Sport/Culture

Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 17:18

Récemment Canal + diffusait un film réalisé par Antoine de Caunes : Yann Piat, chronique d'un assassinat.

S'agissant d'un film à forte consonance politique, j'étais assez impatient de le voir. Et je dois dire ne pas avoir été déçu. Bien au contraire. Et il est clair que la qualité des acteurs, et notamment Karin Viard, y est pour beaucoup.

 

Mais c'est surtout l'aspect politique de ce film qui m'a grandement intéressé. Avant cela, je ne connaissais pas du tout Yann Piat. Et je crois que c'est bien dommage. En effet, je pense que cette femme et son histoire devraient être plus connues du grand public et en particulier de la jeunesse qui souhaite s'engager dans la vie publique.

 

Évidemment ma seule source d'information sur Yann Piat est la fiction d'Antoine de Caunes. Or il est possible que celle-ci soit subjective et parcellaire donc mon opinion le sera peut-être également. Cette réservé étant posée, je crois malgré tout que ce film permet de se faire une bonne idée de la personnalité de Yann Piat.

 

Le moins que l'on puisse dire est que la vie de cette femme fut très, très mouvementée. Initialement membre du Front National par amitié pour Jean-Marie Le Pen, elle fut élue député du Var en 1986 puis réélue en 1988. Par la suite, elle fut exclut du FN et rejoint l'UDF avant de voir son mandat renouvelé en 1993. Tout au long de sa carrière, Yann Piat s'est battue contre la corruption et la collusion entre mafia et classe politique. Sa volonté de transparence et son entêtement à lutter pour la justice lui ont coûté cher puisque celle-ci fut assassinée le 25 février 1994.

 

Peut-être à tort, il me semble que Yann Piat fut une femme bien et digne d'admiration. En m'appuyant sur les éléments de ce film, je pourrais tout à fait prendre la députée du Var comme modèle. En effet, celle-ci possède toutes les qualités que j'apprécie chez une personnalité politique : courage, abnégation, constance ...

Ce qui m'a le plus marqué chez cette femme c'est sa fidélité à ses idées. Ainsi, celle-ci a pris ses distances avec le FN et Jean-Marie Le Pen, pourtant son parrain, lorsque la ligne du parti ne correspondait plus avec ses valeurs. De même, c'est au péril de sa vie que la député a mené son combat contre la corruption.

 

Et s'il est un autre élément récurrent du film, outre le parcours personnel de Piat, c'est bien cette collusion qui existe entre le milieu mafieux et la classe politique varoise. Si cela était vrai dans les années 1990, il faudrait être naïf pour croire que le passé est révolu. Malheureusement aujourd'hui de telles combines perdurent toujours avec la mafia mais aussi avec le monde des affaires.

 

A mon plus grand regret, les François voient la classe politique comme une caste de tricheurs corrompus qui cherchent s'en mettre plein les poches aux dépens de l'intérêt général. Évidemment cela n'est pas totalement faux et différents scandales récents sont venus entacher encore un peu plus l'image  de la politique, tant à gauche (Bouches-du-Rhône, Nord-Pas de Calais) qu'à droite (Karachi, Bettencourt).

 

Dans la lignée de la députée du Var, il me semble donc nécessaire de chercher à nettoyer les écuries d'Augias comme disait Patrick Devedjian. Clairement la tâche n'est pas aisée et le décrassage ne se fera pas un jour. Mais c'est par un travail de longue haleine que nous pourrons aboutir à assainir la politique de tous ses éléments indésirables qui s'enrichissent sur le dos du peuple.

En ce sens, il est donc dommage qu'il n'y ait pas davantage de Yann Piat. On peut alors seulement souhaiter que la jeune génération prenne exemple sur cette femme tombée pour ses idées.

Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 13:53

Dans la continuité de mes lectures estivales, je me suis attaqué au dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La République. Je ne vais pas ici résumer l'intégralité de l'ouvrage tant celui-ci est fourni mais, en revanche, je vais revenir sur quelques points qui me paraissent intéressants.

 

Tout d'abord, il fut question de la campagne pour l'adoption du traité de Maastricht en 1992. A l'époque ses partisans promettaient plus d'emplois, plus de croissance, plus de protection sociale ainsi qu'une unification économique et sociale de l'Europe. Malgré le soutien de la gauche et de la droite, le traité ne fut adopté qu'à une courte majorité de 51,05 %, faisant alors naître un premier clivage entre fédéraliste et souverainiste.

En 2005, tout recommença et on nous promis à nouveau monts et merveilles : prospérité, protection ... comme 13 ans plus tôt. Ainsi, ce que le traité de Maastricht n'avait pas su/pu faire serait possible avec le TCE. Or les Français, échaudés par les mensonges des fédéralistes, ne sont pas fait avoir une seconde fois et ont dit NON à 54,67 % tout comme les Hollandais.

Mais ces échecs à deux référendums en 2005 n'allaient pas décourager nos dirigeants dans leur fuite en avant fédéraliste. Ainsi, si les peuples ont rejeté le TCE, ce n'est pas car ils y étaient opposés mais car ils n'avaient pas compris ou qu'ils exprimaient leurs mécontentements vis-à-vis de leurs gouvernements respectifs. En conséquence, et puisque le peuple ne sait visiblement pas ce qui est bon pour lui, les futurs traités européens seront approuvés par le Parlement, jugé plus sage et responsable. C'est donc ainsi que le traité de Lisbonne, copie conforme du TCE, fut adopté par tous les Etats de l'Union Européenne. Un viol de la démocratie, vraiment ? Pas selon Nicolas Sarkozy en tout cas.

 

Ensuite, il apparaît que l'auteur consacre un grand nombre de chapitres à l'euro. J'en retiendrais principalement deux points. Le premier est que l'euro a été calqué sur le deutschemark pour le faire accepter à l'Allemagne. De fait, tout a été fait pour que l'Allemagne ne soit pas pénalisée par cette monnaie unique et consente donc à sa création : monnaie forte, refus de l'inflation, indépendance de la BCE, équilibre budgétaire. En somme, l'euro est un mark bis qui sert avant tout les intérêts d'une seule nation : l'Allemagne. D'ailleurs, on voit bien aujourd'hui que la suprématie allemande s'est considérablement renforcée et se traduit maintenant par une domination nette.

Le second est relatif à la création même de l'euro. Comme je l'ai déjà écrit à plusieurs reprises sur ce blog, l'Europe n'est pas une zone monétaire optimale ce qui devrait donc exclure de fait l'existence même d'une monnaie unique. Une telle chose serait envisageable dès lors qu'il existerait une mobilité des travailleurs, un budget central et des convergences macro-économiques. Malgré tout cela, nos chers dirigeants se sont obstinés avec les résultats que l'on connaît. Une sortie de l'euro est donc de plus en plus envisagée comme un scénario plausible dans les mois voire les semaines à venir.

 

Enfin, il a été question de la loi de 1973 reprise dans l'article 104 du traité de Maastricht et l'article 123 du traité de Lisbonne. Cette loi induit en fait une privatisation du pouvoir de création monétaire en ce sens qu'elle interdit aux banques centrales de financer directement les Etats. Cela a alors pour conséquence d'obliger les Etats à emprunter sur les marchés financiers, à des taux parfois prohibitifs, au lieu d'obtenir des prêts sans intérêts ou à intérêts faibles par le biais des banques centrales.

Cet état de fait est clairement une aberration dont les effets néfastes sont parfaitement visibles aujourd'hui. Il est tout de même extravagant, et c'est peu dire, que les Etats empruntent à des banques privées à 3, 7 ou 12 % de l'argent prêté à 1 % par la BCE. Le contribuable n'a pas à financer les profits des banques ni les dividendes de leurs actionnaires.

Mais il est bien connu que les banques ne sont pas réputées pour leur philanthropie. A l'inverse, celles-ci s'illustrent davantage par leur cupidité et leur avidité, voire même pour les conflits d'intérêt dans lesquels elles excellent. L'un d'entre eux est d'ailleurs mentionné dans le livre du député de l'Essonne.

Il s'agit du cas de l'agence France Trésor. Cette agence publique a pour but de placer les obligations émises par l'Etat français sur les marchés financiers. Or il apparaît que la plupart des membres de cette agence sont des banquiers. En clair, des banquiers prêtent au nom de la France des fonds empruntés par leurs banques. Mais tout va bien madame la marquise !

 

Bref pour conclure sur ce livre, on peut dire qu'il s'agit d'un ouvrage tout à fait d'actualité que je conseille à tous ceux qui s'intéressent à notre situation économique.

Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 19:52

Hier soir je suis allé voir le film Intouchables avec François Cluzet et Omar Sy. Celui-ci, basé sur des faits réels, raconte la rencontre et la cohabitation entre deux individus que tout oppose, l'un garçon des cités sans emploi et l'autre homme tétraplégique des beaux quartiers.

 

Revenons d'abord sur l'aspect cinématographique du film. Clairement, je le recommande vivement pour ses qualités intrinsèques. Bien que le sujet touche au handicap, cette comédie remplit pleinement son rôle puisqu'elle nous pousse à rire du début à la fin. En outre, il faut noter l'excellente prestation des deux acteurs principaux qui réussissent à nous séduire par leur jeu finement ciselé. Le duo Cluzet-Sy fonctionne alors à merveille et l'on se prend rapidement au jeu.

 

Mais parallèlement à son côté purement artistique, ce film est également d'un point de vue sociologique. Ainsi, celui-ci aborde de front le thème du handicap. Bien que d'autres sujets soient quelque peu évoqués, en particulier la question des cités d'où vient le personnage joué par Omar Sy, il n'en reste pas moins que le handicap reste le fil conducteur et même plus le coeur même du scénario.

 

Comme je l'ai dit, François Cluzet interprète le rôle d'un homme devenu tétraplégique à la suite d'un accident de parapente. Celui-ci est donc totalement paralysé et doit alors être assisté pour toutes les tâches du quotidien. D'où l'irruption d'Omar Sy dans sa vie en tant qu'aide ou plus exactement de remède. Grâce à lui, un renouveau intervient et permet de dépasser le handicap pour retrouver une vie presque normale.

 

Et c'est bien là le point d'orgue du film. Cluzet a choisi Omar car "dans les cités, ils sont sans pitié". Par ce choix délibéré, notre tétraplégique nous fait part de sa souffrance psychologique : outre la douleur physique, il faut supporter le regard et la miséricorde des autres, ce qui ajoute du mal au mal. En effet, alors même que ces derniers cherchent à gagner en autonomie et revendiquent une certaine indépendance, les handicapés sont toujours renvoyés à leur condition et à leur affection.

 

Par ailleurs, il est intéressant de noter la multitude de soins nécessaires au quotidien, soins nécessitant bien évidemment du personnel compétent, qualifié et en nombre suffisant. Dans le film, le personnage principal est très aisé et peut donc s'offrir des traitements de qualité.

Or, à l'image de notre société, toutes les personnes handicapés ne roulent pas sur l'or et n'ont donc pas les moyens de prendre soin d'eux correctement. Ceux-ci ont alors pour unique ressource l'allocation adulte handicapé (AAH) qui s'élève au maximum à 743,62 € (jusqu'au 31/03/12). Ce montant, inférieur au seuil de pauvreté (954 €), est donc clairement insuffisant pour subvenir à ses besoins.

 

Plus largement, et bien que la France soit jugée comme pays généreuse en aides sociales, on peut observer qu'un grand nombre de minima sociaux servent non pas à vivre mais bien à survivre. Alors certes la dette est importante en France et l'assistanat n'est pas une solution. Pour autant, il me semble légitime de privilégier l'humain à l'économie donc de fournir à tous nos concitoyens un niveau de ressources décent.

 

Concrètement, il me semble impératif d'augmenter dans un premier temps l'ensemble des minima sociaux sur le seuil de pauvreté à très court terme tout en cherchant à les aligner sur le SMIC à moyen terme. Bien sûr cela aura un coût pour la nation et donc un impact sur les finances publiques. Néanmoins, je crois que cela est une nécessité, tant d'un point de vue moral et éthique qu'au niveau économique afin de relancer la consommation.

 

Aujourd'hui, et du fait de la crise économique et financière, je crois que nous sommes à un tournant de notre histoire. En effet, il paraît clair qu'il existe une réelle opposition voire même un conflit ouvert entre les peuples et les institutions financières et acteurs de marché en tout genre.

Or dans cette lutte pour la démocratie et la souveraineté nationale et populaire, chacun doit prendre position et choisir son camp. Certains l'ont déjà fait alors que d'autres dissimulent leur préférence jusqu'à ce que les choses s'éclaircissent. Il faudra alors s'en souvenir pour 2012 et sanctionner les suppôts et autres vassaux des marchés financiers.

Personnellement, mon choix est fait depuis longtemps et je l'ai clairement exprimé à maintes reprises sur ce blog. Il est bien évident que je me place du côté des peuples malmenés par la crise qui subissent le courroux de leurs dirigeants aux ordres des agences de notation.

 

En ce lendemain du 41ème anniversaire de la disparition du général de Gaulle et en cette veille de la célébration de l'armistice de 1918, il me semblait alors de circonstance de louer l'esprit de résistance de ces hommes et de ces femmes de par le monde qui s'élèvent contre la dictature de la finance.

Oui le combat de ces personnes est juste et légitime.

Oui nous devons être solidaires de ces luttes pour la démocratie.

Oui nous avons le devoir reprendre le pouvoir à ceux qui nous l'ont confisqué.

Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 16:51

Les primaires socialistes approchant à grand pas, et ayant la volonté d'y participer, je m'attelle à m'informer sur tous les candidats. Après l'ouvrage d'Arnaud Montebourg, "votez pour la démondialisation", j'ai donc décidé de lire la "lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des solutions" de Ségolène Royal.

 

A priori, je n'ai pas plus d'affinités que cela avec l'ancienne candidate à la présidentielle socialiste. En effet, je la trouve plutôt nunuche, voire même naïve dans certaines de ses prises de position. De plus, son volte-face concernant son programme de 2007 m'a quelque peu refroidi.

Pour autant, certaines idées émises par la candidate socialiste m'ayant interpellé, j'ai choisi de passer outre mes préjugés et de creuser un peu plus avec ce livre.

 

Pour commencer, Ségolène Royal met en avant toute l'étendue de son expérience. Cela va de ses relations avec François Mitterrand à sa campagne présidentielle en passant par ses postes de ministre. Sans oublier évidemment ses responsabilités en Poitou-Charentes, véritable laboratoire régional pour ses solutions.

Cette mise en exergue n'est bien évidemment pas innocente et a même trois objectifs. Le premier est de répondre aux critiques émises sur sa prétendue incompétence, notamment en 2006. Le second concerne directement 2011 et plus particulièrement la primaire socialiste puisqu'il s'agit de mettre en avant une expérience que n'ont pas les autres candidats, hormis peut-être Martine Aubry. Enfin, le troisième et dernier but est de s'inscrire dans les pas de Mitterrand. De fait, ce dernier est en quelque sorte un héros pour les socialistes et chacun cherche à se prévaloir de son héritage. En rappelant ses relations avec lui, Ségolène Royal prend ainsi une longueur d'avance sur les autres.

 

Outre l'aspect compétence, la présidente du Poitou cherche à se démarquer de ses camarades en allant là où on ne l'attend pas. Le passage suivant en est ainsi la preuve :

"Alors que ce n'était pas dans les habitudes du PS, j'avais décidé de mettre mes réunions publiques aux couleurs de la France  car elles appartiennent à tous, et je ne veux plus que l'extrême droite s'en attribue le monopole."

Par ces propos, je crois que Ségolène Royal touche du doigt l'explication du succès du FN. En effet, il semble clair que ce parti se développe sur les thèmes laissés de côté par les partis traditionnels alors mêmes qu'ils intéressent grandement les Français. Cela est notamment le cas de l'immigration, de la laïcité ou encore de l'euro. Mais l'exemple du drapeau Français est également un bon exemple tant celui-ci avait été accaparé par l'extrême-droite. De fait, il n'était plus possible d'exprimer l'amour de son pays ou un quelconque patriotisme sans être accusé de fascisme ou de racisme.

 

S'il est un autre sujet sur lequel la gauche a fait des progrès, c'est bien la sécurité. Ainsi, tous les candidats se sont saisis de la question et mettent en avant des solutions. Alors bien sûr l'angélisme n'a pas complètement disparu du PS mais les choses semblent évoluer dans le bon sens. D'ailleurs, Ségolène Royal fait une excellente analyse de l'échec de la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy en développant cinq points: abandon du terrain, politique du chiffre, manque de moyens, insécurité juridique et inflation législative et manque de prévention. Il restera à voir ce que seront les mesures mises en oeuvre car trop souvent le constat est juste mais les solutions inadaptées.

 

De même qu'Arnaud Montebourg, Ségolène Royal souhaite un retour des états et du politique dans l'économie. De plus, ses charges multiples et virulentes contre les banques et le système financier vont en ce sens. Malgré tout, et je fis la même remarque s'agissant du concept de démondialisation, une telle volonté ne pourra se réaliser dès lors que l'on restera dans le cadre du système actuel. En effet, ces deux dirigeants socialistes veulent mettre en place des mesures qui s'opposent au fonctionnement des instances européennes sans vouloir faire sécession avec ces organisations supranationales. C'est là une grande contradiction que l'on peut leur opposer.

 

Enfin, Ségolène Royal termine son livre par une ode à la culture. Celle-ci exprime son souhait de maintenir un budget conséquent, même en temps de crise, afin de démocratiser la culture et de la rendre accessible à tous.

Il est vrai que mon intérêt pour la Culture avec un grand C est assez limité. C'est pourquoi j'ai du mal avec les individus qui prônent toujours plus de moyens pour ce ministère. Alors bien sûr, je crois que la culture revêt son importance mais il me semble préférable, notamment en période de disette budgétaire, de privilégier d'autres dépenses plus essentielles.

 

Pour conclure sur ce livre, je dirais ne pas avoir été déçu par ce que j'ai lu. Je dirais même plus que je suis d'accord avec la plupart des propos tenus. Malgré tout, deux éléments m'ont gêné.

Sur le fond, je regrette que les socialistes persistent dans leur idéologie de fédéralisme européen qui n'est qu'une utopie stérile et sans avenir. Il faut arrêter de croire que l'intégration européenne est la solution à tous nos maux.

Sur la forme, je dois reconnaître que l'utilisation intempestive du "je" m'a dérangé. Certes la cinquième République implique une personnalisation du débat et que l'élection présidentielle est la rencontre entre un peuple et un Homme. Mais je pense qu'il aurait été préférable d'utiliser davantage le "nous", ou à défaut la forme impersonnelle, afin de fluidifier le tout.

D'ailleurs, il est surprenant de constater ce phénomène chez une personnalité de gauche alors même que la tradition est de privilégier le groupe. Par ce biais, Ségolène Royal se distingue un peu plus des autres candidats et se rapproche en ce sens de Nicolas Sarkozy, grand adepte de ce procédé.

Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 19:25

Comme je l'avais annoncé dans un précédent article, je vais profiter de l'été pour lire. Après, "votez pour la démondialisation" d'Arnaud Montebourg, voilà maintenant mes remarques concernant le dernier ouvrage de Jean-Pierre Chevènement : "la France est-elle finie ?"

 

Disons le tout de suite, ce livre est en quelque sorte un livre de témoignage. En effet, l'ancien ministre de l'Intérieur retrace de manière critique les dernières décennies de notre pays. C'est notamment le cas dans les premiers chapitres qui m'on semblé particulièrement long et somme toute peu intéressants dans la mesure où l'auteur énumère des faits historiques.

 

Alors bien sûr les différents évènements sont choisis à dessein. Ainsi, ils permettent de réaliser une forte critique du tournant libéral pris par la gauche en 1983, deux ans après l'espoir suscité par l'élection de 1981.

Dans ces propos, il apparaît que Jean-Pierre Chevènement épargne relativement François Mitterrand mais charge Jacques Delors qui est, selon lui, le responsable de cette politique. Il explique également que c'est à cette période que la fuite en avant européenne commence, notamment avec l'Acte unique (1987).

Chevènement nous explique alors comment une "alliance" entre la commission européenne et le ministère des finances de l'époque a réussi à imposer la dérégulation, la libéralisation et la financiarisation de notre économie.

 

Clairement Chevènement réalise un véritable réquisitoire contre Jacques Delors. Ce dernier est ainsi accusé d'être l'instigateur du libéralisme en France et d'avoir grandement contribué à la "parenthèse libérale" des années 1980. En outre, son action à la tête de la Commission européenne (1984 - 1994) est sévèrement jugée dans la mesure où il lui est reproché  d'avoir fait de l'Europe le cheval de Troie de la mondialisation.

 

Mais décrochons maintenant du fil des pages pour nous intéresser à quelques phrases ou passages en particulier qui, je crois, méritent d'être commentés :

 

- Les écarts de richesse se réduisent entre nations mais s'accroissent au-dedans

Il fut un temps où il existait une réelle frontière entre les pays du nord, riches et industrialisés et les pays du sud, plus pauvres et moins développés. Aujourd'hui, et même si des différences persistent, la situation a grandement évolué puisque les seconds tendent à rattraper les premiers. C'est notamment le cas de la Chine et de l'Inde ou encore du Brésil.

Pour autant, malgré une croissance très importante et souvent à deux chiffres, ces nations dites émergentes ou en développement conservent encore de grosses lacunes. De fait, cette croissance s'est souvent faite aux dépens du peuple, voire même contre lui. Cela s'explique notamment par le type de développement choisi qui consiste à attirer des capitaux extérieurs en jouant sur une main d'œuvre servile et bon marché. On assiste alors à une opposition entre des travailleurs pauvres et, en particulier dans les terres, et des "élites" aisées et cultivées.

Mais ce contraste existe également en France et en Europe. On le voit bien depuis quelques années et cela risque de s'intensifier dans le futur. Bien que la France soit un pays riche, il n'en demeure pas moins que d'importantes inégalités subsistent et que la pauvreté n'épargne pas une partie de nos concitoyens. Alors bien sûr cet état de fait ne date pas d'hier mais il apparaît clairement que la situation empire malgré les postures et autres incantations de nos dirigeants. Ainsi, cohabitent dans notre pays des personnes gagnant moins de 600 € par mois et des individus émargeant à plusieurs centaines de milliers d'euros par an. Cela pose donc clairement la question de l'égalité et de la justice sociale. L'idée d'instaurer un "salaire maximal", notamment avancée par Jean-Luc Mélenchon, ne semble donc pas forcément être une hérésie, bien au contraire.

 

- L'Europe est "germanocentrée"

Dans ce livre, la question de l'Allemagne et de la relation franco-allemande est abondamment traitée. Ainsi, un long chapitre est consacré à l'explication des raisons de son succès. Pour faire simple, l'Allemagne dirige l'Europe et impose sa volonté aux autres nations (traité de Lisbonne, pacte de stabilité …). De plus, elle mène une politique peu coopérative voire même égoïste sans que cela ne semble déranger personne.

Cette stratégie s'exprime ainsi parfaitement durant la crise de l'euro et des dettes souveraines puisque Mme Merkel souhaite de drastiques plan de rigueur en contrepartie de prétendus plans de sauvetage. En fait, la chancelière allemande fait fi de la solidarité européenne et, sous des airs de chevalier blanc, cherche uniquement à défendre les intérêts de son pays.

Pour autant, il n'est pas illégitime que l'Allemagne protège ses intérêts. J'ajouterais également que si ce pays se comporte d'une telle manière est que la France l'a, de façon plus ou moins consciente, encouragé ou tout du moins accepté. En réalité, nous sommes passés d'un discours de vainqueur à vaincu après la seconde guerre mondiale à un échange respectueux d'égal à égal pour finalement aboutir à un complet retournement de situation, nous retrouvant alors en position de dominé.

 

- Le couple franco-allemand est l'avenir de l'UE

Aujourd'hui il est clair que l'Union Européenne va mal. Pour survivre et redevenir une puissance qui compte, cette dernière va impérativement devoir se remettre en question, tant au niveau de son fonctionnement et de son organisation que de ses valeurs et de ses principes fondateurs.

Quoi que certains en disent, cela ne se fera pas sans les nations. Durant trop longtemps l'Europe s'est construite en faisant abstraction des peuples et en niant le cadre national. Pour Jean-Pierre Chevènement, ce renouveau passera obligatoirement par un partenariat entre la France et l'Allemagne, comme cela a toujours été le cas depuis le commencement. Malheureusement, et comme nous l'avons vu précédemment, cela n'est pas possible ni envisageable en l'état actuel des choses. Pour ce faire, il faudrait remettre cette relation à plat et repartir sur des bases saines et solides.

Personnellement, je ne suis pas spécialement optimiste quant à la réussite d'une telle entreprise. Enfin pas avec ces dirigeants là qui ne me semblent pas être capables de s'asseoir autour d'une table et de tenir un discours de vérité. Les prochaines élections dans nos deux pays risquent alors d'être déterminantes pour la suite.

En revanche, il est une alternative que Jean-Pierre Chevènement n'aborde que trop peu. Je pense bien évidemment à la possibilité d'une union latine restreinte qui deviendrait le pilier de l'Union Européenne. Ainsi, il existe une proximité forte, tant au niveau de la culture que de l'Histoire mais également géographique, entre les pays du bord de la Méditerranée. Il ne me semble donc pas si impossible que la France, l'Italie, l'Espagne, le Portugal voire la Grèce décident de s'entendre pour relancer la machine européenne.

 

 

- Si la crise est le problème, elle est aussi la solution pour sortir de l'impasse néolibérale

Je ne vous ferais pas l'affront de revenir sur la crise que nous connaissons depuis plusieurs années tant les médias ne cessent d'en parler. De même, je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'expliciter davantage la première partie de la phrase. En revanche, la suite de cette déclaration me semble tout à fait intéressante.

En toute logique, et cela n'est pas seulement vrai en économie, l'erreur fait partie de l'apprentissage. De fait, et de manière assez naturelle, nous cherchons tous à ne pas reproduire deux fois la même bêtise. Pour ce faire, une analyse du problème permet d'identifier les dysfonctionnements en vue de les corriger et donc de progresser.

Malgré tout, cela ne semble pas avoir été le cas dans le cadre de la crise, ou tout du moins pas entièrement. Il semblerait bien que les causes de la crise aient effectivement été identifiées, le constat étant sensiblement le même toute sensibilité confondue. Là où le bât blesse est que les dirigeants en place ne mettent pas en place les mesures correctives visant à nous prémunir d'une éventuelle rechute. Ainsi, et malgré de belles envolées lyriques, les promesses de l'UE ou du G20 restent lettres mortes.

Depuis la crise, rien n'a donc fondamentalement changé, ou alors à la marge, et cela pour la plus grande joie des marchés financiers et des banques qui sont les grands gagnants de l'histoire. A l'inverse, les Etats donc les contribuables sont les dindons de la farce puisqu'ils doivent se sacrifier pour ceux qui sont responsables de tout ce bordel. L'exemple de la Grèce illustre cela de manière fabuleuse, pour le plus grand malheur du peuple.

Clairement la crise a été un choc terrible. Mais il faut maintenant chercher à tourner la page en reprenant le pas sur l'économie. Cela ne se fera probablement pas sans heurts mais les politiques doivent avoir le courage de présenter la facture à qui de droit et non comme toujours à leur population.

Notre système économique, financier mais aussi politique a distinctement montré ses limites. C'est donc l'occasion rêvée pour en changer et reconstruire un nouveau modèle.

Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 19:15

Ayant un peu de temps en ce moment, j'ai décidé de me lancer dans la lecture de tout un tas de livres politiques. Aujourd'hui, j'ai choisi de vous faire partager mes remarques sur l'ouvrage "votez pour la démondialisation" d'Arnaud Montebourg.

 

Actuellement, Arnaud Montebourg incarne, au sein du parti socialiste, le courant de pensée dont je me sens le plus proche. Il s'agit, grossièrement, de ce que l'on appelle l'aile gauche du parti.

Bien qu'ayant des points de divergences, je dois reconnaître que je me retrouve dans un certain nombre de propos d'Arnaud Montebourg. D'ailleurs, j'envisage même d'aller voter pour lui à la primaire socialiste. C'est dire ! Mais j'y reviendrai en temps et en heure.

 

Pour le moment, penchons nous sur ce petit livre de 90 pages vendu au prix de 2 €.

 

Dans un premier temps, on retrouve une préface rédigée par Emmanuel Todd. Disons le tout net, celle-ci est assez inutile. Pour moi, son principal objectif est de montrer que Montebourg n’est pas tout seul et qu’il est potentiellement soutenu par des personnalités de renom et ici en l’occurrence un économiste.

 

Durant les premiers chapitres, l'auteur s'attelle à poser le cadre de son argumentation. Pour cela, celui-ci cherche à montrer les méfaits de la mondialisation par des exemples précis pris sur tous les continents (France, Allemagne, Etats-Unis, Chine, Inde …). Il en tire alors toute un série de conséquences : délocalisations, concurrence entre travailleurs, pression sur les salaires. Bref, ce ne sont ni plus ni moins que de chapitres de constats.

 

Par la suite, le député socialiste aborde les effets de la mondialisation sur l’emploi mais également et surtout la montée en puissance des multinationales qui se fait aux dépens des Etats. Clairement, il s'agit d'une véritable charge contre ces entreprises qu’il accuse d’affaiblir la France. Montebourg nous explique ensuite que la mondialisation a conduit à mettre en compétition les différents Etats qui ont alors cherché à accroître leur attractivité par une course à la moins-disance (fiscale, sociale …).

 

Jusqu'alors, je ne peux que souscrire à ces propos tant j'ai déjà fait des constats identiques. Pour autant, c'est dans les chapitres suivants que les choses vont devenir intéressantes. En effet, Arnaud Montebourg esquisse une critique de la gauche qui, selon lui, n’a pas su répondre aux attentes des citoyens. Il estime alors que le politique doit reprendre la main afin de changer le système et non pas de le gérer comme cela a été le cas par le passé.

 

C'est à l'aune du sixième chapitre que l'on rentre réellement dans le vif du sujet avec le développement de propositions. L'une d'entre elles, qui s'avère être le point central du raisonnement, étant un protectionnisme vert  et européen dont le but est de se protéger contre le libre-échange afin de recréer un tissu industriel en Europe.

 

Mais cessons de résumer le livre afin de nous intéresser davantage aux limites desdites propositions. 

 

La première qui me vient à l'esprit est qu'Arnaud Montebourg entend changer le système actuel. Pour autant, ce dernier continue à raisonner à l’intérieur de ce système puisqu'il ne semble pas souhaiter pas de véritable rupture. Ainsi, l'élu socialiste s'inscrit pleinement dans le cadre européen et au sein de l'OMC. Reconnaissons toutefois que les changements envisagés sont importants et sont déjà considérés pour certains comme de la pure folie.

 

Ensuite, et comme nous venons de le voir, Montebourg souhaite en particulier un protectionnisme aux frontières de l'Europe. Personnellement, j'y adhère à 100 %. Là où le bât blesse est que l'Union Européenne compte 27 Etats. Un consensus semble donc quelque peu utopique, bien que certains pays puissent se rallier à notre cause.

Pour autant, aucune alternative ne semble être dans les cartons pour pallier une éventuelle fin de non recevoir de la part de nos partenaires.

D'ailleurs, Arnaud Montebourg semble rejeter toute solution purement nationale. Pour dire vrai, j'étais exactement dans la même position il y a quelques mois de cela puisque je préférais un accord au niveau européen. Malgré tout, je dois bien avouer qu'en l'état actuel des choses la mise en place de mesures unilatérales doit être très sérieusement envisagée tant la situation a dégénéré. En outre, rien ne nous dit que d'autres Etats ne nous imiteraient pas peu de temps après. Le tout est d'ouvrir la voie et de "montrer l'exemple".

 

Par ailleurs, je regrette que la question de l'euro n'ait pas été abordée de manière approfondie. En effet, je crois qu'il s'agit aujourd'hui d'un point très important qui conditionne en partie la suite des évènements. Pour autant, on peut légitimement supposer qu'Arnaud Montebourg est un partisan de la monnaie unique et souhaite uniquement une modification dans sa gestion.

 

Enfin, Montebourg est bien conscient que sans l'aval de l'Allemagne, ce projet ne verra jamais le jour. Autrement dit, le gros du programme de démondialisation repose en très grande partie sur la bonne volonté ou non de l'Allemagne. C'est pourquoi, celui-ci propose une "grande explication européenne" avec cette nation qui depuis quelques années a adopté une attitude non-coopérative, voire même égoïste.

Indubitablement, cela est impératif tant le couple franco-allemand n'est plus qu'une illusion. D'ailleurs, l'instauration du pacte de compétitivité imposé par l'Allemagne montre bien que l'Union Européenne est à sa botte.

Une remise à plat de nos relations est donc tout à fait souhaitable afin que l'Union Européenne ne devienne pas une Union Allemande. Rien ne serait pire que de mettre en place le modèle allemand partout en Europe !

 

Au final, ce petit livre largement accessible au grand public est une assez bonne surprise. J'attends donc maintenant avec impatience l'intégralité du programme d'Arnaud Montebourg. Car même si l'aspect est primordial, il ne se suffit pas à lui-même.

Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 12:07

Le sélectionneur sortant de l'équipe de France, Raymond Domenech, et le président démissionnaire de la Fédération française de football (FFF), Jean-Pierre Escalettes, doivent être entendus ce mercredi à l'Assemblée nationale à huis clos, a annoncé la commission des Affaires culturelles et de l'Education.

L'audition des deux hommes devait initialement être ouverte à la presse. Mais la commission des Affaires culturelles a expliqué avoir accédé à la demande de la FFF de l'organiser à huis clos à l'issue de l'audition de Roselyne Bachelot, ministre des Sports, mardi soir. Elle y avait notamment déclaré qu'elle ferait attention à préserver la FFF de toute ingérence politique après les mises en gardes répétées de la Fifa.

Source : lexpress.fr

 

Après avoir reçu Thierry Henry jeudi dernier alors que deux millions de personnes manifestaient contre la réforme des retraites, c'est maintenant au tour de Domenech et  d'Escalettes d'être entendus. Comme l'a bien remarqué le président de la FIFA, Joseph Blatter, les problèmes de l'équipe de France de foot devient une affaire d'Etat.

 

Pourquoi donc le président de la République et certains membres de son gouvernement se sont saisis de ce dossier ? Pour moi la réponse est simple. D'une part, le football est un sport très populaire en France qui touche une grande part de la population. Il est inconcevable de le laisser dépérir. Aussi, la côte de popularité de Sarkozy pourrait remonter en flèche s'il arrivait à sauver le foot français. D'autre part, cette affaire surgit au moment opportun dans la mesure où elle permet de laisser de côté, de flouter les sujets qui fâchent (retraites, woerthgate ...).

 

Politiquement, l'échec des Bleus est une occasion en or pour nos dirigeants, ce qui explique cet engouement massif. Pour autant, je dois reconnaître qu'un tel emballement médiatique est démesuré. De fait, on nous parle presque quotidiennement de l'équipe de France sans que l'on en sache vraiment plus.

En outre, je crois que le politique devrait, une fois de plus, rester à sa place. L'intervention du gouvernement, mais aussi de l'Assemblée Nationale, dans cette affaire me semble tout à fait déplacée et injustifiée. Ces personnes n'ont-elles pas d'autres dossiers plus urgents à traiter ? Et d'ailleurs, en quoi cette histoire concerne-t-elle les députés ? La FFF est responsable de l'équipe de France. C'est donc à elle de gérer ses bons et ses mauvais côtés comme c'est le cas actuellement. D'ailleurs, Joseph Blatter a menacé la France de sanctions en cas d'ingérence politique.

 

Revenons maintenant brièvement sur l'élimination des Bleus à la coupe du monde. Il est indéniable que cette compétition est un fiasco tant sur le plan sportif que sur celui de la communication. Au niveau des performances sportives tout d'abord, il est clair que les choix tactiques du sélectionneur n'étaient pas les bons. Pour autant, Domenech n'est pas l'unique responsable. En effet, il apparaît que les joueurs eux-mêmes ne se sont pas forcément donnés à fond, ignorant les consignes du coach ou mettant peu d'entrain sur le terrain. Néanmoins, une contre-performance est toujours possible et rien n'est gagné d'avance, ce qui fait la beauté du sport.

Concernant la communication, celle-ci a été désastreuse. L'image renvoyée par l'équipe est tellement catastrophique que plusieurs sponsors ont mis un terme à leur campagne de pub (Quick, Crédit Agricole). Nous savions Domenech peu enclin à communiquer mais les images du refus de s'entraîner ou le récit de l'altercation entre Anelka et Domenech ont eu des retombées non négligeables, décrédibilisant notre pays aux yeux du monde entier.

 

Alors que faire maintenant pour repartir sur le bon pied ? Domenech est en fin de contrat et est remplacé par Laurent Blanc. Escalettes a présenté sa démission. Mais cela est insuffisant. Je crois qu'il faut faire le ménage dans le conseil fédéral car Escalettes ne décidait pas tout seul. Cela doit être fait au profit de professionnels du foot (anciens joueurs, entraîneurs ...) et pourquoi pas ceux de France 98. Enfin, certains joueurs doivent être écartés du groupe (Govou, Anelka, Gallas ...) et d'autres intégrés (Nasri, Benzema, Ben Arfa ...).

 

Dernier point qui fait polémique dans cette histoire : les salaires. Je l'ai toujours dit, et je le répète, les joueurs de foot sont trop payés. Les clubs répondent à leur moindre désir, ce qui tend à les déconnecter de la réalité. Pour autant, il n'est pas totalement sûr qu'il y ait un lien entre rémunération et performances sportives, et ce dans un sens comme dans l'autre.

On a souvent entendu que les joueurs ne couraient pas car ils toucheraient leur salaire quoi qu'il arrive. C'est une possibilité mais l'argent est également présent dans les sélections allemande et espagnole, avec la réussite que l'on connaît.

L'argent dans le sport est un fait. Personnellement, je crois que le fric gangrène le sport. Aussi, je pense que les joueurs ne devraient pas être payés pour jouer en sélection nationale. Il ne faut pas oublier qu'en revêtant le maillot, les joueurs de foot, mais aussi de rugby, de handball ..., représentent leur pays, ce qui me semble être un honneur.

 

Mais au fond, une partie des problèmes de cette équipe de France ne viendrait-elle pas de l'amour du maillot qui tend à disparaître, ou autrement dit, ne connaît-on pas actuellement une crise du patriotisme tant dans le sport que dans la société ?

 

Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 13:54

Dans le numéro 684 de Marianne, un article était consacré à Bernard Kouchner et à sa présence au sein du gouvernement Fillon. Selon l'auteur, cette présence, somme toute inutile, s'opposait fondamentalement à ses principes et aux idées qu'il avait défendues durant sa carrière.

Pour autant, ce n'est pas l'homme qui m'intéresse, ni son parcours mais plutôt une phrase que celui-ci a prononcé et qui est citée dans l'article. Ces propos les voici :"Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'Homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France".

 

Pour rappel, Rama Yade est nommée secrétaire d'État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme auprès du ministre des Affaires étrangères le 19 juin 2007. Ce secrétariat disparaîtra deux ans plus tard, le 23 juin 2009, à l'occasion d'un remaniement ministériel au cours duquel Rama Yade prendra en charge le secrétariat d'Etat aux sports.

 

Revenons donc aux propos du "French Doctor". Celui-ci avait opposé droits de l'Homme et politique étrangère, ce qui avait, à l'époque, suscité un tollé dans la classe politique, tant à droite qu'à gauche. Personnellement, je trouve que cela n'a rien de choquant car il s'agit simplement d'un constat objectif, sans parti pris. En effet, la politique étrangère se définit, selon wikipédia, comme l'action menée par un Etat visant à établir des relations diverses avec d'autres Etats, notamment en termes de rapports commerciaux, militaires et diplomatiques afin de favoriser ses intérêts géostratégiques, politiques et économiques.

 

Cette définition est donc sans équivoque. Un Etat doit donc défendre, en particulier par le biais de son ministère des affaires étrangères et de son réseau diplomatique, ses propres intérêts. Concrètement, l'objectif est de développer avec l'étranger des échanges politico-économiques qui lui sont favorables. Cela induit alors de privilégier l'aspect commercial et financier aux dépens de considérations plus morales. C'est ainsi que le colonel Kadhafi, le dirigeant de la Lybie, a été reçu en grande pompe en France au mois de décembre 2007 dans le  but de signer quelques juteux contrats.

 

A l'opposé de cette vision purement économique de la diplomatie, certains, dont moi-même, considèrent que la politique étrangère doit être un moyen de faire entendre sa voix et sa différence hors du territoire national, de participer à un certain rayonnement du pays dans le monde. De fait, le ministre des affaires étrangères doit représenter la France à l'étranger en portant ses valeurs et non chercher à tout prix à conclure toujours plus de contrats tel un vulgaire VRP. On peut notamment citer Hubert Védrine et Dominique de Villepin qui ont accompli leur mission avec brio mais aussi Nicolas Sarkozy qui s'illustre parfaitement dans la seconde catégorie.

 

Pour moi, notre diplomatie doit donc défendre les intérêts de la France à l'étranger, notamment au niveau économique et militaire. Néanmoins, cela ne doit pas conduire à renier nos valeurs, et ce quelles que soient les sommes en jeu.

Malgré tout, l'accomplissement de ce dessein n'est possible qu'à condition d'avoir une réelle volonté politique. Cela passe notamment par le maintien d'ambassades partout dans le monde avec un personnel qualifié et en nombre suffisant mais aussi par le développement de coopération avec des partenaires privilégiés.

 

Pour autant, cette "volonté de pureté et de vertu" dans les relations diplomatiques doit-elle nous empêcher de dialoguer avec les Etats peu regardants concernant les droits de l'Homme ? Ou doit-on justement leur tendre la main pour espérer un changement de cap ? La politique étrangère américaine est le parfait exemple de cela. Effectivement, Bush menait une politique plutôt guerrière avec son "axe du mal" et le credo "on ne négocie pas avec les terroristes". Au contraire, Obama a entrepris un virage à 180°, privilégiant le dialogue et les négociations avec d'autres Etats et notamment l'Iran.

Cette question n'est pas simple tant la diplomatie s'avère un art complexe. Toutefois, je crois qu'il faut donner une chance à ces Etats tout en étant ferme et intraitable sur les points cruciaux. En effet, je pense que la pression de la communauté international et le regard du reste du monde peuvent permettre une inflexion de la part de ces Etats.

Et si nous ne le faisons pas pour les gouvernants, tentons au moins quelque chose pour ces peuples qui pâtissent de ces pouvoirs autocratiques. D'ailleurs, ne dit-on pas que la France est le pays des droits de l'Homme ? Il me semble bien que si donc tâchons d'être à la hauteur de l'espoir et de l'attente que notre pays suscite de par le monde. 

Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 18:46

Aujourd'hui, nous sommes le jour de Pâques. Ce jour correspond à une fête religieuse chrétienne qui commémore la résurrection du Christ. Aujourd'hui, le week-end pascal reste important pour une partie de la population mais, pour une majorité de Français, la symbolique a laissé place à un moment festif où la gourmandise prend le pas sur le spirituel. 

 

Outre Pâques, notre calendrier est ponctué de nombreuses fêtes religieuses chrétiennes telles que l'Ascension, la Pentecôte, ou l'Assomption, qui se traduisent par un jour férié ou une période de vacances scolaires (Toussaint, Noël). Pour beaucoup d'entre nous, cela paraît normal et a toujours été comme cela. D'ailleurs, peu savent réellement à quoi correspondent les différentes célébrations.

Malgré tout, des voix s'élèvent, même de manière marginale, pour contester le bien fondé de ces jours fériés. Pour résumer, certains trouvent injuste que les catholiques bénéficient de jours fériés pour leurs fêtes alors que les musulmans ou les juifs, par exemple, ne jouissent pas d'un tel traitement.

 

Ces remarques peuvent sembler légitimes. Alors que faire ? Supprimer les jours fériés pour tous ? Je ne suis pas sûr que cela soit dans notre intérêt. Rajouter des périodes chômées coïncidant avec des fêtes religieuses d'autres confessions alors ? Cela me semble une très mauvaise idée dans la mesure où chaque religion revendiquerait ses propres dates, ce qui conduirait à un abaissement considérable du nombre de jours travaillés.

 

Indépendamment de cet aspect purement pratique, on pourrait considérer que la reconnaissance de fêtes chrétiennes est une atteinte au principe de laïcité. Or il s'avère que cet argument n'est pas du tout recevable. Pour rappel, la séparation de l'Eglise et de l'Etat date de 1905 alors que notre calendrier, dit grégorien, a été instauré en 1582. Aussi, il aurait fallu remettre en question notre calendrier au début du XXème siècle et non à l'heure actuelle.

 

Parallèlement à ces arguments qui me paraissent indiscutables, je souhaiterais ajouter une dernière chose, valable dans ce cas particulier mais également dans d'autres domaines. Je pense qu'il ne faut pas oublier que notre pays a entretenu, durant des siècles, une étroite relation avec la religion chrétienne. Je pense notamment à Clovis et son baptême, aux rois de France et à la monarchie de droit divin ou encore aux philosophes des Lumières et à la Révolution qui se sont opposés au clergé. D'ailleurs, ne dit-on pas que la France est la fille aînée de l'Eglise ?

Quoi qu'il en soit, et même si je suis un fervent défenseur de la laïcité, je crois que le catholicisme fait partie intégrante de notre héritage, de notre Histoire, voire même de notre identité nationale. Renier cet état de fait me semble donc être une ineptie qui revient à renoncer à une partie de nous même.

Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /Fév /2010 22:13
Cela faisait depuis le lycée que je n'avais pas remis les pieds dans un théâtre. Comme la plupart d'entre vous, je suis allé au théâtre avec ma classe dans le cadre des cours de français. J'y allais parfois à reculons mais je ressortais très souvent avec le sourire et une certaine satisfaction. J'ai même eu l'occasion durant mes années de primaire d'endosser le rôle d'acteur dans différentes pièces.
Ce soir donc, je suis allé voir  "La dispute" de Marivaux (1688-1763). Pourquoi me demanderez-vous ? Et bien je ne sais pas vraiment. J'ai eu une envie subite, telle que celles qu'ont les femmes lors de leur grossesse, d'aller au théâtre. Le choix de la pièce s'est fait un peu au hasard, en fonction de mes disponibilités mais aussi car je connaissais quelque peu l'intrigue et l'auteur.
Mon ressenti concernant la pièce en elle-même est plutôt positif. La mise en scène était plaisante bien que j'ai été surpris par l'utilisation de costumes et de musique modernes. Je m'attendais en effet à des costumes d'époque. Pour autant, je crois qu'un tel choix a permis de montrer que les évènements sont atemporels et peuvent donc très bien avoir lieu de nos jours. J'ai ainsi été étonné de voir que même si le texte a été écrit au XVIII ème siècle, il est encore d'actualité aujourd'hui.  Le seul regret que je peux avoir est que la représentation était trop courte (1 heure seulement). Cette expérience positive m'encourage donc à récidiver dès que possible.

Lors de cette soirée, j'ai pu constater que le public était assez homogène. Il s'agissait majoritairement d'adultes  (+ 35 ans) avec une forte proportion de personnes d'un certain âge. Les jeunes étaient donc très peu présents. Cela peut s'expliquer par le type de pièce (classique) ainsi que par l'horaire (vendredi soir). Néanmoins, ces explications ne me paraissent pas suffisantes et je crois qu'il faut aller plus loin afin de cerner l'ensemble du problème. D'ailleurs, j'ai été moi-même confronté à ces difficultés.
La première chose est l'image que l'on se fait du théâtre. Pour beaucoup, le théâtre est "nul, ennuyeux, dépassé, trop intello ...". Il est donc nécessaire de dépasser ces a priori.
Le deuxième point est que l'on manque d'informations. Personnellement, j'habite à deux minutes de l'amphithéâtre de ma commune. Pourtant, je ne dispose d'aucun renseignement sur les représentations. Cela pose également le problème du choix de la pièce. Comment un novice peut-il faire décider d'aller voir une pièce plutôt qu'une autre alors qu'il ne dispose pas des connaissances nécessaires ? Cela est une opération délicate et pour ma part, les critères subjectifs ont pris le dessus.
Enfin, la question du prix est bien évidemment à prendre en compte. A titre indicatif, le plein tarif est à 15 €  dans ma ville et il en coûtera 6 € pour les étudiants, lycéens ... Or il ne s'agit que d'un petit amphithéâtre où les prix sont relativement modestes comparativement aux structures de plus grande taille. Pour moi, une telle gamme de tarifs est tout simplement rédhibitoire pour les occasionnels. Rendez-vous compte qu'aller voir  "la dispute" de Marivaux revient plus cher que d'aller voir Avatar (15 € contre 11,70 €). Cela me semble tout de même curieux alors que les théâtres sont délaissés par la jeunesse. Cette politique tarifaire revient donc à renoncer aux jeunes et aux plus défavorisés. La culture doit-elle rester une affaire de riches ?

Maintenant que les constats sont posés, il faut se pencher sur les éventuelles solutions à y apporter. Je crois qu'il est important de redonner au théâtre ses lettres de noblesse. Cela passe notamment par davantage de communication autour des différents évènements théâtraux. Cela permettra de vulgariser le théâtre et de dédramatiser le fait d'aller voir une pièce. En outre, des efforts devraient être réalisés afin de séduire un public plus large.
Ces solutions ne pourront évidemment pas faire du théâtre le divertissement préféré des Français. Pourtant, elles pourraient permettre de lui donner une plus grande visibilité.

"Nous voulons de la vie au théâtre, et du théâtre dans la vie" disait Jules Renard (écrivain français, 1864-1910). Tâchons donc de contribuer à ce que son souhait puisse se réaliser.




Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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