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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 09:01

Dans la continuité des articles sur mon projet pour Pont de Claix, voici donc un nouveau thème après l'éducation. Et j'ai choisi aujourd'hui de vous parler de démocratie participative.

 

Comme l'éducation, ce sujet compte beaucoup pour moi d'où sa place dans la série. Indéniablement il existe un fossé entre les citoyens et ses représentants. Fossé qui tend d'ailleurs à se creuser de plus en plus, notamment en raison des affaires qui défraient la chronique (Cahuzac, DSK, Bettencourt …). On voit apparaître alors un sentiment de défiance croissant vis-à-vis de la classe politique.

 

Et la première et principale conséquence de cela est bien évidemment l'augmentation constante de l'abstention lors des élections, hormis la présidentielle et les municipales qui sont relativement épargnées. Cela s'explique en particulier par l'importance donnée à ces scrutins mais également par la proximité, réelle ou ressentie, des élus de ces deux échelons.

 

Cela étant, ce n'est pas parce que les gens votent qu'ils s'intéressent à la chose publique et encore moins à la politique. Combien de personnes mettent un bulletin dans l'urne de manière aléatoire, en se basant sur des critères irrationnels voire déraisonnables ? Beaucoup trop à mon sens. Et je crois donc que c'est justement aux élus et autres acteurs publics de prendre ce problème à bras le corps afin de chercher à en inverser la tendance.

 

Et quoi de mieux pour réintéresser les citoyens à la vie publique que de les impliquer dans celle-ci ? Voila pourquoi il me semble nécessaire que ce projet comporte une partie relative à la participation citoyenne. Alors bien sûr on peut entendre bien des choses par "démocratie participative". A mon sens, cela ne doit pas consister à faire faire le travail du politique par la population (élaboration du projet, construction du budget …).

 

Concrètement de quoi s'agit-il ? Indéniablement les habitants sont au cœur de la ville et contribuent à son développement. En conséquence, il est clair que ceux-ci ont une bonne connaissance des problématiques locales. Et c'est donc sur cette connaissance qu'il faut s'appuyer par le biais de contacts directs et réguliers afin de faire remonter les problèmes et attentes aux élus. En ce sens, les visites de quartier et les réunions avec les habitants doivent être maintenues et développées. Car c'est généralement à l'occasion de ce type d'évènements, qui permettent un dialogue sans intermédiaire, que ressortent les informations les plus constructives.

 

Si ce pas en direction de la population est nécessaire voire indispensable, il apparait toutefois que cela ne touche pas l'ensemble des habitants, en particulier ceux qui ne fréquentent pas ce genre de réunions. Voila pourquoi, à l'heure du tout numérique, je crois qu'il est impératif de développer une web TV permettant la diffusion de ces évènements. Dans un premier temps, il s'agira de filmer les débats du conseil municipal et des commissions afin de permettre un accès en différé. Puis, par la suite, il pourrait être intéressant d'étendre cela à l'intégralité des réunions et débats publics. Enfin, en fonction des possibilités techniques, de la pertinence, de la demande mais également des coûts, il faudra envisager une diffusion en direct.

L'objectif est clairement de toucher, par ce nouveau média, une population qui ne s'intéresse  pas a priori à la vie de la commune, et en particulier les jeunes.

 

Puisqu'il est question de jeunes, force est de constater que leur intérêt pour la politique est, pour la plupart d'entre eux, assez limité, pour ne pas dire inexistant. Toujours dans cette optique de réappropriation de la chose publique, il me semble donc intéressant de réfléchir à la mise en place d'un conseil municipal des jeunes comme cela existe ailleurs. Celui-ci, composé de collégiens volontaires et élus, permettrait ainsi d'avoir un regard neuf sur la ville tout en développant l'esprit citoyen de ces conseillers municipaux en herbe.

 

Pour finir, j'évoquerai simplement un point qui me paraît fondamental lorsqu'il est question de démocratie participative. Je pense bien évidemment à la consultation directe de la population. Tous les six ans, les citoyens votent pour élire leurs conseillers municipaux sur la base d'un programme normalement connu de tous. Toutefois chacun sait que beaucoup d'élus prennent des libertés plus ou moins grandes avec celui-ci. Et cela peut se révéler très problématique lorsqu'il s'agit de mettre en œuvre une mesure d'ampleur qui n'était pas prévue. De même, la victoire aux élections ne signifie pas forcément l'adhésion de tous les électeurs à l'ensemble des propositions du candidat.

En conséquence, je crois que le recours au référendum local doit être sérieusement envisagé lorsqu'il s'agit de trancher des décisions structurantes et/ou qui engagent la commune sur le long terme (questions d'urbanisme, délégation à l'intercommunalité …). Il ne s'agit évidemment pas de solliciter la population sur tous les sujets mais bien de consulter les habitants sur les questions les plus stratégiques.

 

Si la démocratie participative peut être utilisée pour détourner l'attention, je crois au contraire que celle-ci constitue un enjeu de taille pour la politique locale dans la mesure où elle vise à impliquer davantage les citoyens dans la vie de leur commune. Si la gestion d'une ville ne doit pas se faire du haut d'une tour d'ivoire, il ne s'agit pas non plus de discuter toutes les décisions et les élus doivent conserver leurs prérogatives.

A mon sens la démocratie participative doit donc être un outil d'échange entre élus et citoyens visant à défendre au mieux l'intérêt général dans le respect des intérêts particuliers.

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 17:41

Une fois n'est pas coutume, l'européisme béat a une nouvelle fois frappé dos dirigeants politiques. Dernier épisode en date, la fuite dans la presse d'un texte rédigé par le PS dans le cadre de sa future convention sur l'Europe.

 

Tout est ainsi parti d'un document de travail du PS qui s'est "malencontreusement" retrouvé dans les médias. En soi cela n'a rien d'exceptionnel et arrive de manière très fréquente. En revanche, c'est le contenu même de ce document qui pose problème dans la mesure où il se révèle être une charge violente contre Angela Merkel et sa politique : "intransigeance égoïste de la chancelière Merkel", "bras de fer avec la chancelière de l'austérité et les conservateurs européens"

 

UMP et membres du gouvernement se sont alors empressés de réagir à ce non-évènement qui se résume ni plus ni moins à dire ses quatre vérités à la chancelière. Ainsi, la droite a sorti le panzerschreck en blâmant des propos irresponsables et honteux qui remettent en cause le fondement même de l'amitié franco-allemande. Celle-ci a d'ailleurs été rapidement rejointe par plusieurs ministres dont Manuel Valls qui se sont mis à hurler avec les loups.

 

Mais le pire était à venir puisque le PS a également effectué un énième rétropédalage afin de désamorcer un futur conflit en son sein. On voit alors bien que les plaies ouvertes à l'occasion du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel ne sont pas totalement cicatrisées, conduisant sur certains sujets à l'alliance de la carpe et du lapin.

 

Alors quels enseignements tiré de cette affaire ?

D'une part, et même si cela n'est pas nouveau, que le PS manque cruellement de courage politique et que ses responsables, en premier lieu François Hollande, n'hésitent pas à changer d'avis au gré des évènements. Enfin comme on dit, ce n'est pas la girouette qui tourne mais le vent.

 

D'autre part,  et c'est peut-être là le plus important, qu'il est impossible d'émettre la moindre critique sur l'Allemagne. On a ainsi rapidement vu se répandre le terme de "germanophobie", comme si le seul fait d'exprimer un désaccord conduisait à détester l'autre. Les accusations en irresponsabilité faites aux détracteurs de Merkel vont d'ailleurs en ce sens.

Dans notre pays, le seul comportement visiblement toléré par nos dirigeants vis-à-vis de notre voisin semble donc être la complaisance voire même la vassalité. Toute critique, somme toute légitime et fondée, paraît donc impossible au risque d'être vilipendé.

 

Parallèlement à cela, on peut également remarquer que nos bien-pensants invoquent généralement notre Histoire, même de manière déguisée ou indirecte, pour jeter l'anathème sur ceux qui osent contester la suprématie allemande. Or ce n'est pas parce que nous avons connu la guerre avec ce pays par le passé, guerre déclenchée par celui-ci d'ailleurs, que nous devons aujourd'hui nous soumettre à toutes ses volontés. Evoquer sans cesse ce conflit mondial dans ce dossier me semble complètement hors de propos et n'est finalement qu'une manœuvre éhontée pour fuir le débat.

 

Indéniablement nous avons le droit de critiquer l'Allemagne pour la politique économique égoïste qu'elle mène. Evidemment nous avons le droit de contester l'hégémonie de l'Allemagne au niveau européen. Nécessairement nous avons le droit de remettre en cause ce diktat de l'austérité et de la rigueur qui appauvri les peuples d'Europe. Et c'est justement en raison de notre Histoire commune que nous avons le devoir d'être en pointe sur ces sujets. Si ce n'est pas la France qui peut faire entendre raison à l'Allemagne alors il est probable que personne ne le pourra. Et c'est clairement au nom de cette sacro-sainte amitié franco-allemande que nous devons avertir notre allié de l'impasse socio-économique dans laquelle il se dirige.

 

Malheureusement, ce n'est vraisemblablement pas la voie que semble emprunter François Hollande. Bien au contraire puisque celui-ci, malgré ses promesses de "réorientation de l'Europe", s'est inscrit dans les pas de Nicolas Sarkozy en prêtant allégeance à la chancelière et à l'Union Européenne. Et il est assez risible de voir le PS vouloir mener une fronde contre Merkel alors même que ce parti, tout comme l'UMP d'ailleurs, a voté l'ensemble des traités européens ayant conduit à cette situation  et ignorant de fait le Non des Français au référendum de 2005.

 

Comment seulement envisager de changer les choses en refusant tout affrontement direct ? Depuis trop longtemps nous menons une politique timorée vis-à-vis de l'Allemagne qui est mis sur un piédestal alors même que son modèle de développement n'est possible qu'en raison de la structuration des économies des autres nations européennes. Seule l'Allemagne n'est donc rien tant elle est dépendante de ses voisins, en  particulier pour ses exportations.

 

Comme je l'ai exprimé à de maintes reprises, je ne crois pas que le couple franco-allemand, si tant est qu'il existe encore aujourd'hui, soit la seule option viable. Je considère au contraire qu'une autre voie est possible en direction des pays du sud de l'Europe avec qui nous avons davantage en commun. Peut-être faudrait-il alors mettre un terme à cette "germanophilie" à outrance et ouvrir enfin les yeux sur ce qu'est réellement la situation de l'Union Européenne …    

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 17:40

 Alors que la côte de popularité de François Hollande est au plus bas, un sondage paru dans le JDD du 28 avril nous apprend qu'une très large majorité de Français (78 %) sont favorables à la constitution d'un gouvernement d'union nationale. Mieux, ce panel prône à 47 % l'entrée de François Bayrou dans cette équipe gouvernementale.

 

Notre pays n'ayant pas connu de tel gouvernement depuis de Gaulle, il est assez surprenant de voir émerger une telle hypothèse. Cela étant, on peut remarquer que plusieurs de nos voisins ont récemment eu recours à cette méthode, ce qui a pu inspirer nos compatriotes ou tout au moins les instituts de sondage. Il en est ainsi de l'Italie où le dirigeant de gauche Enrico Letta vient juste de former un gouvernement réunissant les principales forces politiques du pays (le Parti Démocrate de Bersani, Peuple De la Liberté de Berlusconi et les centristes de Monti). Sans oublier l'Allemagne et sa coalition CDU/SPD en 2005 lors du premier mandat d'Angela Merkel. 

 

Hormis ses considérations internationales, on peut malgré tout penser que le contexte franco-français joue un rôle non négligeable dans les résultats de ce sondage. Indéniablement François Hollande déçoit. Et ce ne sont pas ses gesticulations stériles sur le mariage homosexuel qui vont rassurer la population. De fait, se concentrer sur des questions sociétales clivantes n'est pas forcément le plus judicieux en temps de crise économique, d'autant plus que le chômage et le pouvoir d'achat sont connaissent une évolution inversement proportionnelle.

 

Face à cette déception, certes légitime mais prévisible, les Français interrogés semblent donc exprimer la volonté d'un réel changement. Assez logiquement l'UMP ne remporte pas les suffrages, notamment en raison du spectacle pitoyable qu'elle offre (élections internes, comportements autour du mariage pour tous …) mais également de ses précédents échecs lors de ses récents passages au pouvoir.

A l'inverse, Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche ne rencontrent pas le succès auquel on pourrait s'attendre. Alors que le PS a entamé le tournant de la rigueur dès le début de son mandat, la camarade Jean-Luc n'arrive visiblement pas à capitaliser sur le rejet du pouvoir en place.  En fait, seul le Front National réussit à tirer son épingle du jeu, notamment grâce à la figure de Marine Le Pen et au contexte on ne peut plus favorable du "tous pourris".

 

Cela étant, ce sondage met en avant un scénario d'union nationale et non pas d'une simple alternance, ce qui n'est pas neutre et peut vouloir signifier plusieurs choses.

D'une part, il est clair que la situation du pays préoccupe les Français qui veulent donc que l'ensemble de la classe politique prenne les problèmes de la nation à bras le corps. D'où cette volonté de rassembler les grands partis en un seul gouvernement.

D'autre part, cela laisse entendre que la confiance dans les principaux partis s'est amoindrie et que leur capacité à changer la vie est donc sérieusement mise en doute. Bref, l'enseignement de cette étude pourrait être : plutôt que de continuer avec un parti (PS ou UMP) que l'on connaît et qui a déjà échoué, pourquoi ne pas essayer de tous les mélanger ?

 

En ce sens, l'arrivée en tête du sondage de François Bayrou n'est que peu surprenante. De fait, celui-ci bénéficie d'une relative "virginité politique" n'ayant pas été au pouvoir ces dernières années. Bayrou incarne donc un certain renouveau mais également une constance et une rigueur morale, notamment à la suite de son échec de 2012. Plus encore, de par son positionnement même et ses propos sur la rénovation politique ou la dette, le leader du Modem apparaît comme visionnaire sur ces sujets.

Cela étant, la réalité n'est pas aussi rose concernant Bayrou et les Français ont malheureusement la mémoire courte. Ainsi, peu de gens se souviennent qu'il fut ministre de Jacques Chirac et donc comptable de son bilan. De même, si les constats étaient bons, les solutions économiques proposées lors des campagnes présidentielles se résument à une politique européiste de rigueur. Soit exactement la même chose que sous Nicolas Sarkozy et François Hollande. N'oublions pas d'ailleurs que le succès du centriste en 2007 n'est pas imputable en totalité à son programme et sa personne mais doit au contraire beaucoup au rejet de ses deux adversaires de l'époque, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

 

Mais laissons là François Bayrou et revenons-en à ce qui nous préoccupe aujourd'hui.

Malgré ce sondage encourageant, il est très probable voire même certain que François Hollande ne remaniera fondamentalement son gouvernement. Au pire, on assistera à quelques ajustements afin de tenir compte du contexte actuel mais rien ne laisse présager un gouvernement d'union nationale. Et cela est somme toute logique car rien ne justifie une telle chose. Certes la situation économique et financière du pays est préoccupante mais pas au point de tout changer. A mon sens, seul un évènement d'une extrême gravité comme une guerre par exemple pourrait légitimer un tel scénario.

D'un point de vue plus politicien, la gauche étant arrivée au pouvoir après des années dans l'opposition, il serait incompréhensible que celle-ci se dépossède de son propre pouvoir, et cela d'autant plus qu'elle possède la majorité au Parlement.

 

Si la gauche refuse logiquement un gouvernement d'union nationale, il faut toutefois remarquer que les autres partis rejettent également cette possibilité. Car ceux-ci auraient davantage à perdre qu'à gagner. Le refus du FN, qui se veut hors du système et qui a de profondes divergences de fond avec le PS, est ainsi sans surprise. En revanche, et sur un modèle à l'italienne, l'UMP aurait pu adopter une position différente en jouant la carte de l'intérêt supérieur de la nation et donc en retournant la situation à son avantage. Cela aurait évidemment été sans risque dans la mesure où le PS n'aurait pas accepté cette offre.

 

Pour autant, le fait même de laisser la porte ouverte à une telle proposition pouvait mettre l'UMP en difficulté. De fait, il est difficile d'expliquer que l'on va finalement s'allier avec le parti que l'on n'a cessé de critiquer pendant des années. Difficile certes mais pas impossible, notamment en période de crise. En revanche, faire partie d'un même gouvernement suppose de s'accorder sur un programme commun, même réduit au minimum. En particulier au niveau fiscal et économique puisque ce serait l'enjeu principal d'un tel gouvernement.

 

Et c'est justement là que le bât blesse. Car les Français se rendraient enfin compte que le PS et l'UMP sont tous deux adeptes de la même pensée économique et que les politiques qu'ils mènent ne sont donc pas si différentes. Malgré les apparences, PS et UMP défendent le système économique et financier actuel sans aucune volonté de le réformer. Ce ne sont ni plus ni moins que des gestionnaires de la rigueur et de l'austérité. En fait, comme disait Philippe Séguin, l'UMP et le PS sont les deux détaillants d'un même grossiste : l'Union Européenne …

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 18:10

 

 

Comme je l'ai récemment annoncé, je mène actuellement une réflexion autour de ma ville afin d'aboutir à l'élaboration d'un projet pour Pont de Claix. Ayant décidé de structurer mes idées en thèmes, il me fallait donc en choisir un pour commencer la série.

Et mon choix c'est naturellement porté sur l'éducation qui est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Et ce sujet est d'autant plus important qu'il concerne nos enfants et leur avenir. Aussi, il me semble indispensable que l'éducation soit au cœur du projet de ville.

 

L'éducation est à la fois un sujet vaste et complexe qu'il est clairement impossible d'appréhender dans sa totalité au niveau communal. En revanche, il apparaît que des actions sont bien évidemment réalisables à cet échelon. A mon sens, il est nécessaire d'agir à trois niveaux : la petite enfance, l'école et le collège.

 

Commençons tout d'abord par la petite enfance. Indéniablement la vie en collectivité est un facteur de développement non négligeable pour les enfants. Voila pourquoi il me semble indispensable de chercher à promouvoir la socialisation de l'enfant dès son plus jeune âge en permettant leur accueil en maternelle dès trois ans.

Par ailleurs, des actions doivent être menées en amont même de la maternelle, au niveau des modes de garde des tout-petits. Notre pays dispose d'un fort taux de natalité qui est une clairement chance. De même, nous avons un taux important de femmes conciliant vie professionnelle et vie personnelle. Cela est notamment possible grâce à la qualité de nos structures de garde des jeunes enfants. Afin de conserver voire d'accroître ces spécificités, il faut œuvrer au développement de ces structures. Pour cela, il faut agir sur les crèches en créant de nouvelles places mais également sur le nombre d'assistantes maternelles en aidant par exemple au financement de la formation.

 

Continuons maintenant avec l'école primaire. Ecole primaire qui est actuellement au cœur des débats avec la réforme des rythmes scolaires. Indéniablement cette réforme aura un impact fort sur les communes en termes d'organisation et de finances. Cela étant, le nouveau temps périscolaire ne doit pas se limiter à une simple garderie. Je crois au contraire que celui-ci doit réellement être mis à profit dans l'intérêt même des enfants. Ainsi, je pense qu'il est préférable pour tous, enfants comme parents, que la journée "officielle" d'école continue à se terminer systématiquement à 16h30. Le temps ainsi dégagé pouvant être consacré à de l'aide aux devoirs ou du soutien scolaire, voire plus ponctuellement à des activités culturelles ou sportives.

En parallèle de ce "chantier obligatoire", d'autres mesures peuvent être envisagées afin d'améliorer les conditions de travail. La question des effectifs est ainsi clairement posée à ce stade. Chacun peut constater que le nombre d'élèves par classe tend à augmenter alors même que le niveau diminue dans le même temps. Nier le lien entre ces deux constats serait incompréhensible, voila pourquoi il faut cherche à limiter les effectifs à une vingtaine d'élèves par classe, en particulier dans les plus petites classes où se joue une grande partie de leur future scolarité avec l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul.

 

Voyons ensuite la question du collège. Une des spécificités de Pont de Claix héritée du passé est la présence de deux collèges sur le territoire communal. Malheureusement, et en particulier du fait d'une stagnation de la population, cette spécificité est sérieusement remise en cause. Si certains arguments peuvent être entendus, je crois malgré tout que la disparition d'un des deux établissements serait une erreur qui coûterait cher à terme, notamment dans une perspective de future croissance démographique. Cela conduirait ainsi à une augmentation des effectifs et à une dégradation des conditions de travail pour les élèves et les enseignants pour des raisons purement comptables. En conséquence, il me semble indispensable de mener des concertations avec les acteurs en présence avant de prendre toute décision. Mais je crois que c'est à l'équipe municipale de mener le combat pour conserver ses deux établissements.

 

Terminons enfin par un sujet plus transverse. Aujourd'hui le niveau général des élèves est clairement en baisse. De même, les inégalités de niveau entre enfants se creusent davantage, renforcées en cela par le recours massif de certaines familles qui le peuvent à des cours privés. Pont de Claix n'échappe évidemment pas à ce phénomène et connaît ainsi un grand nombre d'élèves avec d'importantes difficultés, et ce dès le plus jeune âge.

Venir à bout de toutes ces difficultés serait certes illusoire mais se résigner face à l'ampleur de la tâche n'est pas pour autant une option envisageable. Chacun à son niveau doit donc œuvrer dans la lutte contre l'échec scolaire et la commune a aussi son rôle à jouer. Cela passe notamment par la généralisation d'une offre de soutien scolaire gratuite pour les élèves de la ville qui en auraient besoin. L'objectif étant évidemment de permettre un plus large accès au savoir sans considération de revenus, bref de démocratiser et de rendre plus accessible la connaissance. On ne peut clairement pas se satisfaire d'avoir une école à deux vitesses qui fiat le jeu de sociétés privées. Voila pourquoi je crois que c'est aux institutions publiques d'agir afin de sortir de logiques purement financières.

 

Afin de donner la possibilité à tous nos enfants d'acquérir les savoirs indispensables pour leur avenir dans les meilleures conditions possibles, il me semble donc nécessaire de :

            - développer nos structures d'accueil de petite enfance par la création de places en crèches et la formation de nouvelles assistantes maternelles

            - adapter la réforme des rythmes scolaires pour proposer de vraies activités au services des enfants

            - limiter le nombre d'élèves par classe en maternelle et primaire

            - se mobiliser pour le maintien de deux collèges sur la commune

            - lutter contre l'échec scolaire en offrant gratuitement des heures de soutien scolaire

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 18:50

 

 

Comme je l'expliquais dans un précédent article, c'est avec un œil différent que je (re)découvre la politique locale et plus particulièrement au niveau municipal. Dans une optique de réelle compréhension, j'ai décidé de m'intéresser encore davantage à la vie de ma commune. Ainsi, et dans la mesure du possible, j'essaie d'assister à la plupart des réunions publiques, et notamment celles relatives à l'élaboration du PLU (Plan Local d'Urbanisme) qui constitue un enjeu de taille pour la ville et ses habitants.

 

C'est d'ailleurs cette concertation autour du PLU ainsi que les récents projets de l'actuelle majorité qui m'ont poussé à aller plus loin dans ma réflexion. Ayant toujours habité à Pont de Claix, j'ai pu constater, certes de loin, les différentes évolutions de la ville.

Mais ce n'est qu'en 2008, à l'occasion des précédentes élections municipales, que j'ai vraiment pris conscience de l'importance des décisions municipales. S'agissant de mon premier vote, ce qui revêtait une grande importance pour moi, je me devais de faire le "bon choix", ou tout du moins le meilleur possible. Voila pourquoi j'ai assisté aux réunions publiques organisées par les listes en compétition, cela afin de m'éclairer dans ma décision et de me forger ma propre opinion.

 

A l'époque j'avais donc à trancher entre les trois listes qui se présentaient. Plus qu'à l'étiquette (communiste, socialiste, droite), c'est davantage au programme que je me suis intéressé. Si j'avais à me décider entre trois projets, il apparaît que je ne m'étais jamais interrogé sur ce que je voulais pour la ville, sur ce que j'attendais de la future majorité. Et cette question ne m'a jamais vraiment retraversé l'esprit avant cette histoire de PLU. Depuis, ma pensée sur le sujet se construit et se structure peu à peu.

 

Bien que cette réflexion ne s'inscrive pas complètement dans le thème de ce blog, j'ai néanmoins décidé de la partager ici. Par ailleurs, et les prochaines élections municipales approchant à grand pas, c'est sous la forme d'une sorte de programme structuré en grands thèmes que je publierai l'état de mon cheminement idéologique.

Ces écrits constitueront une base de travail qui sera bien évidemment susceptible d'évoluer et d'être enrichie, notamment par le biais du débat. De même, il s'agit là d'un projet global, d'une direction à emprunter et non forcément d'une liste exhaustive de mesures formelles.

 

Je vous donne donc rendez-vous très vite pour le premier article d'une série consacrée à ce projet.

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 22:25

Du fait de son histoire, la France est composée de différents échelons administratifs, péjorativement appelé millefeuille (communes, cantons, départements …). Plus récemment, d'autres étages sont venus s'ajouter à ceux existants en raison de nouvelles configurations : communautés de communes, métropoles … Sans oublier bien évidemment les niveaux national et européen qui chapeautent le tout.

Bref, tout cela a abouti à la multiplication des effectifs, des normes, des impôts ainsi qu'à l'enchevêtrement voire la redondance des compétences. Indéniablement une réforme de ce système est nécessaire afin de simplifier une articulation parfois saugrenue. Personnellement, je suis attaché aux départements et suis donc opposé à leur suppression comme cela est envisagé. En revanche, les cantons voire les régions sont peut-être d'une utilité discutable. Mais là n'est pas la question.

 

A chaque échelon donc son administration et ses élus. Elus qui ont normalement pour mission de traiter les enjeux correspondant à leurs fonctions. Depuis que je m'intéresse à la politique, mon attention s'est portée essentiellement sur le national. Cela s'explique en grande partie par le fait que c'est justement à cette échelle que sont fixées les grandes orientations du pays (modèle économique, système fiscal, politique étrangère …) qui influent sur notre vie. A mon sens, c'est donc à ce niveau que se joue la Politique avec un grand "p", que se dessine et décide notre modèle de société.

 

A l'inverse, j'ai longtemps considéré la démocratie locale avec dédain. Je pensais que les questions d'ordre local, et en particulier communal, se résumaient à l'installation de poubelles ou la construction d'aires de jeux.

En réalité, je me trompais. Car les enjeux locaux sont finalement bien plus stratégiques qu'il n'y parait. Plus que des problèmes de poubelles ou de parcs, ce sont des questions de transport ou d'urbanisme par exemple qui sont abordées avec des conséquences parfois majeures sur le quotidien. En somme, les thématiques sont certes différentes mais pas forcément moins intéressantes ni importantes.

On pourrait d'ailleurs, d'une certaine manière, faire une comparaison avec le monde de l'entreprise où l'échelon national correspondrait au niveau de la direction stratégique et le local au niveau opérationnel. Ainsi, chaque strate de décision a son importance dans le système global et tous deux sont étroitement liés. Chacun a donc besoin de l'autre pour fonctionner pleinement.

 

Si les Parlementaires sont donc indispensables à la bonne marche de notre pays (encore que l'Assemblée nationale se transforme de plus en plus en chambre d'enregistrement du fait de l'UE), il n'en reste pas moins que les élus locaux revêtent également une importance non négligeable, et en particulier les élus municipaux.

Cet attachement pour l'échelon communal est d'ailleurs nettement perceptible au travers de la forte participation (ou de la faible abstention selon les points de vue) aux élections municipales. De même, il apparaît que le maire est généralement le personnage politique préféré des Français.

 

Les raisons d'une telle affection sont finalement assez simples : la proximité et le concret.

La proximité tout d'abord. Décuplée dans nos villages où tout le monde se connaît, la proximité du maire avec ses administrés est généralement forte avec une importante présence sur le terrain et pas uniquement en période électorale.  Ainsi, les habitants d'une ville, même si cela est moins vrai pour les grosses métropoles, peuvent s'identifier assez aisément à leurs élus municipaux et tisser des liens plus étroits qu'avec des élus d'autres échelons.

Le concret ensuite. Indéniablement, les enjeux municipaux sont plus parlants pour nos concitoyens que la crise de l'euro ou la relance par la demande. Il est ainsi plus simple d'en saisir tous les tenants et aboutissants même si, reconnaissons-le, certains projets d'urbanisme tendent à se complexifier. Par ailleurs, les actions et résultats d'une équipe municipale sont visibles à plus courte échéance. De fait, l'avancée de la construction d'une école s'appréhende nettement mieux que l'impact de mesures socio-économiques sur le chômage ou le pouvoir d'achat.

 

On pourrait également ajouter un troisième élément à ces deux premiers. Mais celui-ci n'est pas forcément valable partout et pour tous. En revanche, je suis convaincu qu'il est un point essentiel de l'action municipale. Je pense ainsi au contact avec le réel, à la connaissance de la réalité. On le voit aujourd'hui, avec l'affaire Cahuzac par exemple, une (très) grande partie de la classe politique française évolue dans un monde complètement différent de celui de la majorité de la population. Malgré des visites de terrain (mais de quel terrain parle-t-on ?), nos gouvernants n'ont malheureusement pas  toujours conscience du quotidien des Français. Ce qui explique d'ailleurs parfois, outre le dogmatisme, l'incongruité des décisions prises.

A l'inverse, les élus municipaux sont, la plupart du temps et hormis dans les grandes villes, des citoyens comme les autres. On retrouve alors l'esprit de la célèbre formule d'Abraham Lincoln : "le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple".

 

Bien que je pensais le contraire il y a quelque temps, je suis maintenant persuadé que le mandat de conseiller municipal est une expérience hautement enrichissante. Celui-ci permet ainsi prendre part à la vie de la cité en restant en lien constant avec le terrain donc avec les habitants et leur réalité. De même, cela permet de mieux appréhender le fonctionnement d'une commune (budget, emploi, fiscalité …) tout en participant à son développement.

 

Si mon engagement politique se limitait dans un premier temps à des débats entre amis et à l'écriture d'articles sur ce blog, j'ai franchi un premier pas l'année dernière en prenant ma carte dans un parti politique. Au final, et pour diverses raisons, cet acte s'est résumé à un soutien purement financier.

En revanche, plus le temps passe et plus je ressens l'envie de me confronter à la réalité de la politique. En ce sens, le mandat de conseiller municipal pourrait être une possibilité à envisager sérieusement. Voila pourquoi, et même si cela ne reste qu'une hypothèse, je commence petit à petit à réfléchir à un projet  pour ma ville.

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:40

Étant entré depuis quelques mois sur le marché du chômage de l'emploi, je constate avec regret que la réalité du monde du travail est bien conforme à l'idée que je m'en faisais. Pour être honnête, il ne s'agit pas là de ma première expérience professionnelle puisque j'ai déjà effectué plusieurs stages en entreprise. En revanche, cela correspond à mon premier "vrai travail" en tant que salarié sur une durée significative.

 

Avant d'aller plus en avant, il est un reproche qui est souvent fait aux débutants, à savoir le manque d'expérience. Évidemment c'est un fait. Mais n'est-ce pas là le propre du débutant que de manquer d'expérience ? Et n'est-il pas paradoxal que les employeurs n'embauchent pas des jeunes sans expérience alors que ceux-ci ne sont pas prêts à leur laisser une chance de faire leurs preuves ? Autrement dit, comment acquérir de l'expérience si personne ne veut de vous justement parce que vous manquez d'expérience ?

 

Clairement cette question de l'expérience n'est pas nouvelle et concerne, a priori, l'ensemble des jeunes diplômés. Toutefois, cela devient d'autant plus problématique lorsque le marché du travail est maussade comme c'est le cas actuellement. De fait, en période de chômage de masse, les employeurs ont à leur disposition une flopée de candidats et pourront donc obtenir, relativement sans mal, un candidat confirmé.

 

La recherche d'un premier emploi est donc souvent un parcours du combattant semé d'embûches. Et cela peut devenir encore plus compliqué dès lors que la personne ne touche pas d'indemnités chômage, notamment en raison d'un manque de temps de travail du fait d'études prolongées. En conséquence de quoi, certains jeunes n'ont d'autres choix que d'accepter des emplois qui ne correspondent pas à leurs attentes, que ce soit en termes d'activité, de niveau de qualification ou de rémunération.

 

On voit alors apparaître, ou plus exactement se développer, un chantage à l'emploi. Pour faire court, cela revient à ce que l'employeur accepte d'embaucher un jeune à condition que celui-ci fasse des concessions de son côté sur les conditions de travail (volume horaire, salaire …). 

Mais ce chantage ne concerne évidemment pas que les jeunes puisque toute la population est aujourd'hui susceptible de se retrouver dans ce cas. Face à un afflux massif de candidatures, les employeurs se retrouvent ainsi en position de force pour imposer leurs exigences. Et, sans surprise, ce phénomène conduit irrémédiablement à une révision à la baisse des salaires.

 

Il apparaît toutefois qu'accabler uniquement les employeurs serait malhonnête de ma part. Il est vrai qu'une grande partie d'entre eux n'ont que peu de respect pour leurs employés qu'ils considèrent davantage comme un coût que comme une ressource. Il est vrai aussi que certains d'entre eux n'hésitent pas à exploiter les salariés et à les payer à coup de lance-pierres.

Mais dans la relation employeur/employé, il y a bien deux acteurs. L'employeur d'une part, avec toutes les "qualités" qu'on leur connaît. Mais également l'employé que l'on a tendance à trop souvent oublier.

Or si les patrons ne sont pas tout rose, les salariés ne le sont pas forcément non plus. Je ne parlerais pas ici des comportements inappropriés de certains employés ou des fautes que ceux-ci commettent car ce n'est pas le sujet de cet article.

 

Mon propos initial, et j'y reviens, concerne davantage la relation des salariés à leur travail en tant qu'individu. Clairement chaque personne est différente et a un parcours qui lui est propre. Et ce qui est valable au niveau personnel, l'est aussi dans le domaine professionnel.

Pour autant, il apparaît que des profils-type se dégagent et reviennent de manière récurrente quelles que soient les entreprises.

 

Ce qui m'intéresse aujourd'hui est de constater les différences qui existent, en particulier par rapport au temps de travail. Depuis que je travaille (stages compris), j'ai toujours veillé à ce que ma vie professionnelle n'empiète pas sur ma vie personnelle. En conséquence, j'essaie, dans la mesure du possible, de toujours effectuer des horaires raisonnables en ne partant pas tard le soir. Dans mon emploi actuel, j'effectue généralement 40 heures par semaine, le tout en partant la plupart du temps vers 17h00. Et cela ne m'empêche en aucun cas d'effectuer les tâches qui m'incombent, bien au contraire.

 

A l'inverse, je connais des personnes qui effectuent des semaines de plus de 50 heures et quittent leur travail le soir bien longtemps après moi (19h, 20h). En discutant avec ces personnes, celles-ci nous expliquent généralement qu'elles n'ont pas le choix, qu'elles sont obligées. Si je peux comprendre que certaines périodes soient plus chargées que d'autres, nécessitant alors un surcroît de travail temporaire, ces explications ne tiennent pas la route lorsque la personne en question enchaîne les 7h-19h tout au long de l'année.

 

Pour moi l'individu est libre de ses choix et doit donc les assumer, sans se chercher constamment des excuses. Partout, des milliers de personnes privilégient leur carrière aux dépens de leur vie de famille. C'est un choix personnel qui leur appartient. Je connais des gens qui ont annulé leurs vacances au dernier moment pour retourner au boulot. Je connais des gens qui travaillent chez-eux le week-end, en plus de leur semaine de travail. Bref, je connais des gens qui vivent pour travailler.

Ce n'est évidemment pas ma conception de la vie. Oui le travail peut-être une source d'épanouissement. Oui le travail est un vecteur de lien social. Mais non le travail ne doit pas être l'unique préoccupation d'une personne. Pour être quelque peu caricatural, deux raisons principales me poussent à travailler : occuper mes journées et bien évidemment gagner de l'argent pour pouvoir manger. Si certains aspirent à un (très) gros salaire ou de (très) importantes responsabilités, je ne demande, personnellement, qu'à avoir un travail intéressant, suffisamment payé pour vivre correctement et qui me laisse du temps libre.

 

Comme je le disais plus haut, chacun a sa propre perception du travail. Mais, comme dans d'autres domaines, il est nécessaire de respecter l'autre en ne cherchant pas à imposer sa vision des choses. C'est pourquoi il me semble impératif de conserver un socle légal commun de droit du travail et donc de ne pas donner toute latitude aux négociations entre syndicats et patronat comme le souhaite François Hollande. La législation actuelle, à savoir une durée légale du travail de 35 heures par semaine avec des heures supplémentaires majorées possibles, me semble être une bonne chose.

Si beaucoup, notamment à droite, fustigent les fameuses 35h, je crois au contraire qu'il s'agit là d'une réelle avancée sociale pour les salariés qui leur ont permis d'avoir davantage de temps libre. D'ailleurs, rien n'empêche de travailler plus dès lors que la durée maximale est respectée.

 

Il faut toutefois noter que, parallèlement à cette durée légale, de nombreux dispositifs dérogatoires existent. Je pense notamment au forfait cadre auquel je suis soumis. Ainsi, je dois effectuer un minimum de 37h45 par semaine dont 2h45 (soit la différence à 35h) sont obtenues sous forme de RTT. Le reste, c'est-à-dire toutes les heures effectuées au-delà de ce minimum de 37h45 ne sont évidemment pas payées. Officiellement la rémunération brute est majorée afin de tenir compte de ces fameuses heures en plus. Mais cela est un leurre et il serait clairement plus intéressant d'être aux 35 heures et que ces heures supplémentaires soient réellement payées.

 

Le forfait cadre est donc indéniablement une escroquerie nationale qui consiste à travailler plus pour gagner moins. Et plus largement le statut de cadre est un attrape-gogos puisqu'il ne s'agit que d'un "titre" qui induit davantage de responsabilités sans obtenir forcément les contreparties qui vont avec. Pire, j'ai déjà entendu certaines personnes invoquer le fait d'être cadre pour justifier un temps de travail excessif. En somme, je suis cadre donc il est normal que je travaille beaucoup. Avec de braves petits soldats comme ça, le patronat peut se frotter les mains …

 

Au final, la relation employeur/employé est par essence déséquilibrée en faveur du premier. Et sans un minimum de revendications ou de négociations, celui-ci arrivera, tôt ou tard, à faire pencher davantage la balance de son côté. Voila pourquoi je considère qu'il est indispensable de fixer des limites dès le début et de ne pas dire amen à toutes les volontés de son patron.

Certes la conjoncture n'encourage pas à cela mais plus les salariés de notre pays se soumettront et plus ils se braderont individuellement, plus les salariés au niveau global auront à perdre. C'est donc d'un sursaut général dont notre pays a besoin, afin que le droit des travailleurs ne soit pas bafoué comme c'est généralement le cas aujourd'hui.

 

Et dans cette nouvelle lutte des classes, car c'est bien de cela qu'il s'agit, les politiques ont clairement un rôle à jouer, notamment par le biais de la l'arsenal législatif et fiscal. Malheureusement pour nous, il semblerait bien que François Hollande, comme Nicolas Sarkozy  en son temps d'ailleurs, ait déjà choisi son camp. Et ce n'est visiblement pas celui des ouvriers …

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 09:12

La zone euro et le FMI ont trouvé samedi matin un accord sur un plan de sauvetage d'un maximum de 10 milliards d'euros pour Chypre, en échange d'une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires qui rapportera près de 6 milliards. Nicosie devient ainsi le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d'un programme d'aide internationale.

Mais, chose nouvelle, pour réduire leur participation, les bailleurs de fonds ont demandé à Nicosie d'instaurer une taxe exceptionnelle de 6,75 % sur les dépôts bancaires en deçà de 100 000 euros, et de 9,9 % au-delà de ce seuil, ainsi qu'une retenue à la source sur les intérêts de ces dépôts. Ces prélèvements devraient rapporter au total 5,8 milliards d'euros, a indiqué samedi le chef de file de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. À ces taxes s'ajoutent des privatisations et une hausse de l'impôt sur les sociétés, qui passera de 10 à 12,5 %.

Source : lepoint.fr

 

Sauve qui peut ! Voila qui pourrait résumer les scènes de cohue aperçues ces derniers jours à Chypre. En effet, depuis l'annonce de ce "plan de sauvetage", des milliers de Chypriotes se sont pressés aux guichets des banques pour vider leurs comptes bancaires, ce qui n'est pas sans rappeler la crise de 1929 durant laquelle des millions d'américains avaient fait de même.

Si cette mobilisation populaire massive est on ne peut plus logique et compréhensible, on peut malgré tout penser que ces efforts seront vains dans la mesure où les autorités auront sûrement pris leurs précautions pour contrecarrer ce phénomène.

 

Cela étant, il s'agit clairement d'une mesure singulière. Singulière au niveau européen dont c'est la première mise en œuvre. Mais singulière également sur le principe même de cette taxation. A mon sens, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une "spoliation (il)légale", pour ne pas dire un vol en bonne et due forme des citoyens.

Car c'est bien de cela dont il est question en vérité. De fait, toute personne ayant des avoirs domiciliés sur l'île s'en verra déposséder d'une partie sans pouvoir s'y opposer. De là à y voir une remise en cause du droit de propriété …

 

Si je suis favorable à un interventionnisme économique de l'Etat et si je peux entendre que des efforts sont nécessaires en temps de crise, je suis néanmoins farouchement opposé à ce procédé que je trouve malhonnête et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il apparaît que l'objectif premier est de venir en aide à des établissements financiers et bancaires. Or on peut remarquer que ce plan exclut une participation des créanciers privés par le biais d'un effacement de dette. Ainsi, seule la population sera mise à contribution. Ensuite, cette mesure est une fois de plus imposée par la troïka (UE, BCE, FMI) dans la droite ligne de leur politique d'austérité qui s'est révélée au mieux inefficace, au pire destructrice pour les économies européennes. Enfin il ne faut souligner que cet énième plan européen est la conséquence directe de la participation de Chypre au "sauvetage  de la Grèce", dégradant ainsi la situation du pays.

 

Une fois encore ce sont donc des institutions supranationales non élues qui se chargent d'imposer leur volonté ultralibérale aux peuples. Une fois encore ce sont les peuples qui sont sacrifiés sur l'autel du profit. L'UE et l'euro devaient nous apporter paix, croissance et prospérité. Mais c'est finalement tout le contraire que l'on nous sert aujourd'hui : troubles sociaux, misère et pauvreté sont devenus le quotidien de millions d'européens. Et au lieu d'une légitime et souhaitable remise en question, nos dirigeants persistent aveuglément dans leur dogmatisme.

 

A l'heure où j'écris ces lignes, ce plan n'a pas encore été adopté par le Parlement chypriote. Et visiblement rien n'est encore fait tant une majorité sera difficile à trouver. Espérons que les parlementaires sauront faire preuve de courage et de fermeté au moment de défendre leur souveraineté nationale. Plus que des considérations purement locales, c'est une partie de l'avenir de l'Union Européenne qui se joue aujourd'hui à Chypre. Car si cette mesure est adoptée, gageons que les technocrates de Bruxelles et Washington chercheront à la généraliser à toutes les nations d'europe. Et si cela arrive, comme cela arrivera probablement à plus ou moins longue échéance, alors il faudra s'attendre à une forte mobilisation des peuples. Mobilisation légitime qui risque même de se transformer en une révolte explosive avec les excès que cela peut engendrer.  

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 18:32

Ceux qui fréquentaient déjà ce blog au moment de la primaire socialiste connaissent ma proximité idéologique avec Arnaud Montebourg. Aussi, je ne peux que me réjouir de la joute verbale menée actuellement par le ministre du redressement productif contre le PDG du groupe Titan International.

 

Petit rappel des faits pour ceux qui auraient manqué un épisode.

Après plusieurs années de difficultés, Goodyear a annoncé fin janvier que l'usine d'Amiens-Nord serait fermée à court terme, laissant sur le carreau plus de 1000 salariés. Cette annonce a évidemment contraint le gouvernement à agir et Arnaud Montebourg a appelé le groupe Titan à revenir à la table des négociations malgré un précédent échec. Rien d'exceptionnel jusque là.

C'est en réalité la réponse de Maurice Taylor, PDG du groupe Titan, au ministre qui a mis le feu aux poudres. En effet, celui-ci n'a pas hésité, dans son courrier du 8 février, à fustiger ouvertement les ouvriers français (Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures) et la CGT (syndicat fou). Pire que son arrogance, classique des républicains américains, Taylor a fait preuve d'un cynisme démesuré : " Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins de 1 euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin".

Heureusement, et je l'en félicite, Arnaud Montebourg ne s'est pas dégonflé face à ce sinistre individu et l'a gratifié d'une réponse à la hauteur du courrier initial : "vos propos aussi extrémistes qu'insultants témoignent d'une ignorance parfaite de ce qu'est notre pays. Les compagnies [étrangères présentent dans notre pays connaissent et apprécient la qualité et la productivité de la main-d'œuvre française, l'engagement, le savoir-faire, le talent et les compétences des travailleurs français.".Mieux, Montebourg s'est laissé aller à quelques piques renvoyant clairement Taylor dans ses 22 : "Titan, l'entreprise que vous dirigez est vingt fois plus petite que Michelin, notre leader technologique français à rayonnement international, et trente-cinq fois moins rentable. Soyez assuré de pouvoir compter sur moi pour faire surveiller [...] avec un zèle redoublé vos pneus d'importation."

 

Au-delà de l'aspect "divertissant" qui enchante les médias, cette affaire me semble tout à fait révélatrice du système économique dans lequel notre pays évolue. En effet, c'est aujourd'hui Maurice Taylor qui est à l'origine de ces propos abjects mais bien d'autres patrons de grands groupes, français ou étrangers, auraient pu tenir le même discours. Et c'est bien là tout le problème de notre économie qui se trouve coupée en deux entre la base (ouvriers, employés …) qui permet la création de richesse et la coalition actionnaires-"top management" qui œuvrent à la défense de leurs intérêts propres en s'appropriant une partie toujours plus grande des richesses créées (dividendes, bonus …). Il est bien loin le temps de l'entreprise familiale gérée en bon père de famille et du patron paternaliste. Tout cela a laissé place à un capitalisme débridé et libéralisé à outrance.

 

Alors certains diront, Alain Minc le premier, que la mondialisation est une chance pour notre pays et que c'est à la France de s'adapter aux nouvelles contraintes économiques. Je m'inscris bien évidemment en faux contre ces propos. Comment peut-on encore aujourd'hui prononcer de telles inepties, sauf à être aveuglé par le dogmatisme ? Il n'y a qu'à voir les conséquences désastreuses de cette mondialisation (et de son cheval de Troie, l'union européenne) sur notre industrie. Allez donc demander à ces dizaines de milliers d'ouvriers licenciés pour cause de délocalisation ce qu'ils pensent de la "mondialisation heureuse" …

Dire que la mondialisation n'a que des inconvénients serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle. De fait, ce phénomène a permis, au moins en partie, d'avoir accès à de nouveaux marchés donc de nouveaux débouchés pour nos entreprises. Sans parler du développement exceptionnel de certains pays émergents.

 

Mais tout cela a bien évidemment un prix. Un prix parfois lourd à payer pour ceux qui en sont les victimes. Cela ne semble toutefois pas déranger notre cher Maurice Taylor. Bien au contraire, puisque celui-ci n'a aucun scrupule à exploiter la misère humaine en "achetant un fabricant de pneus chinois ou indien pour payer moins de 1 euro l'heure de salaire".

Car s'il est une caractéristique indéniable de la mondialisation, c'est bien cette mise en concurrence forcée des peuples du monde entier. C'est d'ailleurs par ce moyen, en recourant massivement aux délocalisations vers des pays à faible coût de main d'œuvre, qu'un grand nombre d'individus se sont enrichis. Je parlais dans un précédent article de l'esclavage. Et bien cette exploitation d'ouvriers chinois contraints de travailler durant des heures dans des camps de travail dans des conditions intolérables, le tout pour des clopinettes, n'est ni plus ni moins qu'une forme d'esclavage moderne (exemple de Foxconn, sous-traitant d'Apple).

 

Dans ce processus de course au moins disant fiscal, social et environnemental, la France est logiquement la grande perdante. De fait, et comme le dit très bien Taylor, "les Français sont trop chers à cause notamment de leurs avantages sociaux". Il est donc impossible de s'aligner sur la Chine ou l'Inde par exemple, sauf à remettre complètement en question notre modèle social, ce que certains libéraux rêvent de faire depuis des décennies. Mais outre le fait que cela n'est pas souhaitable, cela sera clairement vain dans la mesure où certains pays sans aucune réglementation sociale arriveront toujours à produire pour moins cher.

 

Mais plutôt que de niveler par le bas, pourquoi ne pas adopter le raisonnement inverse en cherchant à pousser les moins bons pour rattraper les meilleurs ? La réponse est simple : le profit. Car si les pays émergents se dotaient de réglementations plus contraignantes, il est certain que les conditions de vie et de travail des ouvriers s'amélioreraient, parallèlement à un accroissement des coûts de production donc une dégradation des bénéfices. Et ça les patrons n'en veulent pas. Pour eux seul l'argent compte comme le résume une fois encore à la perfection l'incroyable Maurice Taylor : "nous sommes ceux qui avons le carnet de chèques et vous nous dites que nous devons d'abord rencontrer les syndicats ? Vous êtes dingues".

 

Puisque le seul langage parlé par ces personnes est celui du dollar alors c'est au porte-monnaie qu'il faut taper pour se faire entendre. Et plus particulièrement par la fiscalité qui constitue l'arme de prédilection de l'Etat pour ce genre de besognes. Plusieurs mécanismes sont évidemment envisageables et doivent faire partie d'une réforme fiscale d'ampleur, notamment en ce qui concerne la taxation des revenus.

 

Mais plus largement c'est notre modèle économique et commercial qu'il faut repenser. Comme nous l'avons dit, la France mais également les autres nations européennes voire même occidentales ne peuvent plus faire face à la concurrence déloyale des pays émergents. De même, chercher à rivaliser serait à la fois vain et dangereux. Aussi, il me semble impératif de faire fi du dogmatisme libéral qui gangrène nos dirigeants pour en revenir à un réel interventionnisme d'Etat. Et par interventionnisme d'Etat je pense bien évidemment, dans le cas qui nous intéresse, au protectionnisme.

 

Longtemps honni officiellement par les organisations supranationales (OMC, FMI, UE), il n'en reste pas moins que de très nombreux pays du monde entier, pour ne pas dire la plupart d'entre eux, ont allègrement recours à des mesures protectionnistes de manière déguisée. Il ne s'agit plus de barrières douanières trop visibles mais plutôt d'un ensemble de mécanismes plus subtils et plus efficaces (sous-évaluation de la monnaie, appels d'offres biaisés, normes particulières …).

Or l'union européenne, sous prétexte de respecter une concurrence libre et non faussée (qui n'existe que dans les livres), se refuse à recourir à toute forme de protectionnisme malgré des déficits commerciaux abyssaux. Pire, invoquant la crise de 1929, les soi-disant experts économiques nous expliquent que la situation serait pire  du fait de mesures de rétorsion.

 

Une fois encore cela prouve que l'UE est gangrénée par un dogmatisme libéral qui ne tient en aucun cas compte des réalités (exemple des plans d'austérité à répétition qui aggravent les choses au lieu de les améliorer).

Si certains dirigeants politiques plaident pour un changement de cap, d'autres continuent à persister dans l'erreur. C'est notamment le cas de l'actuel et  du précédent gouvernement et plus largement d'une majorité des membres du PS et de l'UMP. Seuls perdurent quelques irréductibles qui cherchent à ouvrir les yeux à la population. Malheureusement pour nous, il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir …

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:12

Depuis plusieurs années, et en particulier sous Nicolas Sarkozy ministre de l'Intérieur puis président de la République, les problématiques de sécurité sont devenues un sujet majeur dans notre pays. Pour preuve, c'est ce qui a conduit, entre autres, à la défaite de Lionel Jospin en 2002 et à la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007.

 

Le thème de la sécurité n'est évidemment pas nouveau et tous les candidats, des maires aux députés en passant par les conseillers généraux et régionaux, se doivent d'aborder ce sujet sensible au risque de passer pour des laxistes en cas d'impasse. Du petit village de campagne à la grosse métropole urbaine, la (in)sécurité est donc partout.

 

Mais croire que celle-ci est l'apanage du XXIème serait bien évidemment une erreur. De tout temps, depuis la naissance de l'humanité en fait, l'Homme a cherché à se protéger et à protéger ses biens, que ce soit par ses propres moyens ou par le biais d'un "structure collective" (Etat, royaume …). En revanche, et cela paraît indéniable, ces questions sont devenues prépondérantes dans le débat public depuis peu.

 

Et c'est sur ces raisons qu'il me semble intéressant de s'interroger.

Sur ce thème, et bien d'autres d'ailleurs, la politique peut être assimilée à un marché avec une offre et une demande. L'offre est ici constituée d'une politique sécuritaire musclée (plus dans les paroles que les actes en réalité) de la part de la droite et une politique plus timorée venant de la gauche, tout du moins avant l'arrivée de Manuel Valls place Beauvau. En face, on trouve une demande de sécurité, à la fois des biens et des personnes, des électeurs.

 

Comme en économie, une des deux composantes du marché, à savoir l'offre et la demande, prend l'ascendant et entraîne l'autre. Dans notre cas précis, il apparaît que c'est la demande qui conditionne l'offre et non l'inverse. En effet, c'est dans une visée électoraliste et afin de répondre aux attentes de la population que les questions de sécurité sont si présentes. C'est justement en raison d'une demande de l'électorat que l'offre politique sur ce sujet s'est développée.

 

Sur bien des sujets, les positions des électeurs ne sont pas forcément rationnelles. Et la sécurité fait clairement partie de ces sujets là.  Mais est-ce à dire que les inquiétudes et requêtes des Français sont totalement déconnectées de la réalité ? En vérité non. Ou plutôt pas complètement. Indéniablement la France n'est pas le pays des Bisounours et dire que tout va bien dans le meilleur des mondes serait idiot. Chacun est bien conscient que chaque jour connaît son lot de meurtres, viols, vols … Pour autant, la France n'est pas un pays en guerre avec des crimes à chaque coin de rue. Il existe certes des zones de non droit ou des lieux plus sensibles que d'autres mais cela ne constitue pas la majorité des cas.

 

Cela étant, il faut bien reconnaître qu'une partie de la population vit dans la peur. Pas forcément dans la peur de ce qui leur arrive mais plutôt de ce qui pourrait éventuellement leur arriver. Et c'est cette nuance, fondamentale à mon sens, qui fait toute la différence entre insécurité bien réelle et sentiment d'insécurité.

 

Sans nier tout problème d'insécurité, qui n'est en rien une lubie populaire, il est clair que le sentiment d'insécurité fait des ravages dans les foyers. Aujourd'hui les gens sont plus méfiants et ont davantage peur qu'autrefois. Ce phénomène conduit alors à une demande de toujours plus de sécurité, notamment chez les particuliers. On voit alors se multiplier portails, barrières et digicodes comme si l'enfermement était la solution à tous les problèmes.

J'en prends comme exemple mon cas personnel. Je vis actuellement dans une copropriété dont la majorité des habitants sont des retraités. Le quartier est assez calme avec quasiment aucune nuisance ni dégradation hormis une voiture brulée à l'occasion. On est donc loin des cités remplies de dealers ! Pourtant, il nous a été proposé de fermer le quartier par des portails, justement pour des questions de sécurité. Soi-disant que cela rassurerait les gens et sécuriserait les lieux. Pire, j'ai même entendu certains résidents invoquer la peur de l'agression pour justifier ce projet. Preuve que parfois la peur annihile toute capacité de réflexion.

 

Le sentiment d'insécurité né donc et est entretenu par les peurs des gens. Peurs qui peuvent être légitimes par moment mais qui reposent parfois sur des réalités fantasmées. Comme je le disais précédemment, les gens sont aujourd'hui plus craintifs. Si les délinquants et criminels ne sont pas forcément plus nombreux qu'auparavant, il apparaît que leurs méfaits sont davantage connus. A l'ère du tout communication et en raison des évolutions technologiques, l'information se diffuse partout et plus vite. La moindre violence est donc connue de tous ce qui donne l'impression d'un accroissement de celle-ci. Il n'y a qu'à voir l'importance accordée aux faits divers dans les médias pour s'en rendre compte. Sans parler d'une partie de la classe politique, et notamment la droite et l'extrême droite, qui joue largement sur les peurs des gens pour récolter des voix.

 

L'action combinée des médias et des politiques à laquelle s'ajouter la réalité des faits conduit finalement à entretenir un climat de tension permanente au sein de la population et à cultiver un sentiment de méfiance générale aboutissant parfois à un recul net de la fraternité et de la solidarité.

 

Les questions de sécurité sont donc à la fois sensibles et complexes dans la mesure où il est nécessaire de traiter des problèmes concrets dans un contexte intellectuel particulier. Si certains jouent la carte de l'apaisement d'autres, dont c'est le fonds de commerce, n'hésitent pas en revanche à mettre de l'huile sur le feu pour des raisons purement électoralistes.

C'est donc pourquoi le sentiment d'insécurité, s'il s'agit d'un phénomène contemporain, a encore de belles années d'existence devant lui.

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