne, les tentatives de récupération et les raccourcis douteux de certains.

Clairement, selon moi, la suspension de la campagne pour quelques jours est une escroquerie sans nom. Et cela est d'autant plus hypocrite qu'en réalité rien n'a été vraiment arrêté puisque l'on n'a jamais autant entendu les "candidats de premier plan".

D'ailleurs, et malgré l'horreur de la chose, il s'agit d'une aubaine pour certains candidats qui n'ont pas hésité à exploiter ce drame. La plupart des "gros candidats", si ce n'est tous, ont en effet surfé sur l'évènement pour se faire mousser. Il en va ainsi de Nicolas Sarkozy qui, remettant ses habits de président, s'est posé en défenseur de la veuve et de l'orphelin. D'autres comme Mélenchon ou Bayrou ont accusé la droite et l'extrême droite de favoriser de tels comportements par les sujets abordés. Outre le fait qu'un tel discours ne tient pas la route, ces deux là auraient mieux fait de se taire et d'attendre les résultats de l'enquête avant de qualifier ces crimes de racistes et antisémites.

 Cela a d'ailleurs fait le jeu du Front National et de Marine Le Pen qui se sont une nouvelle fois posé en victime du système. Enfin cela n'a pas duré très longtemps car les vieux réflexes sont rapidement revenus. En effet, les agissements de Mohamed Merah, musulman qui tue des soldats et des juifs, est une occasion inespérée pour Marine Le Pen. D'ailleurs celle-ci s'est empressée de squatter les plateaux télé afin d'expliquer que la menace islamiste et fondamentaliste plane sur notre pays et qu'il faut absolument prendre les mesures nécessaires contre l'envahisseur.  

 

Loin de moi l'idée de minimiser le problème terroriste ou de mettre de côté la question de l'intégrisme religieux. Il s'agit là d'une menace réelle qu'il faut bien évidemment prendre au sérieux. Pour autant, je crois qu'il faut faire attention à ne pas tout mélanger comme cherche à le faire, à dessein, le Front National en assimilant l'islam à l'islamisme. Certes Mohamed Merah était musulman et a tué au nom de la religion. Mais cela justifie-t-il pour autant de jeter le discrédit sur tous les musulmans ? Cela doit-il nous conduire à considérer tous les musulmans comme des terroristes en puissance ? Je ne le crois pas. Nous devons bien évidemment condamner et lutter contre tous les extrémismes de toute nature (religieuse, politique ...) mais cela ne doit pas aboutir à rejeter une partie de la population en raison d'amalgames douteux.

 

En ces temps de doute et d'effroi c'est ensemble que nous devons avancer pour faire face à l'avenir. Car si nous jouons les uns contre les autres c'est vers le chaos que nous nous dirigeons.

J'appelle donc l'ensemble de nos concitoyens à faire preuve de raison et à ne pas céder, malgré les sollicitations, à leurs plus vils instincts. Ne tombons pas dans la facilité de la division et prouvons au monde entier que les Français sont un peuple qui non aux extrémistes d'où qu'ils viennent, un peuple qui ne courbe pas l'échine face à l'adversité. En somme un peuple fier et uni envers et contre tout.

Partager cet article
Repost0
20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 17:46

Hier soir, François Bayrou était à Grenoble pour une réunion publique ouverte à tous. N'étant jamais allé à un meeting de ma vie, j'ai donc sauté sur l'occasion pour me faire ma propre opinion. Alors bien sûr François Bayrou n'est pas le meilleur choix mais comme on dit, faute de grives on mange des merles.

 

Sensé débuter à 18h30, le meeting n'a en fait démarré qu'à 19h15, soit 45 minutes plus tard. Et dès le début, le secrétaire général adjoint du Modem Isère a annoncé la couleur : en raison du massacre du matin à Toulouse, cette réunion allait être solennelle et modérée. En gros, pas de foule en liesse, pas de fougue ... Bref, on allait sacrément s'amuser.

 

Suivirent alors les apparitions de Michelle Cédrin (présidente du Modem 38), Philippe de Longevialle (adjoint Modem à la mairie de Grenoble), Jean-Luc Rigaut (maire NC d'Annecy et soutien de Bayrou à la présidentielle) et enfin Jean-Luc Benhamias (vice-président du Modem et député européen).

 

Que retenir alors de ces différentes interventions ?

Et bien tout d'abord il est clair que ces personnes ne sont pas de grands tribuns. Si les deux derniers orateurs s'en sont assez bien sorti avec un relatif dynamisme, les deux premiers ont rendu une pâle copie avec un discours monotone, une voix monocorde donc un discours peu enthousiasmant.

 

Sur le fond, je relèverai simplement quelques phrases en passant :

"Bayrou est visionnaire" (Cédrin)

"Il faut penser le changement et non changer le pansement" (citation de Francis Blanche par de Longevialle)

"Bayrou avait vu juste sur la dette" (Benhamias)

En somme rien de nouveau sous le soleil. Bayrou est génial car il avait soulevé la question de la dette depuis longtemps, il est le seul à incarner le changement (le changement c'est maintenant ?) et à pouvoir rassembler largement. Rien de bien transcendant en fait, et ce d'autant plus que Bayrou ne veut pas de rupture avec le système actuel puisqu'il s'inscrit en son sein.

 

Finalement c'est seulement à 20h10 soit avec près de deux heures de retard que François Bayrou est finalement apparu. Après une brève acclamation de la part des militants, le président du Modem entame son discours par quelques mots sur le drame du matin. Et cela va durer pendant les 30 minutes, oui je dis bien 30 minutes, de sa piètre prestation au cours de laquelle Bayrou va nous parler de rassemblement et de non opposition entre Français, d'unité nationale ...

 

En fait, le rapide discours de François Bayrou à Grenoble se résume à une série de banalités sur la nécessité de rassemblement sans en préciser les moyens. Faute de propositions, nous étions hier soir dans l'incantation pure et simple. Pour paraphraser de Gaulle, Bayrou saute sur sa chaise comme un cabri en disant rassemblement ! Rassemblement ! Rassemblement !

 

Malgré tout, Bayrou a laissé de côté, dans les toutes dernières minutes de son intervention, sa lubie du jour pour parler d'autres sujets. En deux phrases, en deux toutes petites phrases, le Béarnais a perdu, à mon sens toute crédibilité.

Tout d'abord il a parlé de la dette de la France, lui le visionnaire qui avait soi-disant vu le problème avant tout le monde. Il nous alors expliqué que l'endettement nous rendait dépendant et qu'il fallait donc chercher à lutter contre ce phénomène. Sur le constat je suis tout à fait d'accord mais alors pourquoi ne pas aller au bout du raisonnement en continuant à se soumettre au pouvoir des banques ?

 

Ensuite Bayrou a fait un parallèle entre la situation de notre pays qui a besoin de se rassembler et l'Italie et la Grèce. Ainsi, selon lui, les partis politiques de ces pays ont su s'unir derrière un leader nouveau pour l'intérêt général. De plus, celui-ci a expliqué que les Italiens soutenaient l'action de leur nouveau premier ministre. Heureusement, il n'a pas tenu les mêmes propos sur le peuple grec. Il faut quand même être sérieux. Pour rappel, dans ces deux pays la démocratie a été bafouée puisque les dirigeants de l'époque, élus démocratiquement, ont été destitués et remplacés par des technocrates, anciens cadres de Goldman Sachs, nommés par l'UE afin de faire le sale boulot et sauver le système en place.

 

Par ces deux exemples, mais il en existe bien d'autres, François Bayrou nous montre bien qu'il vit dans le monde des Bisounours. Outre ses perpétuelles incantations sur le rassemblement, et malgré quelques propositions intéressantes, il est clair que le leader du Modem est plein de contradictions qui le maintiennent pieds et poings liés. C'est notamment le cas sur la question de l'europe dans la mesure où le candidat se soumet sans rien dire au diktat de Bruxelles. Comment alors faire confiance à un homme qui accepte le viol de la démocratie ? Comment envisager de confier le pouvoir à une personne qui soutient avec ferveur un système dictatorial qui sacrifie les peuples sur l'autel de la finance ?

 

Comme je le disais en préambule, je n'avais jamais assisté à un meeting. Cela est maintenant chose faite mais je dois reconnaître avoir été grandement déçu. Certes les circonstances étaient particulières mais cela n'est pas une excuse. Bien sûr que le massacre de ces enfants est horrible, c'est une évidence. Mais pourquoi en faire tout un pataquès alors même que des gens meurent tous les jours dans notre pays ? Pourquoi accorder une importance démesurée à un fait divers si ce n'est pour des raisons purement électorales ?

 

Si la campagne est suspendue pour l'assassinat de quatre personnes, je n'ose même pas imaginer ce qui se passerait en cas d'attentat de grande ampleur. Une annulation pure et simple de l'élection présidentielle, peut-être ?

Partager cet article
Repost0
18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 19:39

En cette période de campagne présidentielle où la question des déficits est omniprésente, le Figaro a publié, sur son site internet, 20 pistes pour baisser la dépense publique. Si certaines sont pleines de bon sens, d'autres relèvent davantage du credo libéral que je condamne.

Revue de détail.

 

1. Geler les rémunérations des fonctionnaires

S'il est une lubie des libéraux, c'est bien les fonctionnaires dont il s'agit. Ainsi, notre pays souffrirait d'un nombre trop important de serviteurs de l'Etat. Et comme en Grèce ou en Espagne on préfère agir sur le salaire des fonctionnaires plutôt que de s'attaquer au train de vie de l'Etat par exemple.

En outre, une politique de rigueur salariale de type allemande, dans le public mais aussi dans le privé, serait une hérésie dans la mesure où elle aurait des conséquences immédiates et dramatiques sur la consommation donc sur la croissance.

 

2. Poursuivre le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite

3. Appliquer le «un sur deux» à tous les opérateurs publics

Dans la droite lignée de la première proposition, et après s'être attaqué aux rémunérations des fonctionnaires, voila qu'il faut maintenant en réduire le nombre. Personnellement je suis opposé au principe de non-remplacement. Loin de moi l'idée de nier qu'il faut se pencher sur les effectifs dans la fonction publique mais je considère que l'application de cette règle de manière aveugle et purement comptable est une erreur. Je ne suis pas opposé à une révision des effectifs, notamment dans les collectivités locales, mais cela doit être fait avec parcimonie en tenant compte des besoins réels de la population.

 

4. Accélérer les cessions immobilières

La question du patrimoine, notamment immobilier, de l'Etat me paraît être un sujet hautement stratégique qui requiert un débat public et contradictoire. Pour autant, il convient de reconnaître que certains biens doivent être cédés car ils ne sont plus nécessaires à son fonctionnement. En revanche, il me semble impératif de ne pas brader les biens publics comme cela a trop souvent été le cas (autoroutes, hippodrome de Chantilly …). Donc oui à des cessions mais au juste prix !

 

5. Regrouper les établissements scolaires

De l'échec d'une telle politique dans le domaine de la santé a conduit à la création de déserts médicaux, le Figaro ne semble pas en avoir tiré les leçons. L'Education comme la santé sont des fonctions qui doivent relever de la puissance étatique en dehors de toute logique économique. L'avenir de nos enfants, donc de notre pays, est un sujet bien trop grave pour être subordonné à des considérations purement financières. De plus, il est clair que le regroupement de plusieurs écoles en une superstructure viendra aggraver encore un peu plus les maux dont souffre actuellement notre système éducatif (décrochage scolaire, violence …). Sans parler de l'accroissement des inégalités entre territoires, en particulier en milieu rural.

 

6. Réduire les allègements sur les bas salaires

Le proposant moi-même, je ne peux qu'approuver cette mesure. En plus d'être coûteux pour l'Etat (40 milliards d'euros), ces dispositifs ont une efficacité plus que douteuse et encourage les entreprises à pratiquer une politique de faible rémunération pour bénéficier de ces fameuses aides.

 

7. Diminuer les concours aux collectivités locales

Alors même que la décentralisation a conduit à déléguer toujours plus de compétences aux collectivités territoriales, les dotations de l'Etat n'ont pas toujours suivies en conséquence. Cela étant, il faut reconnaître que des dérives ont eu lieu, notamment en termes d'embauches, parfois pour des raisons électoralistes.

Une remise à plat des compétences de chacun (Etat, région, département …) me semble donc nécessaire dans un premier temps afin de savoir qui fait quoi et d'éviter les doublons donc de faire des économies. Par ailleurs, une sensibilisation des collectivités à une gestion plus rigoureuse ne serait pas forcément inutile.

 

8. Recentrer les subventions aux associations

Depuis quelques années maintenant le secteur associatif a pris une ampleur non négligeable et continuera probablement à se développer dans le futur. Si l'action de certaines associations est indiscutable, en particulier dans le domaine social afin de combler les lacunes de l'Etat, d'autres organismes ont une finalité plus discutable. La proposition du Figaro de recentrer les financements publics sur des secteurs clés doit donc être envisagée avec sérieux.

 

9. Plafonner les indemnités chômage

A l'heure actuelle, un chômeur français peut toucher jusqu'à 6000 € par mois pendant deux ans. Evidemment ces indemnisations ont un coût pour la société. Comme le Figaro, je suis partisan d'un plafonnement des indemnités chômage. Mais à la différence du journal qui envisage cette mesure comme une source d'économie, je propose, pour ma part, de réutiliser les sommes ainsi dégagées afin de prolonger la durée d'indemnisation de deux à trois ans.

 

10. Plafonner les aides aux ménages

11. Repenser la politique familiale

12. Mettre sous conditions de ressources les allocations familiales

13. Mettre fin au cumul allocations familiales/supplément familial des fonctionnaires

Aujourd'hui il existe un nombre impressionnant d'aides en tout genre (RSA, allocations familiales …) accordées par différents organismes publics (Etat, collectivités …). Ces aides aux ménages qui ont représenté un coût de 30 milliards d'euros en 2011 constituent donc un véritable méandre administratif complexe et incompréhensible. Une remise à plat ne me semble donc pas être un luxe.

Par ailleurs, je crois que l'idée un plafonnement global mais également la mise en place de conditions de ressources doit être mise en débat. Ainsi on peut se demander, légitimement je crois, s'il est normal qu'un foyer aisé touche les allocations familiales ou si un ménage bénéficie d'un montant d'aides sans limite de maximum.

 

14 Introduire des franchises

15. Définir un panier de soins remboursé intégralement par la Sécu

16. Lutter contre la surconsommation de médicaments

17. Revoir la liste des affections de longue durée (ALD)

La question des franchises médicales est un sujet qui revient fréquemment sur le devant de la scène, notamment lorsqu'il est question du fameux "trou de la sécu". Bien que ce dispositif existe déjà d'une certaine manière (50 cts par boîte de médicament dans la limite de 50 € par an ou 1 € sur chaque consultation), certains veulent aller plus loin en instaurant une franchise de 200, 500 ou 1000 €.

Personnellement je suis opposé à un tel système qui pénalisera fortement les plus modestes et qui conduira un grand nombre de nos concitoyens à renoncer aux soins comme c'est déjà malheureusement le cas aujourd'hui. De plus, il ne faut pas oublier que chacun contribue au financement de la sécurité sociale par le biais des cotisations.

En lieu et place d'une telle mesure, il me semblerait plus efficace de faire un tri entre les produits efficaces donc à rembourser et ceux inutiles à supprimer. Mais il faudra pour cela avoir le courage de tenir tête au lobby pharmaceutique.

 

18. Réserver l'aide médicale d'État aux soins d'urgence

Avec un coût de 650 millions d'euros par an, certains, dont Marine Le Pen, sont partisans de supprimer complètement ce dispositif visant à accorder un accès aux soins aux étrangers en situation irrégulière. Bien évidemment, et c'est d'autant plus le cas en situation de crise, il est difficile d'accepter de soigner gratuitement des sans-papiers, donc des gens qui n'ont pas le droit d'être sur notre territoire. Outre les considérations de solidarité, une telle suppression pose la question de problèmes sanitaires de grande ampleur. Voila pourquoi je ne suis pas spécialement favorable à sa disparition. En revanche, on pourrait imaginer de relever le ticket d'entrée qui est actuellement de 30 €.

 

19. Des hôpitaux moins nombreux mais plus grands

De même que j'y suis opposé pour les écoles, je n'y suis pas favorable pour les hôpitaux pour des raisons identiques.

 

20. Multiplier les opérations en ambulatoire

Dès lors que les soins peuvent être effectués dans la journée sans risque pour le patient, je ne vois pas au nom de quoi nous devrions nous opposé à une telle pratique.

Partager cet article
Repost0