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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 18:02

Les lecteurs assidus de ce blog auront pu constater que l'art et la culture ne sont pas mes thèmes de prédilection. Non pas que je n'y sois pas sensible mais je leur préfère grandement la politique et l'économie. Cela étant, c'est de ma récente sortie au cinéma dont il sera question aujourd'hui.

 

Un certain nombre de mes amis m'avaient fortement recommandé d'aller voir Django Unchained de Quentin Tarantino. Et les excellentes critiques de ce film m'encourageaient effectivement en ce sens. Malgré tout, j'avais quelques réserves concernant le réalisateur depuis que j'avais vu Inglorious Basterds avec Brad Pitt. En effet, je n'avais que peu apprécié l'enchainement plutôt décousu du film ainsi que cette articulation en chapitre assez frustrante pour moi. Mais finalement les quelques extraits visionnés ont fini par me convaincre d'y aller.

 

Et bien m'en a pris tant ce film est excellent. Mieux il s'agit là du meilleur film que j'ai vu depuis longtemps : 2h45 de pur bonheur sans longueurs ni ennui. En termes de pitch basique, on retrouve bien là le grand classique américain à savoir un héros qui va sauver une demoiselle en détresse avec l'aide de son fidèle compagnon. Traditionnel certes mais toujours aussi efficace. De même, et c'est également une marque du cinéma américain, l'opposition entre le bien et le mal, les gentils et les méchants est clairement posée tout au long du film.

 

Outre ces aspects, il est clair que cette production est mise en valeur par la qualité de ces acteurs avec un casting haut en couleurs, si je puis dire. Les personnages principaux, à savoir King Schultz (Christoph Waltz) Django (Jamie Foxx) et Calvin Candie (Léonardo Di Caprio) sont tout simplement géniaux, à la fois dans leurs caractéristiques propres et leur interprétation. Sans oublier bien sûr le fidèle Steven campé par le célèbre Samuel L. Jackson.

 

Par ailleurs, il faut noter l'importance accordée à la musique par Tarantino. Musique qui rappelle indéniablement les westerns dont le réalisateur a voulu s'inspirer. Et prépondérance également de l'humour distillé par petites touches tout au long de l'intrigue qui permet de prendre du recul et de dédramatiser et de tourner à la dérision certains personnages et situations. Je pense notamment à la scène des cagoules lors de l'attaque des hommes du Ku Klux Klan.

 

Pour en finir avec l'aspect artistique, je soulignerais la violence du film. Il s'agit certes d'une marque de fabrique de Tarantino (cf Inglorious Basterds ou Kill Bill par exemple) mais certaines scènes peuvent malgré tout être assez choquantes, en particulier du fait de leur réalisme. Personnellement, ce n'est pas tant la violence physique qui m'a mis mal à l'aise par moment mais plutôt la "violence "psychologique et verbale" qui existe entre les différents protagonistes et en particulier entre les blancs et les noirs.

 

Mais si Django Unchained est plus qu'un bon film c'est, je crois, notamment en raison du thème qu'il aborde et du contexte particulier dans lequel les personnages évoluent. En effet, l'histoire de déroule en 1858 aux Etats-Unis quelques années seulement avant la guerre de Sécession. C'est donc dans une période noire des Etats-Unis, durant les années d'esclavage que se situe l'intrigue. Du fait de cet environnement, le film oblige donc d'une certaine manière à réfléchir sur l'esclavage et l'égalité entre les Hommes.

 

Le parti pris de Tarantino est on ne peut plus explicite du début à la fin. De fait, la plupart des personnages blancs sont assez primaires avec une intelligence clairement limitée et sont souvent tournés en dérision. De plus, le personnage du docteur Schultz, lui aussi blanc, incarne une sorte de conscience qui cherche à tempérer les ardeurs des esclavagistes.

Cela étant, Quentin Tarantino entend rappeler la terrible réalité de l’esclavage : châtiments corporels, travail dans les champs … Si celui-ci était très répandu à l'époque et a permis un enrichissement de nombreuses nations, il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'une pratique d'asservissement et de soumission d'un être humain sur la seule base de sa couleur de peau.

 

Si l'action se déroulait à la fin du XIXème siècle, je crois malgré tout que des parallèles peuvent être faits avec des périodes plus proches de nous, et en particulier la seconde guerre mondiale. Je prendrais notamment deux exemples pour illustrer cela.

En premier lieu, et la scène du repas dans la maison de Calvin Candie l'éclaire à merveille, Calvin Candie (Léonardo Di Caprio) explique à ses hôtes la supériorité de l'Homme blanc en se justifiant avec des données scientifiques et notamment la constitution du cerveau. En somme, les blancs exploitaient les noirs car il s'agissait d'êtres inférieurs avec une intelligence moins développée et une soumission plus forte. C'est ainsi avec ce genre de propos qu'Hitler et l'Allemagne Nazie ont réussi à exterminer des millions de juifs dans les années 1940.

Ensuite, et c'est peut-être plus discutable, je pense que le "comportement zélé" de certains esclaves peut être rapproché de celui des collabos sous l'occupation. Ainsi, Steven (Samuel L. Jackson) le majordome était d'une grande fidélité envers son maître et n'a pas hésité à dénoncer sa camarade d'infortune dans l'unique but de plaire à son propriétaire. Comme une partie des Français à l'époque, cet homme est allé au-delà des attentes de son maître au risque de trahir les siens.  Si cela est difficilement compréhensible sur le plan moral, on peut toutefois penser que ces comportements s'expliquent par une volonté (légitime) d'améliorer leur sort en s'attirant les faveurs du tyran.

 

Mais au-delà de la seconde guerre mondiale, des ressemblances existent avec l'ensemble des conflits où un peuple est opprimé par un autre. Dans l'Histoire du monde, les situations de domination ont été multiples et existent encore aujourd'hui. Quelles que soient les régions et les époques, les despotes ont toujours une bonne raison de faire régner la peur et la violence. Et ce jusqu'à ce qu'un soulèvement populaire massif permette d'inverser la tendance.

Aujourd'hui, dans notre monde moderne et "civilisé", l'esclavage existe malheureusement toujours. Celui-ci ne se présente plus sous la même forme de manière aussi ouverte mais les situations d'asservissement d'un individu par un autre sont encore légions, que ce soit en France ou à l'étranger. Et comme à l'époque l'objectif reste le même : exploiter la misère humaine pour s'enrichir toujours plus.

 

Plus que l'esclavage en tant que tel, le film de Tarantino conduit à s'interroger sur le respect de chacun et l'égalité entre les Hommes. Dans cette histoire, les noirs sont maltraités et dévalorisés en raison de leur seule couleur de peau. Par chance, les choses ont évolué dans le bon sens depuis mais il existe encore trop de comportements intolérables dans notre société. Alors bien sûr l'égalité parfaite n'existe pas et chaque personne est (heureusement) différente. Pour autant, les Hommes, quelles que soient leur couleur, leur origine ou leur ethnie, se ressemblent malgré justement leurs disparités. Et plutôt que d'exacerber ce qui nous éloigne, il serait préférable pour le bien de tous de chercher à valoriser ce qui nous rapproche. Et c'est là l'essence même de la Nation que de rassembler des gens différents autour de valeurs communes et dans un dessein collectif.

 

Juger l'autre fait partie intégrante de la nature humaine et chacun y est confronté au quotidien. Mais il faut, je crois, savoir dépasser ces a priori pour voir plus loin que le seul aspect physique.

 

En 2007, durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait pour slogan : "ensemble tout devient possible". C'est bien évidemment lui qui avait raison et cette phrase est indéniablement toujours d'actualité. Or en ces temps difficiles où la crise fait rage, il est bien plus facile de se replier sur soi-même et de rester avec ses semblables dans une forme confortable de communautarisme. Malgré tout, cela ne conduira en rien à résoudre les problèmes mais au contraire à les accentuer.

Si l'union fait la force, certains ont bien compris que diviser permet de mieux régner. Et ils n'hésitent donc pas à mettre de l'huile sur le feu, quitte à embraser le pays, en jouant sur les peurs et les angoisses. Rentrer dans leur jeu serait la pire des choses et conduirait irrémédiablement à une remise en cause de la cohésion nationale.

 

"L'Homme est un loup pour l'Homme" disait Thomas Hobbes. Cela était vrai au temps de la citation mais cela l'est encore plus aujourd'hui que l'argent, la finance et l'économie sont devenus l'alpha et l'oméga de nos civilisations. C'est généralement dans l'adversité que naissent les plus belles idées. Or c'est dans un tel moment que nous nous trouvons actuellement. Tâchons donc de rester unis en nous serrant les coudes les uns les autres afin de sortir de la tempête plutôt que de nous tirer dans les pattes pour de futiles raisons.

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 18:11

Durant ces quelques semaines d'absence, bien des sujets ont alimenté l'actualité. Aujourd'hui ce sont cinq thèmes que j'ai décidé d'aborder.

 

- Oui Gérard tu es un minable !

Je ne ferai à personne l'affront de faire un rappel des faits tant cette polémique a fait les choux gras des médias. Entre les pros et les antis Depardieu, la bataille a été terrible et chaque camp s'est largement répandu dans la presse. Outre les politiques, on a vu poindre, à regret selon moi, un réflexe de caste de la part du monde du cinéma où acteurs et autres comédiens ont avancé les arguments les plus pauvres jamais entendus. Pensez donc, il ne faut pas attaquer le pauvre Gérard, ivrogne à ses heures perdues, car c'est un mythe, un monstre sacré du cinéma. Faible argumentation en réalité qui conduit à amnistier une personne pour la seule et unique raison qu'il s'agit d'une célébrité.

Parallèlement à cela, je trouve malheureux voire même pathétique ou même minable (n'est-ce pas Jean-Marc) le comportement adopté par ce cher Gérard. S'abaisser à vanter les mérites de la Russie et faire la promotion de ses qualités démocratiques uniquement pour des considérations fiscales, il faut quand même le faire. Pour moi, et beaucoup d'autres de nos concitoyens d'ailleurs, Gérard Depardieu est un minable qui tourne le dos au pays qui a fait de lui ce qu'il est aujourd'hui. Gégé ferait donc bien de ne pas oublier tout ce que la France et les Français ont fait pour lui.

Sur un plan plus politique, je regrette également que cette droite du fric ait pris la défense d'un exilé fiscal. Mais cela aura toutefois eu le mérite de révéler les réelles convictions de Copé, Fillon et consorts. Pour finir, je rappellerai simplement que toute cette histoire n'aurait jamais eu lieu s'il existait dans notre pays un impôt sur la nationalité qui ferait abstraction du lieu de résidence …

 

- Hollande, un président normal en Nord-Mali

Voila donc plus d'une semaine que la France est militairement engagée dans le conflit au Mali. Cette intervention a fait l'objet d'un quasi consensus à l'exception de quelques uns (Mélenchon, Villepin …) et c'est une bonne chose. Car François Hollande a ordonné, à juste titre, l'envoi de nos troupes pour assister un pays souverain qui nous en a fait la demande. Il aurait été incompréhensible de ne pas venir en aide à une nation menacée par des terroristes et des rebelles. La guerre a certes un coût mais le sujet est trop stratégique pour se limiter à la seule vision comptable. A l'inverse, je crois qu'il faut donner à nos soldats les moyens tactiques de mener à bien leur mission.

Aujourd'hui l'armée malienne appuyée par les soldats français progresse de manière significative face aux rebelles. Et l'arrivée prochaine des troupes envoyées par les autres nations africaines devraient permettre d'accélérer la reprise du contrôle total du pays par le gouvernement malien. Je suis toutefois surpris de constater que notre pays se retrouve seul aux côtés des forces africaines. Je regrette profondément que nos "alliés" américains et européens, Allemagne en tête, n'aient pas daignés participer à cette opération. Et cela d'autant plus que le Sahel est une zone stratégique qui intéresse une grande partie du monde. Espérons que la récente prise d'otages sur un site pétrolier, qui s'est malheureusement soldée par de nombreux morts et blessés, incite d'autres nations à s'engager à nos côtés. Je pense notamment à l'Algérie qui est concernée au premier plan par ce conflit.

 

- FMI : une erreur de calcul qui coûte cher !

A première vue on pourrait penser à un canular, une blague pas drôle mais nous sommes en janvier et non pas en avril. Il s'agit donc bel et bien de la réalité. La semaine dernière, un économiste en chef du FMI a annoncé s'être trompé dans leurs prévisions économiques en raison d'une erreur de calcul. En fait, il apparaît que les hypothèses retenues étaient mauvaises et que le modèle de calcul s'est donc révélé complètement faux.

L'erreur, ou plus vraisemblablement la faute, est liée à l'utilisation du multiplicateur. Il s'agit d'un paramètre économique qui permet de prévoir les conséquences sur la croissance de certaines actions publiques. Jusqu'à présent, le multiplicateur était de 0,5, c'est-à-dire que pour un point de hausse d'impôt ou de baisse des dépenses publiques, l'impact sur la croissance est de - 0,5. L'ensemble des modèles de prévisions étaient donc basés sur cette hypothèse et ont servi de base à la mise en œuvre des plans d'austérité en Europe et notamment en Grèce.

Malheureusement pour les peuples, les pontes du FMI n'ont pas actualisé leur modèle afin de tenir compte du contexte de crise mondiale et d'interdépendance entre les économies. Ce n'est donc que très récemment que ces économistes se sont aperçus que le multiplicateur n'était pas de 0,5 mais variait en réalité entre 0,9 et 1,7 soit deux à trois fois plus qu'envisagé.

Cette affaire pourrait prêter à sourire si les conséquences de cette erreur n'étaient pas aussi dramatiques pour les peuples du monde entier. Car ce sont finalement bien eux qui ont subi les effets de ces plans de rigueur à répétition. Par chance, le FMI a reconnu son erreur et semble revenir sur sa politique de "tout austérité". En revanche, les dirigeants européens, commission européenne en tête, ne prennent visiblement pas le même chemin et perdurent malgré les avertissements de plusieurs prix Nobel d'économie dans la voie de la rigueur de masse.

Comme disait Albert Einstein, "ce n'est pas avec ceux qui ont créé les problèmes qu'il faut espérer les résoudre". En conséquence, plus que d'alternance c'est d'une vraie alternative dont le pays a besoin. A la fois alternative politique sans le PS ni l'UMP mais également alternative économique avec une remise en cause du système actuel et un changement de paradigme.

 

- Taxe à 75 % : amateurisme ou coup fourré ?

Annoncée à la surprise de tous durant la campagne présidentielle, la taxe exceptionnelle à 75 % a finalement été retoquée par le conseil constitutionnel. En cause, le non respect du principe d'égalité devant l'impôt du fait d'une taxation au niveau de l'individu et non du foyer fiscal.

Cette "erreur" pose clairement des questions. En effet, comment peut-on imaginer que les services de Bercy aient commis une bourde aussi grossière, digne d'un débutant ? Difficilement en réalité. Et c'est pourquoi une autre interprétation est possible. A savoir une faute volontaire conduisant à un rejet inévitable à la demande du pouvoir. Le tout évidemment afin de se dépêtrer de cette annonce faite visiblement à la va-vite et sans concertation préalable. Mais quel qu'en soit le motif, il est tout à fait anormal que ce dispositif ne soit pas passé et il faut espérer, ce qui ne semble pas le cas pour le moment, qu'une réelle alternative soit présentée.

Cela étant, la polémique autour de ce taux, rappelons-le marginal, pose plus largement la question de la réforme fiscale de grande ampleur promise par François Hollande. Pour l'heure, et comme cela était prévisible, il n'en est rien. Seule cette proposition a été suivie d'actes qui, même en cas de validation, auraient été anecdotiques de par son caractère temporaire et trop sélectif. Cela relevait donc davantage du symbole que de la réelle mesure fiscale.

Pour autant, il est indéniable qu'une remise à plat de notre système d'imposition est aujourd'hui impérative, à la fois pour plus de justice et d'équité mais également afin de redonner à l'Etat et aux collectivités les moyens d'agir. La fiscalité doit être l'arme de prédilection de la puissance publique afin de servir sa politique en orientant ou en décourageant les comportements individuels.

S'agissant de l'impôt sur le revenu, dont il est question ici, je crois que deux actions correctives doivent être mises en œuvre à court terme. La première est de rétablir une réelle progressivité de l'impôt en augmentant le nombre de tranches, aujourd'hui au nombre de cinq, et donc par la même occasion en relevant le taux marginal maximum afin justement de taxer plus ceux qui ont le plus. On pourrait ainsi imaginer que le taux à 75 % prenne cette place au lieu de n'être qu'une mesure transitoire. La deuxième, et je me répète encore une fois, est d'instaurer un impôt sur la nationalité en prenant comme modèle le système américain. Outre une hausse des rentrées fiscales, cela permettrait de lutter contre l'exil fiscal. François Hollande et Nicolas Sarkozy l'ont mentionné durant la campagne. Il est donc temps de passer de la parole aux actes.

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 19:08

Cela faisait maintenant plus d'un mois que je n'avais pas écrit un article sur ce blog. Lors de ma dernière publication, je pensais, et avais annoncé, reprendre un rythme d'écriture plus régulier mais ce ne fut visiblement pas le cas. Pas de panne d'inspiration cette fois-ci tant les sujets d'actualité pullulent ces dernières semaines mais plutôt un manque cruel de temps. De fait, mon nouveau travail et mon nouveau logement accaparent une grande partie de mes journées, ne me laissant que peu de répit pour écrire.

 

Mais cessons de nous égarer pour en venir à ce qui nous occupe aujourd'hui, à savoir l'accord sur la sécurisation de l'emploi signé récemment entre les partenaires sociaux. Pour beaucoup ces négociations ont été un succès et constituent une avancée sociale historique pour le pays, tant sur le fond que sur la forme. Les signataires (Medef et CFDT notamment) ainsi que le gouvernement s'en sont d'ailleurs allégrement félicités.

 

Pour autant, il apparaît clairement que la portée de cet accord n'est pas si importante qu'on voudrait nous le faire croire. Là encore, qu'il s'agisse de son contenu même ou des conditions de sa signature. Dans l'absolu, l'idée d'associer les partenaires sociaux pour les questions de droit du travail est intéressante. Et cela traduit bien le côté social-démocrate de François Hollande. En revanche, je crois que l'Etat ne doit pas se désengager entièrement de ce processus comme ce fut le cas. En fervent défenseur de l'Etat interventionniste, je pense au contraire que c'est au gouvernement d'impulser les évolutions de législation, tout en y associant les syndicats.

 

Le cas précis de la conclusion de cet accord montre bien les limites de ce système. En effet, seules la CFDT, la CGC et la CFTC ont signé, FO et la CGT refusant de valider le document final. On peut alors s'interroger sur la légitimité de l'accord dès lors que deux des plus puissants syndicats du pays ne le valident pas. Sans parler du fait que certaines centrales (SUD, UNSA) n'étaient même pas associées au processus.

 

S'agissant du fond, c'est-à-dire des mesures adoptées, on remarque là encore que qualifier cet accord d'historique est loin d'être justifié. Il n'y a qu'à regarder dans le détail pour s'en rendre compte. Ce que nous allons bien évidemment faire.

 

Commençons tout d'abord par les efforts concédés par le patronat. En premier lieu, et c'est certes un progrès, on peut constater une hausse des cotisations chômage sur les contrats courts (+ 3 points pour les contrats inférieurs à un mois et + 0,5 à 1,5 points pour les contrats compris respectivement entre un et trois mois et supérieurs à trois mois). A priori, il s'agit là d'une bonne mesure. Pour autant, il faut reconnaître que ces hausses sont marginales et surtout il est important de relever que ce dispositif concerne uniquement les CDD et exclut donc de fait l'intérim. Bref, ce n'est qu'un leurre qui ne limitera en rien le recours aux contrats précaires.

Ensuite, l'accord instaure la mise en place de droits chômage rechargeables. Autrement dit, le salarié pourra conserver le reliquat de ses droits non utilisés en cas de reprises d'activité. Outre le fait que le salarié a cotisé pour obtenir ses droits, il apparait que les patrons concèdent ici un point qui ne les concerne que de manière lointaine dans la mesure où cela ne les impactera pas directement. De fait, ce sont bien les caisses chômage qui financeront cette mesure et non la trésorerie des entreprises.

Enfin, il faut malgré tout souligner la volonté de généraliser les complémentaires santé à des salariés qui en sont aujourd'hui exclus. Nuançons toutefois cela en rappelant que l'employeur ne financera que la moitié du coût, l'autre étant à la charge de l'assuré.

 

Et du côté salarié alors ? Et bien là les concessions sont nettement plus importantes et ne relèvent pas de la symbolique. Bien au contraire les conséquences seront visibles, et probablement à (très) court terme au vu de la situation économique de notre pays. Deux points ont ainsi particulièrement retenu mon attention.

Le premier concerne les "accords de maintien de l'emploi". Pour résumé, cela consiste à imposer demander aux salariés une baisse de salaire et/ou une augmentation du temps de travail pour une durée maximale de deux ans en cas de difficulté pour l'entreprise. En réalité il s'agit, ni plus ni moins, de légaliser le chantage à l'emploi mené actuellement par de nombreuses entreprises (Renault …). Gageons d'ailleurs que le recours à ce dispositif sera massif dans les prochains mois.

Dans la droite lignée du premier point, et satisfaisant ainsi la volonté de dérégulation du Medef, la seconde mesure accorde aux entreprises une plus grande souplesse dans les licenciements, notamment collectifs, par la réduction de certains délais légaux (durée de contestation d'un licenciement ...).

 

Au vu de ces éléments, et contrairement à ce que disent certains, il apparaît clairement que le Medef est le grand vainqueur de cette négociation. En effet, celui-ci a obtenu d'importantes concessions, demandées de longue date, de la part des syndicats et n'a cédé, de son côté, que de manière anecdotique. On peut donc se féliciter que FO et la CGT aient refusé de signer et, à l'inverse, que les autres organisations syndicales se soient une nouvelle fois couchées devant le patronat.

 

Sous couvert de compétitivité, mot à la mode du XXIème siècle, cet accord se révèle être finalement une nouvelle attaque contre le droit du travail qui conduit à davantage de flexibilité pour les entreprises, c'est-à-dire plus de précarité pour les salariés.

Cela montre une fois de plus qu'employeurs et salariés ne sont clairement pas sur un pied d'égalité. Ces dernières années les négociations ont très souvent, pour ne pas dire toujours, tourné à l'avantage du patronat, aidé en ce sens par les gouvernements successifs de droite et en particulier sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Si le dialogue est généralement préférable, il ne faut pas oublier que dans notre pays les plus grandes avancées sociales ont été obtenues par la lutte et le combat, pas par la discussion. Plutôt que les vaines tractations c'est donc un rapport de force qu'il faut engager aujourd'hui. La lutte des classes n'est clairement pas terminée et tend au contraire à revenir au premier plan. Bien naïfs sont ceux qui ne veulent pas le voir …

 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 18:18

Après quelques jours voire semaines d’absence, c’est avec une joie certaine que Tomgu se remet à l’écriture. Depuis quelques temps maintenant, l’actualité est principalement monopolisée par le combat égotique à l’UMP et la question du "mariage pour tous". Pour autant, bien d'autres thèmes nettement plus importants mériteraient d'être abordés. Il en est ainsi de l'affaire Florange. Reconnaissons, malgré tout, que le sujet a été parfois traité mais de manière superficielle, et souvent sous un angle de politique politicienne avec la rivalité Ayrault/Montebourg.


Alors à qui la faute ? Les médias ? Assurément. Les citoyens ? Très probablement.
Mais ceux-ci ne sont pas les seuls responsables dans cette histoire. De fait, il serait bien trop facile de dédouaner notre classe politique. Car c'est bien elle qui est, finalement, à l'origine de ce traitement médiatique. En effet, c'est elle qui alimente la presse de ces petites phrases ou ces affrontements de cour de récréation.

 

Dès lors, il ne faut donc pas s'étonner de retrouver ces éléments dans la presse. Et cela d'autant plus que le premier des Français, notre cher président de la République François Hollande n'hésite pas à poursuivre allégrement dans cette voie. N'est-ce pas lui qui souffle le chaud et le froid sur la question du mariage homosexuel ? N'est-ce pas lui qui parle de "liberté de conscience" ou de procréation médicalement assistée (PMA), généralement pour revenir aussi sec sur ses propos ?

 

Depuis le début de son mandat, François Hollande, notamment par la voix de son premier ministre Jean-Marc Ayrault, cherche grandement à mettre en avant les thèmes sociétaux. Le mariage gay fait évidemment la course en tête mais il ne faut pas pour autant oublier le droit de vote des étrangers ou l'euthanasie. Il s'agit certes de promesse de campagne mais ce ne sont pas, pour moi, des sujets prioritaires au vu de notre situation économique. En outre, il ne me semble pas forcément pertinent de mettre sur la table des questions plus que clivantes alors même que notre pays aurait davantage besoin d'union nationale.

 

Pour autant, il est clair que ce comportement s'inscrit dans une stratégie politique plus large qui vise à sauver les meubles. En effet, cela permet d'une part de serrer les rangs à gauche autour de thèmes fédérateurs et donc de chercher à mettre en sourdine les critiques de ses partenaires. Mais aussi et surtout, d'autre part, à détourner l'attention des Français, à agir tel un miroir aux alouettes pour justement ne pas parler de choses qui fâchent.

 

Et c'est bien là tout le problème de ce gouvernement. Car rien n'est pire que de cacher la poussière sous le tapis comme dirait Nicolas Sarkozy. Or, d'une certaine manière, c'est ce que fait Jean-Marc Ayrault et son équipe en agissant de manière détournée et dissimulée. Je pense notamment au cas de Florange mais également au traité européen de stabilité (TSCG). Comme son prédécesseur, Hollande fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

 

Pire encore, le président "socialiste" semble avoir définitivement fait une croix sur certains de ses discours de campagne, et en particulier sur celui du Bourget. Avec un adversaire comme François Hollande, la finance a encore de beaux jours devant elle ! Il n'y a qu'à voir les récentes prises de position face à Mittal pour s'en rendre compte.

 

Certains disent qu'Hollande et Sarkozy mènent la même politique. A l'inverse, d'autres estiment que les deux hommes n'ont rien à voir. Personnellement, je me méfie des jugements des commentateurs politiques et préfère m'appuyer sur les faits pour me faire ma propre opinion.
Pour ce qui est de la politique économique et sociale de notre pays, il s'avère en effet que de grandes ressemblances existent : soumission à Bruxelles, soutien aveugle à l'euro, aplatissement devant Mittal, refus du protectionnisme, réduction massive des dépenses publiques … Concédons toutefois au président actuel quelques mesures sociales en début de mandat qui, si elles ont le mérite d'exister, sont beaucoup trop faiblardes : micro pichenette au SMIC, hausse de l'allocation rentrée scolaire …


En somme, Hollande s'inscrit dans le même logiciel de pensée économique que son prédécesseur. Ce n'est donc pas de si tôt, à mon grand désespoir, que nous reverrons un retour en grâce des politiques keynésiennes au sommet de l'Etat. Pour l'heure, les sujets sociaux (emploi, retraites, pouvoir d'achat …) sont donc mis de côté ou alors traités à la petite semaine alors même qu'ils devraient faire l'objet de toutes les attentions. Gageons toutefois que la rue saura rappeler bien vite à nos dirigeants quelles sont les priorités pour aujourd'hui et demain. Mais cela suppose que nos concitoyens sortent de la léthargie dans laquelle politiques et médias les ont plongés.  Bref, le changement ce n'est vraiment pas pour maintenant …

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 18:11

En cette période de fin d'année, le Parlement s'affaire généralement à voter les budgets pour l'année suivante. Et parmi ceux-ci, on trouve bien évidemment celui de la sécurité sociale. Tradition oblige, on nous annonce encore que le trou de la sécu est toujours là, et ce malgré toutes les économies faites depuis de nombreuses années.

 

Ces économies, bien qu'ayant visiblement peu d'effets sur l'équilibre des comptes, ont pourtant d'importantes conséquences sur les Français. De fait, nos concitoyens ont le sentiment, légitime, de cotiser toujours davantage tout en étant de moins en moins remboursé. Phénomène qui oblige d'ailleurs à recourir de manière massive à des complémentaires santé qui tirent grand avantage de la situation.

 

Cette situation, depuis longtemps inquiétante, est aujourd'hui devenue insoutenable pour un très (trop) grand nombre de personnes. Aggravée par un contexte de crise économique, la surface financière des ménages devient de plus en plus précaire, ce qui les conduit malheureusement à renoncer à se soigner. Ainsi, l'accès aux soins n'a jamais été si compliqué de nos jours et rien ne permet d'être optimiste pour le futur.

 

La récente polémique autour des dépassements d'honoraires est ainsi symptomatique du mal qui frappe notre pays dans le domaine de la santé. Nous nous trouvons alors dans une relation quadripartite (sécurité sociale, mutuelles, patients et médecins) où chacun cherche à défendre ses intérêts divergents, sans parfois tenir suffisamment compte des problématiques de santé publique. Pire, cela conduit parfois à des configurations où ce sont les malades qui trinquent.

 

Le cas le plus flagrant est bien évidemment le fait de ne pas se soigner pour des raisons purement financières. Si ce phénomène n'est pas nouveau, il apparaît pourtant que celui-ci est en recrudescence. Chacun, dont moi-même, est donc susceptible aujourd'hui de connaître une personne dans cette situation tout à fait inacceptable. En outre, et c'est une honte selon moi, cela s'applique la plupart du temps à des soins de première nécessité (optique, dentaire ...).

 

Évidemment, il s'agit d'un problème complexe qui ne peut être réglé par un coup de baguette magique. Pour autant, et comme dans bien d'autres domaines, cette question doit être traitée de manière prioritaire par le gouvernement en cherchant une convergence des intérêts des patients et des médecins. Mieux, pour aboutir à une solution viable, nos dirigeants doivent faire abstraction des lobbies et des dogmatismes en faisant preuve de pragmatisme.

 

Pour ce faire, je crois que se placer du point de vue des patients serait une bonne chose afin d'identifier les problèmes auxquels les gens sont réellement confrontés. Et c'est seulement après qu'il faudra proposer des solutions. A mon modeste niveau, et de manière non exhaustive, j'ai moi-même effectué ce travail de réflexion :

 

- des praticiens trop éloignés

Dans certaines régions, le terme de "désert médical" est une réalité. De fait, il faut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour accéder à une consultation médicale. De plus, outre les spécificités propres au milieu rural, il apparaît que la loi Bachelot ayant conduit au regroupement des installations n'a en rien arrangé les choses.

Pour moi, deux mesures s'imposent. La première est de revenir sur cette loi en redéployant dans les campagnes de petites structures de soin pour garantir à chacun un accès de proximité. La seconde est de remettre en question, au moins, partiellement la liberté d'installation des médecins. Cela pourrait notamment prendre une forme équivalente à l'obligation faite aux énarques de travailler dans le public pour une durée prédéterminée. Adapté à notre cas, cela consisterait à obliger les médecins à exercer pendant deux à trois ans dans une zone en tension. En cas de refus ou de non respect de cette disposition, de même que pour les élèves de l'ENA, les jeunes médecins devront rembourser tout ou partie du coût de leur formation financée, rappelons-le, par le contribuable.

 

- des délais de rendez-vous trop longs

Toutes celles et tous ceux qui portent des lunettes ont déjà rencontré le problème, à savoir une attente de plusieurs mois pour pouvoir consulter un ophtalmologue. Mais il ne s'agit pas d'une exclusivité liée à cette spécialité, bien au contraire.

Personnellement, et en parallèle d'une meilleure répartition des effectifs, je crois qu'il est impératif d'augmenter le numérus clausus en première année afin de former davantage de praticiens. Par ailleurs, il serait peut-être utile de réformer les études de médecine qui ne me paraissent pas forcément adaptées. Je pense notamment aux cours sur DVD qui me semblent être une hérésie ainsi qu'à la durée même du cursus. Est-il réellement nécessaire que tous les médecins suivent un parcours similaire quelle que soit la discipline à laquelle ils se destinent ? N'est-il pas envisageable de créer des cursus différents selon les spécialités ? Ce dernier point reste cependant en suspens car je n'ai clairement pas les compétences pour me prononcer sur le sujet de manière ferme et définitive.

 

- des soins trop chers

L'une des causes principales du renoncement aux soins est bien évidemment l'aspect financier. Je laisse de côté pour le moment l'aspect remboursement car j'y reviendrai par la suite. En revanche, les dépassements d'honoraires constituent un vrai frein dans l'accès aux soins. Si certains patients peuvent supporter ce surcoût, d'autres n'en ont clairement pas les moyens. Or les médecins pratiquant ces dépassements sont plutôt nombreux, dont beaucoup de spécialistes.

La question est donc ici de savoir pourquoi ces praticiens adoptent un tel comportement. L'argument généralement avancé est le faible montant du tarif de la sécurité sociale. Une première réponse est donc de revaloriser de manière juste et équitable l'ensemble des actes médicaux afin de tenir compte de leur complexité. Pour autant, je crois également qu'il faut lutter contre les dépassements d'honoraires abusifs.

 

- des remboursements trop faibles

Il s'agit là clairement du problème central de notre système protection sociale avec une augmentation des cotisations et une diminution des prestations. Il me semble donc urgent de chercher à contrer ce phénomène par une remise à plat complète de notre système. Cela constitue bien évidemment d'un chantier de très grande ampleur mais qui, je crois, nécessite d'être mené au plus vite.

En premier lieu, un plan massif de lutte contre la fraude doit être entrepris en direction des particuliers, des médecins mais aussi des entreprises. Ensuite, je pense qu'il faut recentrer l'intervention de la sécurité sociale. Aujourd'hui, de très nombreux actes ou médicaments sont remboursés, mais souvent de manière partielle. Je crois donc qu'il faudrait adopter un principe simple mais juste : si l'acte est justifié, utile et efficace alors le remboursement doit être total. Dans le cas contraire, aucun remboursement ne sera effectué et le patient devra payer l'intégralité de la dépense s'il souhaite malgré tout en bénéficier. Il en sera ainsi de tous les médicaments jugés sans réelle efficacité mais aussi des consultations ou opérations non indispensables (chirurgie esthétique, consultation pour un rhume aux urgences ...). A l'inverse, les soins dentaires et les lunettes seront remboursés de manière décente et non comme cela est le cas à l'heure actuelle (1,70 € pour une monture par exemple).

 

- des urgences surchargées

S'il existe un paradoxe dans le domaine médical, c'est bien celui des urgences. En effet, voila un service où l'on attend des heures durant alors que l'on s'y rend pour être soigné en urgence donc rapidement. Ce paradoxe s'explique malgré tout aisément pour n'importe qui se sera déjà rendu dans un tel service. De fait, les urgences souffrent de leur qualité et de leur disponibilité. Ainsi, et c'est bien là le coeur du problème, un grand nombre de personnes qui se rendent aux urgences n'ont aucune raison de s'y trouver. Je pense notamment à tous les cas de "bobologie" qui engorgent pour rien ces services et qui pourraient être traités par un médecin de ville.

Pour lutter contre cela et inverser la tendance, la prévention est sans effet. Pour obtenir de réels résultats, c'est au porte-monnaie qu'il faut frapper les gens. Ainsi le meilleur moyen d'arriver à l'objectif souhaité est d'agir sur le niveau de remboursement de ces consultations en leur appliquant un taux de remboursement moindre, voire en ne les remboursant plus du tout à terme.

 

- des petites aberrations qui coûtent cher

Parallèlement à l'ensemble des points que j'ai abordés précédemment, il existe également tout un tas d'absurdités dont le coût pourrait être utilisé à meilleur escient. Deux exemples me viennent à l'esprit mais chacun pourrait en citer bien d'autres. Premièrement, le respect du parcours de soin. Depuis plusieurs années, les patients sont obligés d'aller consulter leur généraliste avant d'aller voir un spécialiste. Le but était bien évidemment de limiter les consultations abusives mais, au final, cela conduit à rembourser deux consultations au lieu d'une seule. Deuxièmement, le renouvellement des ordonnances pour les ALD (Affection de Longue Durée). Par définition les ALD sont des maladies de long terme qui ne se guériront pas rapidement voire pas du tout. Aussi pourquoi imposer à ces patients de retourner régulièrement (tous les 3 ou 6 mois) voir leur médecin pour obtenir une nouvelle ordonnance ? 

Certes ces éléments peuvent paraître futiles mais à l'échelle du pays, leurs conséquences ne sont plus anecdotiques et il faut donc chercher à les éradiquer.

 

Voila donc résumé ici une partie des problèmes dont souffre notre système de soins. Il est fort probable que d'autres existent et c'est pourquoi je crois que sa réforme doit faire l'objet d'une grande concertation associant l'ensemble des parties prenantes (gouvernement, sécurité sociale, médecins, patients, mutuelles ...) afin que chacune puisse faire profiter de son expérience.

 

Clairement notre système n'est pas le meilleur au monde. Mais je crois que nous avons de la chance de vivre dans un pays tel que la France où la situation sanitaire est bonne malgré tout. De même, plus que notre système de soin, c'est plus largement tout notre système de protection sociale qu'il défendre des menaces qui le guettent. Héritage de l'après-guerre, celui-ci constitue une force pour notre pays.

 

Impossible pour moi de terminer cet article sans quelques mots pour notre personnel médical, pour tous ces hommes et ces femmes qui ont décidé de consacrer leur vie à aider les autres. Car plus qu'un métier, la médecine est une vocation ... quand il ne s'agit pas d'un sacerdoce. Si la situation des patients n'est pas toujours facile, je crois qu'il ne faut pas oublier non plus la souffrance de ce corps médical, notamment celui de l'hôpital où les conditions de travail sont parfois exécrables (gardes à rallonge, heures supplémentaires non payées ...). Je voulais donc avoir ici une pensée pour l'ensemble de ces personnes et leur exprimer tout mon respect et mon soutien.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 19:48

C'est donc dimanche 18 novembre qu'avait lieu partout en France l'élection du nouveau président de l'UMP. Comme chacun aura pu le constater depuis quelques jours, cette élection prend une tournure plutôt inattendue et surtout très dramatique. En effet, chaque camp a tout d'abord revendiqué la victoire avant que la COCOE (Commission de Contrôle des Opérations Électorales) ne prononce finalement lundi soir la victoire de Jean-François Copé avec 50,03 % contre 49,97 % pour François Fillon, soit une avance de seulement 98 voix.

 

Pour beaucoup, cette élection à l'UMP ressemble comme deux gouttes d'eau au congrès de Reims du PS en 2008. Il est vrai que des similitudes existent, notamment au niveau des accusations de fraude. En revanche, il apparaît clairement que le PS a su rapidement se rassembler derrière sa nouvelle chef, ce que n'a toujours pas su faire l'UMP au plus grand malheur des adhérents.

 

Si les choses semblaient s'améliorer, suite à la proclamation des résultats, force est de constater que la situation n'est finalement pas résolue avec une succession de rebondissements, dont ceux de cet après-midi qui ont une nouvelle fois enflammé les débats. De fait, il semblerait que les votes de Mayotte, Wallis-et-Futuna et  la Nouvelle Calédonie n'aient pas été comptabilisés et que leur prise en compte conduirait à une victoire de Fillon.

 

Au vu des récents évènements, il est donc très probable que la guerre interne à l'UMP est loin d'être finie et que d'autres surprises sont à prévoir dans les prochains jours et les prochaines semaines. Les deux protagonistes s'exprimeront d'ailleurs officiellement dans la soirée afin de clarifier leur position. Mais gageons que ni l'un ni l'autre ne souhaitera abandonner la partie, surtout pas à ce stade.

 

A l'heure actuelle, l'avenir de l'UMP est donc on ne peut plus incertain. Le risque d'explosion n'est alors pas à écarter, et ce d'autant plus que les soutiens de François Fillon, dont plus d'une centaine de parlementaires, auraient menacé de faire sécession. Par ailleurs, un exode massif vers d'autres partis et notamment l'UDI de Jean-Louis Borloo est également une possibilité importante qui a déjà commencé (Rama Yade, Chantal Jouano, Pierre Méhaignerie).

Pour autant, calcul politique oblige, ces éventualités ne se réaliseront peut-être jamais car cela reviendrait à affaiblir considérablement la droite, en particulier en prévision des prochaines échéances électorales dont les premières arrivent à grand pas (municipales et européennes en 2014).

 

Ce qui est sûr, malgré tout, c'est que l'UMP est aujourd'hui un parti profondément divisé avec un affrontement violent entre deux camps qui risque de laisser des traces considérables pour la suite des évènements. Il apparaît toutefois que ce déchirement est assez surprenant dans la mesure où il relève uniquement de questions de forme et de personnes et en aucun cas de divergences de fond. Et c'est bien là toute la problématique de l'UMP car il ne s'agit que d'un duel d'egos.

 

Le fond, quant à lui, a d'ailleurs été tranché le même jour avec le vote pour les motions, futurs courants du parti. Et à ce jeu là, c'est la motion "la Droite forte" portée notamment par Guillaume Peltier et Geoffroy Didier qui est arrivée en tête avec 28 % devant la Droite sociale de Laurent Wauquiez (22 %). Par ce choix, les adhérents UMP s'inscrivent donc dans la lignée de la campagne d'entre deux tours menée par Nicolas Sarkozy à l'occasion des présidentielles. Par ce choix donc, les adhérents expriment leur volonté de déplacer le centre de gravité du parti vers la droite, en adoptant une ligne plus ferme, plus dure sur un grand nombre de sujets (immigration, assistanat ...). Par ce choix enfin, je crois personnellement que les adhérents renforcent la candidature de Copé aux dépens de celle de Fillon.

 

Alors maintenant que va-t-il se passer ? Difficile à dire en réalité tant tout peut arriver. A priori, selon moi, deux scénarios sont possibles. Le premier est une déchirure de l'UMP avec un départ des fillonistes qui aboutirait à la fin du parti. Le second, tout au contraire, consisterait en une "happy end" avec un accord entre les deux parties et un éventuel maintien de Jean-François Copé à la présidence.

 

Pour moi, c'est cette deuxième option qui a ma faveur car je considère que Copé est clairement un meilleur chef de parti et est, je crois, plus capable de mener l'opposition à François Hollande. Malgré ses défauts, je préfère nettement Copé à Fillon car je trouve ce dernier plus fourbe, plus malhonnête dans ses prises de position. En outre, j'ai peu d'estime pour cet homme qui a trahi l'héritage de ses mentors et de ses idéaux (gaullisme social, Séguin). En revanche, sur le plan purement politique, je pense que Fillon sera un meilleur candidat pour l'élection présidentielle du fait de son tempérament et de son image de modéré qui permettrait ainsi de ratisser plus large, notamment vers le centre.

 

Pour en finir pour aujourd'hui avec cette lutte interne pour le pouvoir, il me semble nécessaire d'en tirer quelques enseignements généraux. En premier lieu, il ressort de cette élection que l'UMP ne dispose pas aujourd'hui d'un leader incontesté et incontestable capable de mener le parti à la victoire, preuve que l'absence de Nicolas Sarkozy, finalement un des grands gagnants de cette histoire, crée un réel vide.

Ensuite, il est clair que cette situation laissera des traces à l'UMP, au moins à court et moyen terme, et fait parallèlement le jeu des autres partis de l'échiquier politique avec notamment l'UDI et le FN qui sont susceptibles d'accueillir les déçus des deux camps. Sans parler du PS et du gouvernement qui doivent se réjouir de la déliquescence de l'opposition de droite tant ils ont à faire avec les opposants de gauche.

Enfin, et c'est peut-être le plus grave, il s'agit là d'un nouvel évènement qui vient entacher un peu plus l'image des hommes politiques aux yeux des Français. Celui-ci aggravera donc encore davantage la méfiance et le rejet de nos concitoyens vis-à-vis de la politique.

Bref, plus que la déchirure entre candidats de droite, le réel problème de cette situation est qu'elle traduit à merveille un état de fait qui perdure depuis des années : le peuple est copé de ses dirigeants politiques. Espérons simplement que cela ne soit pas définitif ...

 

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 17:11

Près de quatre ans après l'opération Plomb durci, une nouvelle opération militaire est donc actuellement menée dans la bande de Gaza par l'armée israélienne. Comme toujours lorsqu'il est question du conflit israélo-palestinien, le monde est en émoi et d'importantes manifestations de soutien sont organisées.

 

Comme d'habitude, les manifestants mettent en cause les grands méchants Israéliens qui attaquent et tuent sans raison les pauvres Palestiniens sans défense. Nous nous trouvons ici, bien évidemment, devant une situation caricaturale qui faut savoir dépasser. Comme je l'avais fait dans deux précédents articles, à l'occasion de l'opération Plomb durci ou de l'attaque de la flottille humanitaire, il convient de nuancer ses prises de position tant l'affaire est complexe.

 

Personnellement, je considère que les choses ne sont jamais totalement noires ou totalement blanches. Généralement, celles-ci sont nettement plus grises que l'on veut bien nous le dire. Et le conflit larvé qui dure depuis des décennies entre Israël et Palestine n'échappe pas à la règle. Adopter un point de vue manichéen sur cette guerre me paraît donc être une hérésie ... ou la preuve d'une terrible mauvaise foi. 

 

En toute logique, j'adopte donc le même raisonnement à cette nouvelle attaque israélienne. Cela me conduit alors à trouver des torts aux deux parties en présence, et donc à ne pas en condamner une sans réserve.

Commençons tout d'abord par le camp israélien. Je réaffirme ici mes prises de positions antérieures, à savoir que cet Etat de droit possède tout légitimité pour mener des opérations militaires visant à défendre son territoire et sa population. En ce sens, je trouve tout à fait normal qu'Israël cherche à faire cesser les tirs de roquette qui menace ses habitants. En revanche, et je me répète là encore, il apparaît que Tsahal fait preuve d'une particulière démesure dans ses ripostes avec des bombardements massifs aux dommages collatéraux importants et aux graves conséquences pour les populations civiles.

Du point de vue Palestinien, il semblerait donc que ceux-ci sont les victimes d'un conflit qui les dépasse. S'arrêter à ce constat serait, selon moi, malhonnête et tout à fait partial. En effet les répliques d'Israël, et il ne faut pas l'oublier, surviennent à la suite d'attaques venant de la bande de Gaza. Par ailleurs, sur le terrain politique, ce sont bien ces mêmes personnes, aujourd'hui en difficulté, qui ont mis le Hamas au pouvoir. Or cette organisation terroriste constitue, au moins partiellement, l'une des causes de ce conflit sans fin et ne fait clairement aucun effort pour apaiser la situation.

 

Au vu de tous ces éléments, et après réflexion, il me semble donc trop facile de blâmer sans cesse le gouvernement israélien et de porter aux nues la population palestinienne. Les torts sont clairement partagés et les solutions à ce conflit devront provenir à coup sûr des deux parties. Sans une reprise apaisée des négociations, point de salut pour l'ensemble des populations civiles, d'un côté comme de l'autre, qui souffrent durement de la situation.

 

Comme dans beaucoup d'autres pays par delà le monde, des millions de personnes souffrent du même mal : le dogmatisme et l'absolutisme de leurs dirigeants. Les circonstances sont certes différentes mais les conséquences se ressemblent : peur, précarité, désolation ...

Je profite donc de cet article pour exprimer ma solidarité à tous ces peuples en souffrance, qu'ils se trouvent en Europe, en Orient et où que ce soit d'autre dans le monde.

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 20:02

C'était donc hier soir, à l'Elysée, que François Hollande a donné sa première conférence de presse semestrielle face à près de 400 journalistes réunions pour l'occasion. Après un discours "introductif" d'une quarantaine de minutes, sensé en durer 25, le président de la République s'est prêté au jeu des questions-réponses avec son auditoire.

 

Alors que retenir de ces deux heures et demie de conférence ?  En deux mots, je dirais rien et tout. A la fois tout sur la forme et rien sur le fond ou, plus exactement, pas grand chose. Certains trouveront que mon jugement est sévère mais je crois pourtant que celui-ci reflète malgré tout assez bien la situation.

 

Commençons tout d'abord par nous intéresser à la forme.

Salon de l'Elysée, la plupart des ministres présents, plusieurs centaines de journalistes. Voila à quoi François Hollande doit faire face, au sens propre comme au figuré. Cela n'est pas sans rappeler les conférences de presse de ses prédécesseurs. 

Si certains avaient encore des doutes sur la stature de François Hollande, je crois que ceux-ci seront levés suite à cette émission. En effet, j'ai trouvé Hollande assez convaincant et convaincu, plutôt serein et sûr de lui. Bref, je crois que le costume de président a clairement été revêtu par feu Flamby. A voir si cela tient sur la durée ...

 

Sur le fond maintenant, il apparaît qu'aucune nouvelle mesure n'a réellement été annoncée. Mais cela n'était pas l'objet de cette conférence de presse puisqu'il s'agissait de faire le point sur la situation actuelle et de réaffirmer le cap du gouvernement. Ce qui a été fait, je dois dire, avec brio.

Dans un premier temps, François Hollande a donc discouru face à son assemblée en rappelant principalement les réformes déjà entreprises (hausse du SMIC, retour de la retraite à 60 ans pour ceux ayant commencé à travailler tôt, rétablissement de l'ISF, baisse du salaire des ministres ...).

Par la suite, ce sont les journalistes présents qui ont pu poser leurs questions au président. Et, reconnaissons le, il y eut du bon et du moins bon. Voire même de l'anecdotique, pour ne pas dire du futile (présidence normale, réaction aux attaques de la presse,  côte de popularité ...).

 

En revanche, d'autres questions ont permis de clarifier certaines positions du chef de l'Etat. Et en particulier trois sur lesquelles j'aimerais revenir.

En premier lieu, François Hollande a réaffirmé son soutien à ses équipes et notamment au premier ministre Jean-Marc Ayrault et au ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui sont régulièrement au coeur de polémiques. Par ces quelques mots, finalement hautement symboliques, le président se pose en chef de meute, en leader et cherche à protéger ses troupes. Pour moi, il s'agit là d'une qualité pour un chef.

Ensuite, le chef de l'Etat a fait preuve de fermeté en matière de politique étrangère, s'agissant des dossiers Syrien, Malien ou Palestinien. Là encore, ces prises de position vise à renforcer l'autorité d'Hollande et donc à faire oublier l'image du chef de parti adepte du consensus mou. Si j'approuve pleinement les déclarations sur le Mali et la Syrie, je regrette quelque peu cette frilosité au sujet de l'adhésion de la Palestine à l'ONU.

Enfin, j'estime que l'attitude du président concernant le droite de vote des étrangers est à la fois appropriée et responsable. Certes, étant contre cette mesure, je ne peux que me réjouir de ce report mais je crois également que ses partisans devraient me rejoindre sur la question. Comme l'a très bien expliqué François Hollande soumettre un tel texte dans le contexte actuel serait une hérésie puisque celui-ci serait sans aucun doute rejeté. Il est donc préférable d'attendre des jours meilleurs, en l'occurrence après s'être assuré d'obtenir la majorité des 3/5 des voix du Parlement, avant de se lancer dans ce chantier.

 

Pour finir, il me semblait nécessaire de revenir sur les trois principaux défis annoncés par François Hollande, c'est à dire les trois principaux objectifs qui ont été fixés :

- réorienter l'europe (favoriser la croissance en parallèle de l'austérité et de la rigueur ...)

- oeuvrer au désendettement du pays (baisse des dépenses de 60 milliards d'euros en 5 ans et hausse des impôts)

- renforcer la compétitivité de notre économie (baisse du coût du travail...)

 

Au vu de ce programme, et François Hollande l'a reconnu lui-même, le PS ne constitue pas une alternative mais bel et bien une simple alternance à l'UMP.  De fait, il s'agit, peu ou prou, de la même politique menée par Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012. Hollande ne fait, finalement, que de s'inscrire dans les pas de son prédécesseur malgré ses promesses. Gageons donc qu'une (très) grande partie de son électorat, en particulier de gauche, sera rapidement déçu ... si ce n'est déjà fait.

 

Mais le pire est ailleurs. Le pire est à venir. Car en se soumettant aux marchés financiers et aux politiques austéritaires et anti-démocratiques de l'UE, c'est l'ensemble du pays et de nos concitoyens que François Hollande trahit. En continuant dans cette voie sans autre issue que la récession, c'est l'avenir de la France et des Français qui est sérieusement remis en cause.

 

Il est donc urgent de mettre un terme à ces politiques de rigueur en faveur des marchés et de revenir au plus vite à une politique de relance à destination du peuple. C'est donc là tout l'enjeu de ces prochaines années.

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 15:02

Après plusieurs semaines de travail, c'est donc hier matin que Louis Gallois, commissaire général à l'investissement, a remis son rapport au premier ministre. Et c'est ce matin que Jean-Marc Ayrault a détaillé les mesures adoptées par le gouvernement et découlant de ce fameux rapport.

Bien que celles-ci soient nombreuses, j'ai décidé de me concentrer sur quelques unes seulement, qui relèvent davantage du concret que de l'incantation. Ce sont d'ailleurs ces mesures que la plupart des médias reprennent dans leurs colonnes.

 

- Crédit d'impôt de 20 milliards pour les entreprises

Globalement, il s'agit de l'une des deux mesures phares annoncées ce matin. Afin de relancer la compétitivité des entreprises, le gouvernement a donc décidé d'accorder une réduction d'impôts financée à moitié par une nouvelle baisse des dépenses publiques. Comme préconisé par Louis Gallois, Ayrault propose donc une économie de 20 milliards mais cela passe non pas par un transfert vers la fiscalité tel qu'envisagé dans le rapport mais plutôt par une nouvelle contraction des dépenses publiques.

Personnellement je suis très dubitatif sur ce genre de dispositif qui revient, finalement, à faire un chèque en blanc aux entreprises, sans aucune contrepartie tangible. Par ailleurs, je suis d'autant moins favorable à celui-ci que cette recette a déjà été mise en oeuvre à de très (trop) nombreuses reprises par le passé, sans effet réel sur l'emploi.

 

- Modification des taux de TVA

Alors que les socialistes critiquaient vivement le mécanisme de "TVA sociale"

 

 

- Faciliter le financement des PME

 

 

 

- Favoriser la formation des jeunes par l'apprentissage

De même que le financement des PME, l'apprentissage des jeunes est une antienne bien connue des Français. De fait, chaque gouvernement prône l'apprentissage comme si cela était la solution à tous nos problèmes. Effectivement les formations aux alternances permettent aux jeunes d'acquérir de l'expérience et d'allier théorie et pratique. Pour autant, cela ne garantit en rien un emploi à la sortie. Et ce d'autant plus en période de crise avec 5 millions de chômeurs.

 

Au final que ressortir-t-il de ces annonces du premier ministre ? Pas grand chose en réalité tant celles-ci sont des copié-collé de celles mises en oeuvre par le passé. Malgré toutes ses promesses, qui n'engagent il est vrai que ceux qui y croient, le président Hollande ne fait que suivre la voie empruntée par ses prédécesseurs de gauche comme de droite.

Le changement c'est maintenant ? Vraiment ?

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 17:46

Petit retour sur l'actualité de ces derniers jours sur la base d'articles parus dans le Journal du Dimanche (JDD) de cette semaine.

 

- Les patrons de l'Afep mènent la fronde contre le gouvernement

Ce sont donc les PDG des 98 plus grandes entreprises réunies au sein de l'Afep (association française des entreprises privées) qui ont lancé un appel à François Hollande dans le JDD du 28 octobre. Ceux-ci demandent notamment un choc de compétitivité pour le pays se traduisant notamment par une baisse du coût du travail de 30 milliards d'euros et une réduction des baisses des dépenses publiques de 60 milliards d'euros.

La pression du patronat sur les pouvoirs publics pour obtenir des avantages fiscaux n'est assurément pas nouvelle et ce mouvement n'en est qu'une nouvelle manifestation. Selon ces patrons, la baisse des charges sociales et des dépenses publiques serait donc la solution à tous nos problèmes et permettrait ainsi un retour de la croissance.

Je ne peux, bien évidemment, que m'inscrire en faux contre ce raisonnement simpliste. En effet, il faut savoir que le coût du travail d'un salarié français est le même que celui d'un allemand. D'autre part, d'importants efforts ont déjà été consentis en termes d'exonération de charges à hauteur de plus de 20 milliards d'euros par an. Sans compter l'ensemble des hausses d'impôts et de baisses des dépenses successives de ces dernières années.

En somme, ces remèdes ont déjà été testés et sont sans réel effet, hormis sur notre endettement et notre déficit. Continuer sur cette voie serait donc perdurer dans l'erreur et le dogmatisme. Et cela semble, malheureusement, le chemin emprunté par le gouvernement. Le changement, ce n'est vraiment pas pour maintenant ...

 

- Duflot à l'assaut des logements vides

Cécile Duflot, ministre du logement, a réaffirmé ce matin sur RTL sa proposition de recourir à la réquisition de logements privés inoccupés. Prévue par une ordonnance de 1945, la réquisition est un dispositif finalement peu utilisé depuis les années 1960, si ce n'est de manière homéopathique en 1994, 1995 ou 2001. Comme à son habitude, l'UMP s'est horrifiée de cette annonce et a dénoncé une mesure risquant de décourager l'investissement privé.

Bien que je n'apprécie que peu Cécile Duflot et les écologistes, je dois reconnaître que je suis agréablement surpris du travail de la ministre. Mais là n'est pas la question. Sur le sujet qui nous intéresse, à savoir la réquisition de logements vides, je crois effectivement que cette mesure peut être une bonne chose. Si celle-ci ne doit pas être appliquée de manière aveugle, il me semble intéressant de pouvoir la mettre en oeuvre pour lutter contre la crise du logement. En revanche, je crois que ce système de réquisition doit être appréhendé comme un dernier recours et non comme un outil de premier usage. Ainsi, la réquisition est malgré tout un outil lourd de conséquences qui s'oppose au droit de propriété et doit donc être utilisée avec parcimonie.

La crise du logement est toutefois un réel problème de société qui doit être pris à bras le corps par le gouvernement. Dans cet objectif, l'Etat doit ainsi impulser un vaste plan de construction partout dans le pays en soutenant les collectivités locales (communes ...). Cela permettrait ainsi de soutenir le secteur du BTP tout en diversifiant et densifiant l'offre de logement. Et parallèlement à cet effort massif de construction, des actions doivent être menées en faveur de la location, en agissant notamment sur le niveau des loyers mais aussi sur l'accompagnement et la protection des propriétaires qui se retrouvent parfois démunis face à des locataires récalcitrants.

 

- La Justice une nouvelle fois coupable

Les relations entre policiers et magistrats ne risquent pas de s'arranger de si tôt. En tout cas, la récente erreur d'un juge d'instruction ayant conduit à la libération du tueur de Saint-Ouen (Kodjou Ben Hodor) ne va clairement pas en ce sens. Pour ne pas avoir vu sa prolongation de détention renouvelée dans les temps, le détenu de la maison d'arrêt de Fresnes a donc pu retrouver la liberté en toute légalité.

Si cette erreur, ou plus vraisembablement cette faute professionnelle, attise les tensions entre police et Justice, celle-ci fait également croître le ressentiment envers les juges qui existe dans la population. En effet, et je ne suis pas le seul, une grande partie des Français considèrent que les juges font preuve d'un trop grand laxisme vis-à-vis des délinquants et criminels. Les exemples illustrant cette thèse sont légions et il serait trop long de tous les citer. En outre, ce sentiment est d'autant plus fort que le citoyen lambda est lui généralement sévèrement sanctionné pour des faits de moindre importance, en particulier en matière routière.

Si l'on ne peut évidemment pas généraliser, il apparaît malgré tout qu'une partie des magistrats de notre pays contribuent, de manière plus ou moins consciente, à créer un sentiment d'impunité pour certains et d'inégalité pour d'autres. En conséquence, et afin de garantir la sécurité de chacun, il me semble impératif que la Justice fasse preuve de plus de sévérité dans les décisions qu'elle rend. De même, je crois qu'il est nécessaire que les juges puissent être réellement sanctionnés en cas d'erreur ou de faute, comme c'est d'ailleurs le cas pour n'importe quel salarié. Dans cette optique, on ne peut donc que regretter que Christiane Taubira, davantage connue pour son laxisme que pour sa fermeté, soit l'actuelle locataire de la place Vendôme.

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