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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 15:12

Après une longue absence du fait d'obligations professionnelles, j'ai le plaisir de retrouver le chemin de ce blog pour revenir à une fréquence de publication plus régulière.

Pour ce premier article depuis plusieurs semaines, j'ai choisi de revenir sur les évènements marquants de ces derniers jours.

 

- Gouvernement Ayrault : pour le meilleur et pour le pire

C'est donc finalement Jean-Marc Ayrault, ancien président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, qui a été nommé premier ministre. Si cette nomination ne fut pas vraiment une surprise, je crois qu'il s'agit là d'un bon choix dans la mesure où nous avons affaire à un homme d'expérience et de dialogue.

En revanche, je suis clairement plus dubitatif en ce qui concerne son gouvernement. Outre le fait que le nombre de ministres (34) est beaucoup trop important, je regrette la présence de certaines personnes. En premier lieu, j'ai du mal à comprendre la présence des écolos au gouvernement car leur score à la présidentielle est calamiteux, traduisant une perte de vitesse de la part de ce mouvement exotique. Ensuite, je trouve extrêmement risqué de nommer Christiane Taubira à la Justice. De fait, celle-ci traîne une réputation de communautariste, d'autonomiste ... qui me semble peu compatible avec cette fonction. D'ailleurs, l'UMP s'est empressée d'attaquer la ministre pour chercher à déstabiliser ce gouvernement. Malgré tout, j'ai quelques éléments de satisfaction grâce à la présence de personnalité que j'apprécie. Je pense notamment à Manuel Valls, à Arnaud Montebourg ou encore à Najat Vallaud-Belkacem.

Comme pour François Hollande, j'attends de voir ce qu'il sortira de ce gouvernement. Ce seront alors les actes qui détermineront ma position vis-à-vis de cette majorité.

 

- Condamnation d'Arnaud Montebourg : sanction ou décoration ?

Hier Arnaud Montebourg, nouveau ministre du redressement productif, a été condamné par le Tribunal de Grande Instance de Paris à un de dommages et intérêts pour avoir publiquement injurié les anciens membres de la direction de SeaFrance. Dans la foulée, certains membres de la vertueuse UMP (Copé, Morano, Dati ...) se sont empressés de demander sa démission en vertu du principe d'exemplarité voulu par François Hollande durant la campagne.

Une fois de plus, l'UMP n'est pas à une contradiction près. Pire, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité. De fait, il n'y a qu'à regarder la composition des gouvernements Fillon (Hortefeux, Juppé ...) pour s'en apercevoir. S'agissant de Montebourg, je ne peux que le soutenir. Malgré sa condamnation, certes légitime, je crois que celui-ci a totalement raison et que ses propos ne sont que la triste vérité. Les patrons de nous ménagement pas alors pourquoi devrions-nous prendre des gants avec eux ?

 

- UMP : la guerre des chefs a commencé

Nicolas Sarkozy ayant perdu, l'UMP se retrouve donc sans président à sa tête pour quelques mois. En perspective de l'élection d'un nouveau dirigeant, les candidats potentiels se mettent en ordre de bataille. C'est notamment le cas de Jean-François Copé et de François Fillon qui veulent tous deux briguer le poste. Poste qui est clairement une rampe de lancement pour la présidentielle de 2017. Dans quelques temps, les militants UMP devront donc élire un nouveau président pour leur mouvement. D'ici là, il est clair que nous assisterons à une bataille larvée entre les deux prétendants, chacun cherchant à prendre l'ascendant sur l'autre.

Politiquement, il s'agit là d'un jeu dangereux pour le parti. En effet, sans unité ni leader pour prendre la tête de l'opposition, il existe une possibilité de dépassement par le FN qui reste à l'affut. Il serait alors préférable que cette histoire de succession se termine au plus vite, notamment dans l'intérêt des militants qui risquent d'en perdre leur latin. Je leur souhaite d'ailleurs un bon courage car le futur de leur parti ne sera forcément rose. Entre Copé le libéral qui court après le FN et Fillon l'homme invisible qui trahit ses convictions pour un poste, le choix sera très, très compliqué.

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 20:17

Sans grande surprise François Hollande a été élu président de la République dimanche dernier. Celui-ci a recueilli 51,63 % contre 48,37 % pour Nicolas Sarkozy. Mais plus que ces résultats qui étaient annoncés depuis longtemps déjà, ce sont deux autres chiffres qui sont plus intéressants.

Le chiffre de l'abstention tout d'abord. Avec un taux de 19,65 %, le nombre d'abstentionnistes est en recul par rapport au premier tour (20,52 %). Bien que cela soit un peu moins bien qu'en 2007, on ne peut que se féliciter de la relative faiblesse de cette abstention.

 

Plus remarquable encore est le nombre de votes nuls ou blancs. En effet, celui-ci atteint des sommets avec plus de 2 millions soit 4,66 % des inscrits et 5,80 % des votants. Clairement il s'agit là d'un record, notamment par rapport à 2007. Ayant moi-même fait ce choix, je me réjouis de ce score qui, je l'espère, amènera les autorités à réfléchir à sa reconnaissance.

Mais au delà, un tel niveau de vote blanc doit conduire nos dirigeants à s'interroger sur sa signification. Car cela signifie que les personnes ayant votées ont refusé de choisir entre les deux candidats ou, autrement dit, les ont rejeté tous les deux. Alors bien sûr, cela ne correspond "qu'à deux millions" de voix mais je suis convaincu que ce résultat serait nettement plus important en cas de reconnaissance du vote blanc. De fait, beaucoup considèrent que le vote blanc est inutile et préfèrent donc s'abstenir ou faire un choix par défaut.

 

Mais passons. C'est donc François Hollande qui a été choisi par les Français pour être le septième président de la cinquième République. Malgré les commentaires des socialistes, qui ont néanmoins fait preuve d'une certaine retenue, il apparaît que François Hollande a grandement bénéficié d'un rejet de Nicolas Sarkozy et ne suscite qu'un enthousiasme limité. Pire, certains de nos concitoyens redoutent les cinq années à venir et prédisent la faillite pour notre pays. D'ailleurs, je me suis beaucoup amusé des réactions publiées sur facebook ou twitter suite à l'annonce des résultats. Bien que nous soyons en 2012, j'ai eu l'impression de revenir en 1981 au temps où l'on nous annonçait l'invasion de chars soviétiques. Sans compter tous ceux qui ont annoncé leur volonté d'exil.

 

Bien que je ne sois pas socialiste et que je n'aie pas voté pour François Hollande, je ne peux que lui souhaiter de réussir son quinquennat. Car il en va évidemment de l'avenir de la France et des Français. J'espère sincèrement que celui-ci saura se montrer à la hauteur des défis qui l'attendent, en particulier en matière économique.

Pour autant, je saurai être critique lorsque cela sera nécessaire. Je ne manquerai pas, comme je l'ai fait avec Nicolas Sarkozy, de pointer les dérives et de saluer les progrès.

 

Si je ne donne pas blanc-seing à François Hollande, je ne le blâme pas non plus par avance, à l'inverse d'un très grand nombre de sarkozystes. Malgré des divergences de fond parfois importantes, je me dois de laisser sa chance au nouveau président. En ce sens, j'espère que nos compatriotes auront l'intelligence de lui accorder une majorité à l'Assemblée Nationale à l'occasion des prochaines législatives afin que celui-ci puisse mener à bien sa politique.

 

Comme beaucoup, échaudé par les mauvaises expériences passées, j'attends François Hollande et son futur gouvernement au tournant. Malheureusement pour lui, l'état de grâce sera de très courte durée. Espérons simplement que la probable déception ne poindra pas trop rapidement.

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 12:25

Demain, les Français seront une nouvelle fois appelés aux urnes pour le second tour de l'élection présidentielle.

Demain, la France se verra doté d'un nouveau président de la République.

Demain, l'avenir du pays sera entre les mains d'un nouvel homme.

 

Comme c'est la tradition sur ce blog, et toujours dans une volonté de transparence, je vais aujourd'hui faire part de mon choix pour ce scrutin. Fondamentalement quatre possibilités s'offrent à moi : voter Hollande, voter Sarkozy, voter blanc et m'abstenir. La décision n'est pas évidente pour moi qui aie voté Nicolas Dupont-Aignan au premier tour. Mais après réflexion, mon choix est fait.

 

Clairement l'abstention n'est pas une solution pour moi. Certes un tel comportement viendrait gonfler un taux déjà élevé et donc entacher la légitimité du président nouvellement élu. Pour autant, je suis trop attaché à notre système démocratique pour le renier aujourd'hui. En outre, je crois que ce serait un affront pour nos ancêtres qui se sont longuement battus pour obtenir ce droit mais également pour tous les peuples du monde qui n'ont pas cette chance.

Donc quoi qu'il arrive j'irai voter demain.

 

Si l'abstention n'est pas envisageable, le vote Sarkozy ne l'est pas non plus. Bien que j'ai été l'un de ses soutiens en 2007, j'en suis revenu depuis et me suis opposé à sa politique à de nombreuses reprises. Dès lors, il m'est impossible de soutenir un individu que j'ai combattu longuement sur ce blog. Comme chacune de mes prises de position, celle-ci est bien évidemment réfléchie. Il ne s'agit en aucun cas d'antisarkozysme primaire mais de divergences de fond avec le candidat, tant sur son bilan (paquet fiscal, politique européenne et étrangère ...) que sur son projet et sa campagne (rapport à l'europe, course à l'extrême-droite ...).

 

Souhaiter la défaite de Nicolas Sarkozy signifie-t-il forcément vouloir la victoire de François Hollande ? Oui et non.

Dans l'absolu je préfère effectivement un succès du socialiste même si je doute de ses capacités. Je pense d'ailleurs qu'une accession de la gauche au pouvoir permettrait de prouver aux Français que celle-ci n'est pas plus efficace ni plus capable que la droite et donc de faire émerger une alternative à l'UMPS.

Néanmoins je ne glisserai pas un bulletin Hollande dans l'urne. En effet, malgré des différences fondamentales sur la forme, je ne suis pas convaincu que la politique menée sera fondamentalement en rupture avec celle du président sortant. De plus, je n'oublie pas qu'Hollande est le fils spirituel de Jacques Delors et de Lionel Jospin, qui ne sont pas des modèles de vertu pour moi. Je n'oublie pas non plus les passages des socialistes au pouvoir, périodes durant lesquelles les Français ont été plusieurs fois trahi.
Pour toutes ces raisons, mais également pour des désaccords de fond (droit de vote des étrangers, politique européenne ...), mon choix ne se portera pas sur le candidat socialiste.

 

En toute logique, et surtout de manière cohérente avec mes convictions, je voterai donc blanc lors de ce second tour. Malgré un léger doute suite au débat de mercredi soir, je ne peux me résoudre à choisir François Hollande. Sans la "jurisprudence" de 2007 qui m'a quelque peu échaudée, ma position aurait probablement été toute autre. Mais depuis cette date, j'ai appris à me concentrer sur les actes plus que sur les mots. J'invite d'ailleurs l'ensemble de nos concitoyens à faire de même et à voter en leur âme et conscience pour ne pas regretter leur choix plus tard.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 18:15

Hier soir TF1 et FR2 diffusaient le traditionnel débat d'entre deux tours de l'élection présidentielle. Comme beaucoup de nos concitoyens, j'attendais avec une certaine impatience cet affrontement entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Et comme un grand nombre d'entre eux je suis resté sur ma faim.

 

Mon objectif n'est pas ici de revenir sur l'intégralité des 2h45 de débat mais plutôt de m'attarder sur quelques éléments qui m'ont semblé intéressants, tant sur la forme que le fond.

En toute logique je commencerais donc par l'introduction des deux débatteurs. Pas de surprise pour moi à ce moment là avec un François Hollande froid et distant, voire même peu naturel avec une impression de récitation d'un texte appris par cœur. A l'inverse, le discours de Nicolas Sarkozy est plus fluide, moins monocorde. Et celui-ci ne tarde pas à attaquer son adversaire.

 

Si les hostilités n'ont pas tardées à arriver, elles ne cesseront finalement pas et seront présentes tout au long de l'émission. Outre des petites piques en dessous de la ceinture (sur DSK ou Bettencourt par exemple), nous avons assisté à une véritable bataille de chiffres avec à chaque fois des versions différentes. Personnellement, je n'apprécie que peu cet exercice qui consiste à recourir à l'excès aux données chiffrées. En effet, je trouve que cela a pour effet de perdre les auditeurs dans des détails techniques souvent inutiles. Mieux vaut, à mon sens, se concentrer sur les propositions et les idées plutôt que s'affronter sur des chiffres parfois faux.

 

Par la suite, deux thèmes ont particulièrement retenu mon attention : l'économie et l'immigration.

Selon moi, les deux candidats n'ont pas été à la hauteur sur la partie économique avec des imprécisions ou des approximations (coût du travail par rapport à l'Allemagne) qui ont nui à la clarté du débat. Bien que la question de l'emploi (contrat de génération) et du pouvoir d'achat aient été abordées, à juste titre, je regrette que celles de l'euro et du protectionnisme aient été passées sous silence. Rendez-vous compte, alors même que l'europe est en crise depuis des années, le sujet de l'euro a été évacué en une phrase par Laurence Ferrari. Cela est tout bonnement irréaliste, encore que le sujet fasse consensus entre les deux hommes et qu'il valait mieux pour eux parler de leurs divergences plutôt que de leurs convergences.

 

S'agissant de l'immigration, Nicolas Sarkozy a déroulé, sans surprise aucune, ses propositions et en a profité pour draguer (très) ouvertement les électeurs frontistes. A l'inverse, mais ce n'est pas illogique du tout, François Hollande a fait preuve de fermeté et de clarté sur le sujets en levant toute ambigüité sur ses prises de positions. Bien évidemment ce thème a donné lieu à de fortes oppositions et Nicolas Sarkozy a cherché à prendre le dessus sur son adversaire et à le faire passer pour un laxiste, ce qu'il n'a pas vraiment réussi en réalité.

 

Comme je le disais au début de cet article, je trouve que ce débat a été décevant. Décevant sur le fond car les sujets à mon sens fondamentaux n'ont été que trop peu évoqués. Mais décevant également sur la forme car les deux participants n'ont pas réussi, voire même cherché, à élever le niveau du débat. Ainsi, plus qu'une opposition entre candidats à l'élection présidentielle, j'ai le sentiment d'avoir assisté à un affrontement entre gamins dans une cour d'école pour savoir qui a la plus grosse. Bref, pas du tout une prestation à la hauteur des enjeux.

 

Malgré tout et c'était là, je crois, tout l'intérêt de ce débat, François Hollande a su se débarrasser de sa réputation de "mollesse" et prouver aux Français qu'il avait les épaules pour gouverner. Pour moi c'est globalement le candidat socialiste qui sort vainqueur de cette joute verbale. Contre toute attente, celui-ci a su faire preuve de calme, de clarté et de fermeté face à un adversaire nettement plus agité. Mieux feu flamby a même réussi à plusieurs reprises à désarçonner et mettre en difficulté Nicolas Sarkozy.

 

Selon les médias, les précédents débats n'ont jamais inversé la tendance avant le second tour. Cette fois encore la tradition sera vraisemblablement respectée. En revanche, il est possible que la prestation de François Hollande vienne accroître son avance. En effet, il est probable que celui-ci ait réussi à convaincre certains indécis et surtout ceux qui doutaient de sa capacité à diriger. En ce mercredi 2 mai 2012, un président serait-il né ?

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 17:18

Récemment Canal + diffusait un film réalisé par Antoine de Caunes : Yann Piat, chronique d'un assassinat.

S'agissant d'un film à forte consonance politique, j'étais assez impatient de le voir. Et je dois dire ne pas avoir été déçu. Bien au contraire. Et il est clair que la qualité des acteurs, et notamment Karin Viard, y est pour beaucoup.

 

Mais c'est surtout l'aspect politique de ce film qui m'a grandement intéressé. Avant cela, je ne connaissais pas du tout Yann Piat. Et je crois que c'est bien dommage. En effet, je pense que cette femme et son histoire devraient être plus connues du grand public et en particulier de la jeunesse qui souhaite s'engager dans la vie publique.

 

Évidemment ma seule source d'information sur Yann Piat est la fiction d'Antoine de Caunes. Or il est possible que celle-ci soit subjective et parcellaire donc mon opinion le sera peut-être également. Cette réservé étant posée, je crois malgré tout que ce film permet de se faire une bonne idée de la personnalité de Yann Piat.

 

Le moins que l'on puisse dire est que la vie de cette femme fut très, très mouvementée. Initialement membre du Front National par amitié pour Jean-Marie Le Pen, elle fut élue député du Var en 1986 puis réélue en 1988. Par la suite, elle fut exclut du FN et rejoint l'UDF avant de voir son mandat renouvelé en 1993. Tout au long de sa carrière, Yann Piat s'est battue contre la corruption et la collusion entre mafia et classe politique. Sa volonté de transparence et son entêtement à lutter pour la justice lui ont coûté cher puisque celle-ci fut assassinée le 25 février 1994.

 

Peut-être à tort, il me semble que Yann Piat fut une femme bien et digne d'admiration. En m'appuyant sur les éléments de ce film, je pourrais tout à fait prendre la députée du Var comme modèle. En effet, celle-ci possède toutes les qualités que j'apprécie chez une personnalité politique : courage, abnégation, constance ...

Ce qui m'a le plus marqué chez cette femme c'est sa fidélité à ses idées. Ainsi, celle-ci a pris ses distances avec le FN et Jean-Marie Le Pen, pourtant son parrain, lorsque la ligne du parti ne correspondait plus avec ses valeurs. De même, c'est au péril de sa vie que la député a mené son combat contre la corruption.

 

Et s'il est un autre élément récurrent du film, outre le parcours personnel de Piat, c'est bien cette collusion qui existe entre le milieu mafieux et la classe politique varoise. Si cela était vrai dans les années 1990, il faudrait être naïf pour croire que le passé est révolu. Malheureusement aujourd'hui de telles combines perdurent toujours avec la mafia mais aussi avec le monde des affaires.

 

A mon plus grand regret, les François voient la classe politique comme une caste de tricheurs corrompus qui cherchent s'en mettre plein les poches aux dépens de l'intérêt général. Évidemment cela n'est pas totalement faux et différents scandales récents sont venus entacher encore un peu plus l'image  de la politique, tant à gauche (Bouches-du-Rhône, Nord-Pas de Calais) qu'à droite (Karachi, Bettencourt).

 

Dans la lignée de la députée du Var, il me semble donc nécessaire de chercher à nettoyer les écuries d'Augias comme disait Patrick Devedjian. Clairement la tâche n'est pas aisée et le décrassage ne se fera pas un jour. Mais c'est par un travail de longue haleine que nous pourrons aboutir à assainir la politique de tous ses éléments indésirables qui s'enrichissent sur le dos du peuple.

En ce sens, il est donc dommage qu'il n'y ait pas davantage de Yann Piat. On peut alors seulement souhaiter que la jeune génération prenne exemple sur cette femme tombée pour ses idées.

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 19:08

Après plusieurs mois de campagne, les Français se sont finalement exprimés le 22 avril. Depuis, les résultats ont été largement commentés, que ce soit par les médias ou les blogueurs. Même si cela n'est pas très original, je vais également m'atteler à la tâche, en me concentrant toutefois sur les principaux éléments.

 

En premier lieu, il me semble intéressant de se pencher sur l'abstention. Contrairement aux prévisions des instituts de sondage, celle-ci s'est révélée relativement faible (20,53 %) malgré des circonstances peu favorables comme je l'expliquais dans un précédent article. Bien que ce niveau soit encore trop important, on peut malgré tout se féliciter de la mobilisation des Français qui montrent une fois de plus leur intérêt pour la politique et surtout pour l'élection présidentielle. Néanmoins, il est probable que les prochaines échéances, et en premier lieu les législatives, ne connaîtront pas un tel succès.

 

Passons maintenant aux deux candidats sélectionnés pour le second tour. Comme annoncé depuis longtemps, François Hollande et Nicolas Sarkozy arrivent en tête et recueillent respectivement 28,63 et 27,18 %, ce qui est assez proche des sondages. Evidemment cela ne fut une surprise pour personne tant notre système dérive peu à peu vers un bipartisme malsain.

 

En revanche,  plus surprenant est le score des deux suivants, à savoir Marine Le Pen (17,90 %) et Jean-Luc Mélenchon (11,1 %). Personnellement, j'aurais clairement préféré que l'ordre ait été inversé. Et je crois que l'on ne peut que regretter l'importance du score du Front National. Certes, celui-ci n'est guère plus haut en valeur relative mais la hausse est très importante en nombre de voix. La personnalité et le discours de Marine Le Pen ont donc grandement contribué à l'élargissement de l'électorat en séduisant des personnes qui n'auraient jamais voté pour son père. Indéniablement Marine est plus dangereuse que Jean-Marie dans la mesure où elle est nettement plus maligne et stratège que son paternel. Mais ne soyons pas naïfs, si la forme change pour paraître plus respectable il n'en reste pas moins que le fond est quasi identique et que les lubies sont similaires (islam, immigration ...).

 

S'agissant de Mélenchon, je crois que c'est également sa personnalité qui explique ce score. Malgré un résultat en deçà des derniers sondages, il ne faut pas oublier que le Front de Gauche réalise une performance exceptionnelle par rapport à celui du PC en 2007. Ajoutons également qu'il est probable que Mélenchon ait souffert du vote utile en faveur de François Hollande. Il s'agit donc là d'un réel succès qui sera à confirmer dans la durée et notamment aux prochaines législatives.

 

Quelques mots enfin sur le score de Nicolas Dupont-Aignan. Pour être honnête, je m'attendais à un résultat plus important et suis donc quelque peu déçu des 1,79 %. Malgré tout, avec le recul, il apparaît que ces 644 000 voix sont de bon augure pour la suite. En effet, il faut bien admettre que NDA était un illustre inconnu pour la majorité de nos concitoyens. Cette présidentielle aura au moins eu le mérite de faire connaître notre candidat et son mouvement au plus grand nombre. Remarquons néanmoins que Dupont-Aignan arrive en tête des "petits candidats" et réalise un score assez proche de celui-ci d'Eva Joly alors que ceux-ci sont issus de formations politiques établies et nettement plus anciennes.

 

Bref, la conclusion de tout cela est qu'une fois de plus l'élection présidentielle ne permettra pas de faire émerger une alternative. Comme depuis des décennies maintenant, ce sont toujours l'UMP et le PS qui virent en tête et se succèdent au pouvoir. De plus, l'émergence de Marine Le Pen n'est pas une bonne nouvelle pour l'avenir et je regrette que nos concitoyens ne se rendent pas compte que le vote FN est un leurre.

Comme disait le Général de Gaulle, "les Français sont des veaux". Cette nouvelle élection n'a fait que le confirmer une fois de plus.

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 23:53

A environ 48 heures des résultats du premier tour, et peu de temps avant la fin de la campagne officielle, j'ai décidé de faire un petit tour d'horizon de chaque candidat et de faire part de mon choix comme je l'avais déjà fait pour de précédentes élections.

 

- Nathalie Arthaud    

Candidate de Lutte Ouvrière (LO), Nathalie Arthaud a pris la succession de la célèbre Arlette Laguiller. Malheureusement pour elle, on ne peut pas dire qu'elle rencontre tout à fait le même succès, bien qu'elle paraisse sincère et convaincue. Malgré tout, il faut bien reconnaître que celle-ci souffre cruellement de la concurrence de Mélenchon. Cela la condamnera alors sûrement à faire un score moindre, aux alentours de 1 %. Mais cela n'est en rien préjudiciable pour la candidate qui ne veut pas le pouvoir et se sert de la présidentielle comme d'une tribune.

Cela étant, je ne partage pas les idées de LO qui sont, à mon sens, complètement déconnectées des réalités et inapplicables. Plus que la proposition, la candidate se complait dans l'incantation et la contestation.

    

- François Bayrou

Après 2002 et 2007, Bayrou se présente une nouvelle fois en 2012. Or contrairement à la dernière fois, celui-ci ne sera probablement pas le troisième homme car il ne pourra pas bénéficier, cette fois-ci, du rejet des candidats de l'UMP et du PS. Comme en 2007 pourtant, le candidat centriste a du mal à réellement exister par lui-même. De fait, celui-ci ne parvient pas à fédérer autour de sa personne et est contraint de toujours se positionner par rapport aux autres.

Sur le fond, il serait faux de dire que je suis en total désaccord avec François Bayrou. De fait, je trouve que certaines de ses propositions, sur l'école par exemple, sont intéressantes. En revanche, son credo libéral et européiste ne me convient en aucun cas car Bayrou a des positions à l'opposé des miennes sur le sujet dans la mesure où il nous promet rigueur et austérité avec toujours plus d'intégration européenne.

 

- Jacques Cheminade

Bien que Cheminade ait obtenu comme les autres ses 500 signatures, je considère que celui-ci n'a pas sa place dans cette élection. Tout d'abord, j'ai du mal à accepter qu'un individu fasse surface tous les cinq ans à l'occasion des présidentielles et disparaisse de la circulation entre temps. Pour moi, la politique n'est pas un jeu et je crois que la légitimité est quelque chose d'important dans la vie. Ensuite, je ne trouve pas normal que celui-ci puisse se présenter alors même qu'il n'a pas totalement remboursé sa dette à l'Etat suite à l'invalidation de ses comptes de campagne en 1995. Enfin, je trouve très contestable d'accorder tant d'attention (et de fonds publics) à une personne qui soutient Lyndon Larouche (personnalité américaine notamment connue pour ses positions antisémites) et dont le parti est accusé de dérives sectaires.

Par ailleurs, comme voter pour un type qui a pour programme de coloniser Mars et la lune alors même que notre pays connaît des problèmes bien plus fondamentaux ?

 

- Nicolas Dupont-Aignan

Si l'on peut douter de la légitimité de Cheminade, cela n'est guère possible s'agissant de Dupont-Aignan. Bien qu'il soit considéré comme un petit candidat, il n'en reste pas moins que celui-ci possède déjà une grande expérience de la "chose publique" au travers de ses mandats (maire le mieux élu de France, député depuis 15 ans ...). De plus, sa formation politique (Debout la République) s'est, à plusieurs reprises, présentée devant les Français en réalisant des scores honorables pour un jeune parti.

Concernant le programme, il ne sera une surprise pour personne si j'avoue y trouver de grands points de convergence avec mes convictions.

 

- François Hollande

Probablement le prochain président de la République si l'on en croit les sondages. Dans l'absolu je le préfèrerais à Nicolas Sarkozy. Même si je pense qu'il y aura un changement sur la forme avec un retour à une certaine hauteur et dignité liée à la fonction, je ne suis pas convaincu qu'Hollande fera mieux que son prédécesseur. En effet, l'action du nouveau président sera très certainement faiblarde. Et cela ne sera pas simplement dû à son caractère   ou son programme plutôt frileux. Mais bien au fait que le PS ne remet pas en question le carcan dans lequel notre pays évolue et continue donc à accepter d'être pieds et poing liés face aux marchés financiers ou à l'Union Européenne.

 

- Eva Joly

Que retiendra-t-on de la campagne de l'ancienne juge d'instruction ? La couleur de ses lunettes ? Sa chute dans l'escalier ? Difficile à dire tant celle-ci a été inaudible, notamment en raison de la personnalité même de la candidate. Certains disent qu'il s'agit d'une erreur de casting. Je suis plutôt d'accord avec cela. Je ne discute en aucun cas les qualités et compétences d'Eva Joly mais il est clair qu'elle ne possède pas le profil adapté pour une élection présidentielle. Il n'y a qu'à regarder ses interventions télévisées ou ses meetings pour s'en rendre compte. Sans parler du fait que ses "amis" ne la soutiennent que du bout des lèvres quand ils ne lui mettent pas carrément des bâtons dans les roues.

En termes de propositions, je considère que l'écologie ne constitue pas un programme en soi et que la question de l'environnement n'est pas le seul et unique problème auquel est confronté la France. Par ailleurs, je suis clairement opposé aux positions fédéralistes d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) en matière européenne.

 

- Marine Le Pen

Second tour ou pas second tour ? Telle a été la question durant plusieurs semaines. Mais depuis l'enthousiasme autour du "phénomène Marine" semble être retombé. Certains expliquent que je dis la même chose que Marine Le Pen. Je dirais plutôt que c'est elle qui dit la même chose que moi. Car il ne faut pas oublier que la conversion étatiste et interventionniste du Front National est très récente puisqu'en 2007 le programme du FN était clairement libéral.

S'il existe effectivement des points de convergence entre mes convictions et les positions affichées du FN, je ne voterai toutefois pas pour ce parti. D'une part, je pense que la personnalité de Marine n'est pas représentative du parti. Or celle-ci ne gouvernera pas seule et beaucoup de cadres et militants du FN sont encore peu recommandables. D'autre part, je ne crois pas que la volonté de dédiabolisation soit tout à fait réelle. Pour preuve, son électorat est peu sensible à son discours économique ce qu'il l'a obligé à revenir aux fondamentaux (immigration, insécurité ...).

Ajoutons à cela des mesures que je refuse (déremboursement de l'IVG, préférence nationale ...) et des déclarations que je condamne (Jean-Marie Le Pen comparant le meeting de la concorde à Nuremberg ou la phrase "vous êtes chez vous et vous le droit de ne pas vouloir des franco-algériens comme Mohamed Merah" de sa fille au zénith de Paris) font que je suis convaincu que le Front National n'a pas changé et reste un parti infréquentable.

 

- Jean-Luc Mélenchon    

Le candidat du Front de Gauche est indéniablement un orateur hors pair et cela fait du bien dans cette campagne austère. Mais les qualités de tribun de Mélenchon ne suffisent pas à me convaincre de voter pour lui. Il est vrai que j'adhère à certaines de ses propositions et que j'apprécie sa ferveur et son enthousiasme. Malgré tout, des points de désaccord persistent. Points qui font notamment que je ne peux pas me dire de gauche et me considère donc comme de droite. Je pense notamment à trois éléments en particulier. Le premier est relatif à l'immigration. Bien que je croie, à la différence du FN, que l'immigration n'est pas la cause de tous nos problèmes, je pense qu'il est nécessaire de chercher à limiter les flux migratoires. Pas par rejet de l'autre mais simplement pour des raisons économiques et sociales. Le second point concerne son internationalisme patent. Personnellement, je suis attaché à la nation et à la souveraineté nationale. Or cela s'oppose clairement à la conception du monde qu'a l'extrême gauche et de sa notion de citoyen du monde qui induit condamnation des frontières et bannissement de tout sentiment patriote. Enfin, le dernier élément a trait au sectarisme propre à la gôche qui conduit à honnir celui qui vient d'autres horizons et à préférer le mariage de la carpe et du lapin avec le PS plutôt que le rassemblement sur des considérations programmatiques.

                                                                  

- Philippe Poutou

Le désistement d'Olivier Besancenot au profit (aux dépens ?) de Philippe Poutou est pour moi une énorme erreur qui signe, à terme, la mort du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). Cela a d'ailleurs commencé avec un appel d'une partie de la direction à voter Mélenchon.

Outre le fait que, pour moi, cette candidature soit redondante avec celle de Nathalie Arthaud et dans une moindre mesure avec celle de Mélenchon, il apparaît que le choix de Philippe Poutou n'est pas forcément le meilleur. Le problème n'est pas tant que celui-ci ne soit pas un candidat chevronné et expérimenté mais plutôt qu'il laisse clairement transparaître son dépit. Celui-ci donne alors un sentiment de nonchalance extrême à la limite du manque de respect pour les électeurs. Car au-delà de l'effet désastreux pour son parti, un tel comportement dégrade un peu plus l'image de la politique.

 

- Nicolas Sarkozy

Que dire sur Nicolas Sarkozy qui n'ait pas encore été dit ? Pas grand-chose en vérité.

Pour être honnête, et bien que je n'ai pas voté pour lui étant mineur à l'époque, je dois reconnaître avoir été un fervent sarkozyste en 2007. J'avoue avoir été séduit par ses promesses et l'avoir défendu durant la campagne. Evidemment j'en suis revenu depuis et je regrette de m'être laissé berner. Mais aujourd'hui j'ai appris à me méfier des paroles et à me concentrer davantage sur les actes qui sont bien plus révélateurs. Voila au moins un point positif de l'élection de Nicolas Sarkozy. Disons le également, j'ai du mal à comprendre comment les gens peuvent encore croire ce que dit le président sortant. Comment espérer que celui-ci fera après 2012 ce qu'il n'a pas fait en cinq ans ?

 

 Au vu de tous ces éléments, le choix n'est pas forcément aisé. Et la qualité médiocre de la campagne n'a clairement pas facilité la prise de décision. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'il y aurait, selon les sondages, environ 35 % d'indécis.

Malgré tout, je ne crois pas qu'il soit si compliqué de choisir. A défaut de réel engouement pour un candidat en particulier, la sélection par élimination me paraît être la moins mauvaise solution.

Si j'appliquais cette méthode à mon propre cas, trois candidats resteraient en lice : Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon. Toutefois, je n'ai pas ce problème là puisque ma décision est prise depuis très longtemps maintenant.

Pour le premier tour de l'élection présidentielle 2012, mon vote sera donc un vote d'adhésion et de conviction. Sans surprise, et en cohérence avec mes prises positions sur ce blog, je glisserai dans l'urne un bulletin Nicolas Dupont-Aignan le 22 avril prochain.

Mais quel que soit votre choix, je vous en conjure, allez voter. Car il s'agit là d'une décision trop importante pour laisser les autres décider à votre place !

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 17:55

Plus que quelques jours maintenant avant le premier tour de l'élection présidentielle. Certains attendent cela avec impatience, soit pour changer de président, soit simplement car ils en ont marre de cette campagne qui dure et dont on parle partout et tout le temps.

Pour d'autres, ce dimanche 22 avril ne sera en rien différent des autres car ils n'iront pas voter préférant, comme on dit, aller à la pêche. Ceux-là se sont les abstentionnistes qui, à chaque élection, font parler d'eux.

 

Et c'est bien du thème l'abstention dont j'ai envie de traiter aujourd'hui. Car si l'on parle beaucoup des intentions de vote, notamment pour les cinq candidats principaux, il est assez peu fait mention du taux d'abstention. Pourtant, celui-ci sera probablement, une fois encore, élevé. Certains parlent de dépasser le record de 2002 (environ 2008) voire même de franchir la barre des 30 %. Alors même que ce taux connaît fréquemment des envolées, rien n'est fait pour essayer d'améliorer la situation.

 

Mais pour prendre des mesures correctives, encore faut-il bien cerner le problème. Or les abstentionnistes ne constituent pas une population homogène (âge, CSP ...). Malgré tout, je crois que ce n'est pas tant le profil de l'individu qui est intéressant que les raisons qui le poussent à ne pas aller voter. C'est donc bien de ce côté-là qu'il faut creuser.

 

A mon sens, et ce depuis des années, les motifs d'abstention sont certes variés mais connus de tous. Tout d'abord, il existe une partie de la population qui ne se rend pas aux urnes pour des raisons pratiques (absences, travail ...) sans faire de procuration pour autant. Ensuite, une autre partie ne vote pas par conviction, considérant que ce système n'est pas légitime et que voter revient à le cautionner.

Ainsi, pour ces deux catégories, peu de choses peuvent être envisagées. On peut éventuellement chercher à simplifier les démarches pour établir une procuration mais au vu de sa facilité actuelle, l'impact serait probablement minime.

 

En revanche, il est une catégorie d'abstentionnistes, peut être la plus importante en nombre, qui ne va pas voter par dépit. Il s'agit là de toutes les personnes qui se détournent peu à peu de la politique en raison de déceptions successives. Ne se reconnaissant dans aucun candidat susceptible d'être élu (en somme ceux de l'UMP et du PS), ces personnes choisissent de ne pas se rendre aux urnes. Evidemment le vote blanc est toujours possible. Mais en l'état actuel des choses, quelle différence que de se déplacer ou non ? Clairement aucune. Et c'est bien là toute l'ambigüité de la situation.

 

Personnellement, j'ai du mal à comprendre ceux qui refusent de voter. Outre le fait que nos ancêtres se sont battus pour avoir ce droit, je crois que s'abstenir revient à faire preuve d'une certaine lâcheté. A mon sens, les conséquences des élections sont telles, et d'autant plus pour la présidentielle, qu'il ne faut pas laisser le soin à d'autres de décider.

 

Par ailleurs, je considère que les raisons invoquées par les abstentionnistes sont souvent fumeuses. Certains expliquent de pas trouver de candidat qui leur convient. Cela peut être possible mais tout de même, avec dix candidats ayant des programmes sensiblement différents, il doit bien exister des rapprochements. Evidemment, il n'est pas possible d'être d'accord à 100 % sur tout avec une autre personne mais je suis persuadé que chacun peut trouver un candidat avec des positions proches des siennes ... dès lors qu'un effort de recherche est fait.

 

D'autres considèrent que voter ne sert à rien puisque ce sont toujours les mêmes qui sont au pouvoir. Effectivement, ces personnes ont raison sur le fait que deux partis squattent le pouvoir depuis plusieurs décennies. Mais que je sache ces gens là sont élus, ils n'ont pas fait de coup d'Etat pour arriver aux responsabilités. Donc plutôt que de se plaindre et de s'enfermer dans une position qui ne mène à rien. Il serait préférable, justement, d'aller voter pour d'autres individus, pour de nouvelles personnalités qui proposent une offre politique différente.

Forcément, si on considère que François Hollande incarne le changement il ne faut pas s'étonner d'être déçu. Mais cela est bien évidemment valable pour une multitude d'autres personnes.

 

L'abstention est un phénomène ancien qui ne se résoudra pas du jour au lendemain. Pire, celui-ci tend à s'accentuer au fil du temps. Malgré tout, je crois que des efforts peuvent être initiés pour chercher à inverser la tendance.

En premier lieu, la reconnaissance du vote blanc me semble être une nécessité ne serait-ce que pour inciter les gens à se rendre aux urnes. Cela ne sera pas sans poser des problèmes (que fait-on en cas de "victoire" du vote blanc ? ...) mais constituera néanmoins une avancée démocratique.

Ensuite, la question de la proportionnelle doit être examinée attentivement et dans toutes ses formes (partielle, intégrale, à toute les élections ...). Il s'agirait également d'un changement profond du fonctionnement politique de notre pays mais qui permettrait ainsi une meilleure représentativité des citoyens. Mais là encore, il faudra tenir compte, avant de faire un choix, des conséquences d'une telle réforme avec en particulier l'éventualité d'une paralysie du Parlement en l'absence d'une majorité.

Enfin, je pense qu'une réflexion pourrait être menée sur l'opportunité de rendre le vote obligatoire. Car si voter est un droit, c'est aussi un devoir.

 

Mais évidemment le moyen le plus efficace pour lutter contre l'abstention est de rendre la politique plus intéressante pour les Français. Ou plus exactement moins terne. Car beaucoup s'en détournent du fait de l'existence d'une caste qui utilise le pouvoir à des fins personnelles plutôt que dans le sens de l'intérêt général.

 

Or vu la situation de notre classe politique, qu'il s'agisse des dirigeants actuels ou de ceux qui seront au pouvoir demain, il n'y a que peu de raisons d'espérer. Car gageons qu'après quelques années de la gauche, la droite reviendra à la tête de l'Etat avant que notre pays ne connaisse une nouvelle alternance.

Bref, on prend les mêmes et on recommence. Et c'est bien là une des raisons majeures des difficultés de notre pays.

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 20:13

A moins d'une semaine du premier tour de l'élection présidentielle, il m'est difficile de ne pas y consacrer quelques articles. Beaucoup de sujets pourraient être abordés mais c'est de François Hollande dont j'ai envie de parler. Pourquoi François Hollande en particulier me direz-vous ? Et bien d'une part car c'est probablement le prochain président de la République et d'autre part parce que je trouve que son cas est intéressant.

 

Voila un homme qui fut durant dix ans premier secrétaire du Parti Socialiste et qui se retrouve finalement candidat à la fonction suprême. Dans l'absolu cela n'a rien de surprenant. Je dirais même plus que cela est tout à fait classique dans les autres démocraties européennes. D'ailleurs, il est étrange que cela n'ait pas été le cas en 2007.

 

Enfin bref, le voila candidat maintenant. Même si son parcours fut chaotique. Ne nous le cachons pas, François Hollande est un candidat de substitution. Une doublure comme on dit dans le monde du spectacle. Clairement, c'est Dominique Strauss-Kahn qui aurait du être candidat du PS s'il n'avait pas été empêché. Alors bien sûr Hollande est sorti vainqueur de la primaire socialiste mais, hormis Martine Aubry, avait-il des adversaires de premier plan ?

 

Mais laissons de côté ces questions de désignation car finalement François Hollande représente bel et bien son parti pour l'élection présidentielle. Celui-ci est a même été longuement en tête dans les sondages pour le premier tour et l'est encore pour le second. Selon ces instituts, notre pays connaîtra donc une alternance dans les prochaines semaines.

 

Pour autant, malgré les apparences, le candidat socialiste ne semble pas enthousiasmer les Français. Je ne parle bien évidemment pas des militants PS, encore que certains doutent, mais de la masse des Français. Alors oui Hollande est favori, oui il est probable qu'il soit élu mais cela se fera, au moins en partie, par défaut.

 

Certains voient en cela une malédiction. Le parti socialiste serait maudit et ne pourrait donc pas espérer remporter la victoire. Indéniablement il s'agit là d'une sottise. Pire, cette excuse est d'une facilité épouvantable qui évite toute remise en question de la part des dirigeants. Si le PS a échoué en 2002 comme en 2007 ce n'est pas en raison d'un quelconque maléfice mais bien à cause de leur incapacité à incarner le changement.

 

Rappelez-vous des deux dernières présidentielles.

Celle de 2007 tout d'abord. A l'époque, après douze ans de chiraquisme, les socialistes devaient l'emporter haut la main. Mais pour une raison inconnue, ceux-ci ont choisi Ségolène Royal. Malgré des qualités certaines, il faut reconnaître que cette dernière ne faisait pas le poids face à Nicolas Sarkozy. Pire, ses "amis" ont tout fait pour lui compliquer la tâche en la soutenant du bout des lèvres et surtout en lui savonnant allègrement la planche. Logique donc que l'échec soit à la clé.

 

Mais la campagne de 2002 n'est guère plus glorieuse. Chacun se rappelle de l'élimination de Lionel Jospin dès le premier tour et du plébiscite de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen. Malheureusement pour beaucoup, cet échec s'explique essentiellement par la multitude de candidatures à gauche. Si cela peut éventuellement en justifier une petite partie, il serait malvenu de faire reposer l'intégralité de cet échec sur les autres. Car le principal fautif dans cette histoire est bien évidemment le candidat lui-même.

Selon moi, au moins deux raisons peuvent expliquer ce fiasco. Une confiance en soi démesurée d'une part et une campagne déplorable d'autre part. Clairement Jospin croyait que la victoire lui était déjà acquise du fait d'une lassitude de son rival par les Français. Outre les attaques déplacées contre Chirac qui lui ont coûtées chères (usé et vieilli), Lionel Jospin a laissé se multiplier des candidatures qu'il aurait pu éviter s'il l'avait vraiment voulu, notamment celles de Jean-Pierre Chevènement et de Christiane Taubira.

De plus, cet excès de confiance l'a conduit à faire preuve d'une trop grande naïveté durant sa campagne, gérant son avance dans les sondages plus qu'autre chose.

 

Quel rapport avec 2002 ? Et bien j'ai l'impression que 2012 n'en est qu'un mauvais remake. En effet, je trouve que la campagne que mène François Hollande est pauvre. Pauvre en propositions, pauvre en prise de risque et pauvre en nouveauté. Bref, Hollande marche dans les pas de Lionel Jospin. Comme son prédécesseur à la tête du parti, le candidat socialiste surfe à fond sur le rejet du président sortant et choisit de dérouler une campagne de petit bras en cherchant à ratisser le plus large possible, ce qui induit forcément de ne pas faire de vague en prenant des positions tranchées et clivantes. Mais n'est-ce pas là l'exercice favori de ce cher "Flamby" qui a dirigé un parti qui s'est complait pendant des années dans un consensus mou ?

 

Il n'est donc en rien surprenant que la candidature de Jean-Luc Mélenchon rencontre un tel succès. A l'inverse du courant social-démocrate (qui est un échec partout en europe) qu'incarne François Hollande, le Front de Gauche s'inscrit dans la tradition de la gauche française, fidèle à son Histoire et ses valeurs. Or il n'y a que les caciques du PS pour vouloir en faire abstraction. De fait, Hollande et ses amis ont indiqué refuser de négocier avec la gauche de la gauche et expliqué que le programme socialiste était à prendre ou à laisser. Preuve étant que malgré ses dires, François Hollande fait preuve d'une certaine vanité.

 

Au final, et quelle qu'en soit l'issue, il y a fort à parier que cette élection présidentielle suscitera une fois encore de la déception et de l'amertume envers la classe politique. Car seuls les naïfs peuvent croire que l'accession au pouvoir de François Hollande permettra un réel changement. En se fondant dans le moule social-démocrate et en ne remettant en cause le système actuel qu'à la marge, Hollande n'est ni plus ni moins qu'une alternance. Et non une alternative comme il le prétend. Son élection ne fera que continuer le petit manège de l'UMP et du PS qui sont au pouvoir depuis plus de trente ans sans rien changer à la situation du pays … ou alors en l'aggravant considérablement.

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 17:57

Hier soir, France 2 organisait une version spéciale présidentielle de l'émission des paroles et des actes durant laquelle cinq candidats (Nicolas Dupont-Aignan, Eva Joly, François Hollande, Marine Le Pen, Philippe Poutou) ont eu un peu plus de 15 minutes pour s'exprimer. Une nouvelle émission se tiendra ce soir avec les cinq autres candidats (Nicolas Sarkozy, Jacques Cheminade, Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud, François Bayrou).

 

A environ dix jours du premier tour, il était grand temps que le service public organise une telle émission. De fait, comment tolérer que les cinq candidats dits principaux (Mélenchon, Le Pen, Sarkozy, Bayrou, Hollande) aient eu une soirée dédiée de deux heures alors que les autres n'ont eu que des cacahuètes ? Est-ce cela la démocratie ? Je ne le crois pas.

 

Même si France 2 a fait un pas dans le bon sens, il n'en reste pas moins que cela ne fut pas satisfaisant, en raison notamment du format de l'émission. D'une part, les candidats ont eu seulement un quart d'heure pour s'exprimer. Si cela est largement suffisant pour ceux que l'on entend partout depuis des mois, je trouve cette durée un peu courte pour les autres que les Français connaissent moins. D'autre part, j'ai trouvé que la comparaison entre tous les candidats était difficile. De fait, il s'agissait d'un "grand oral" avec des questions différentes selon l'interlocuteur et non d'un vrai débat.

 

A la décharge de France Télévision, je tiens à signaler que ce sont le PS et l'UMP qui ont refusé une confrontation à dix. Etrange que de fuir le débat lorsque l'on prétend aux plus hautes fonctions. Pire, il semblerait qu'un débat aura finalement lieu dans l'émission Mots Croisés. Mais là encore, l'UMPS fait preuve d'un grand courage et François Hollande et Nicolas Sarkozy ne daigneront pas faire le déplacement puisqu'ils enverront un de leurs représentants.

 

Mais passons.

A l'origine, j'avais l'intention de consacrer deux articles à cette émission, commentant brièvement l'intervention des dix candidats. Au final, j'ai choisi d'y renoncer pour deux raisons. La première est que les prestations m'ont paru assez médiocres et sans surprise dans l'ensemble et ne méritent donc pas de s'y attarder. La seconde est que cela risquait d'être redondant avec mon article de la semaine prochaine dans lequel je m'exprimerai sur mon choix pour le premier tour de l'élection présidentielle.

 

L'émission d'hier m'a malgré tout donné l'envie d'écrire. Pas spécialement sur les prestations de chacun mais sur un point en particulier. Je souhaite parler du mépris dont font preuve les médias à l'égard de Nicolas Dupont-Aignan. Comme à chaque interview, les journalistes répètent inlassablement les questions auxquelles ils obtiennent toujours les mêmes réponses.

 

Hier encore David Pujadas n'a pas dérogé à la règle. Effectivement, celui-ci a attaqué directement par interroger le candidat sur les sondages puis sur des points de convergence avec Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen. Implicitement, cela revenait à demander au député-maire pourquoi il se présentait puisqu'il était bas dans les sondages et, en gros, qu'il avait le même programme que d'autres.

 

J'ai donc envie de clarifier les choses une bonne fois pour toute car j'en ai assez des raccourcis journalistiques qui visent à décrédibiliser un homme et ses idées. Tout d'abord, il est vrai que Nicolas Dupont-Aignan est plutôt bas dans les sondages. C'est un fait. Mais peut-on vraiment avoir confiance dans les sondages ? Je ne le crois pas. Rappelez-vous de Balladur en 1995, de Jospin en 2002 ou du référendum en 2005. Faux, faux et encore faux. Les instituts de sondage se sont à chaque fois trompés. Mieux, lors des élections précédentes dans lesquelles Debout la République était présent (européennes et régionales), les sondages lui accordaient moins de 1 %. Or aux européennes DLR a réalisé un score supérieur à 2 %. Et aux régionales de 2010 en Ile-de-France, la liste a fait plus de 4 % devant le Modem et le NPA. Donc attention aux sondages qui doivent être pris avec précaution.

 

Intéressons-nous maintenant à la question de la légitimité de la candidature. En quoi celle de Nicolas Dupont-Aignan serait-elle moins légitime que les autres ? Que je sache il a obtenu ses 500 signatures (environ 750 au bout du compte). Si on suit cette logique, pourquoi est-ce que Bayrou se présente alors qu'il a déjà échoué deux fois ? Et Eva Joly ? Celle-ci ne s'est lancée que récemment en politique, et ses sondages sont catastrophiques ...

Pour information, Nicolas Dupont-Aignan est le maire le mieux élu de France, il est député depuis 15 ans et bénéficie donc d'une expérience de terrain. Certes son parti est jeune et encore peu développé mais celui-ci fut présent aux dernières élections européennes et régionales.

 

Terminons-en avec les amalgames incessants avec Marine Le Pen et le Front National. Commençons par dire qu'à chaque fois, les journalistes parlent de Le Pen lorsqu'il est question de Dupont-Aignan, estimant que celui-ci dit la même chose. Il est vrai que les deux candidats ont des positions communes, sur l'euro ou l'UE par exemple. Le nier serait faire preuve de mauvaise foi. Mais pourquoi ne jamais rappeler que des convergences existent également avec Arnaud Montebourg, Jean-Pierre Chevènement ou Jean-Luc Mélenchon, si ce n'est pour chercher à discréditer le candidat ?

 

Par ailleurs, il n'en demeure pas moins que des divergences profondes existent entre DLR et le FN. Depuis sa création, le Front National a fait la démonstration de son caractère extrême et xénophobe. Malgré un léger virage pris depuis la prise de pouvoir de Marine Le Pen, les vieilles rengaines perdurent. A en croire ces gens là, l'immigration et les musulmans seraient les seuls problèmes du pays. La candidate en a d'ailleurs parfaitement donné l'exemple hier. Malgré les discours et les belles paroles, le FN reste un parti qui surfe sur les peurs et les vils instincts des gens. Preuve encore récemment avec l'affaire Merah où tout et n'importe quoi a été raconté pour encourager la division des Français et la méfiance vis-à-vis des étrangers.

Peut-être que la dirigeante actuelle est quelque peu différente, peut-être que les nouveaux venus sont sincères mais je ne peux m'empêcher de penser que d'autres sont encore là. Et c'est bien ces personnes qui entourent aussi la candidate. Je pense notamment à Jean-Marie Le Pen ou à Bruno Gollnisch. Mais on se rend rapidement compte que ce ne sont pas les seuls dès lors que l'on creuse un peu et que l'on discute avec les militants. Il existe d'ailleurs beaucoup d'enquêtes à ce sujet ...

 

Quel que soit le vote de chacun, cela m'est égal. Seulement, je souhaite que chacun fasse preuve d'honnêteté intellectuelle. En lisant les programmes, en écoutant les interventions des deux candidats. Alors que Marine Le Pen et ses acolytes sont dans le rejet de l'autre, en particulier s'il est d'origine étrangère, Nicolas Dupont-Aignan et ses amis s'engagent dans une démarche de rassemblement, dans la pure tradition gaulliste.

 

Mais une fois encore, peu importe le bulletin glissé dans l'urne. L'essentiel est de le faire en toute connaissance de cause. Car comme l'a très justement dit Jean-Luc Mélenchon, si vus laissez vos convictions à l'entrée du bureau de vote, il ne faudra pas s'étonner de ne plus les retrouver à la sortie.

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