Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 19:25

Comme je l'avais annoncé dans un précédent article, je vais profiter de l'été pour lire. Après, "votez pour la démondialisation" d'Arnaud Montebourg, voilà maintenant mes remarques concernant le dernier ouvrage de Jean-Pierre Chevènement : "la France est-elle finie ?"

 

Disons le tout de suite, ce livre est en quelque sorte un livre de témoignage. En effet, l'ancien ministre de l'Intérieur retrace de manière critique les dernières décennies de notre pays. C'est notamment le cas dans les premiers chapitres qui m'on semblé particulièrement long et somme toute peu intéressants dans la mesure où l'auteur énumère des faits historiques.

 

Alors bien sûr les différents évènements sont choisis à dessein. Ainsi, ils permettent de réaliser une forte critique du tournant libéral pris par la gauche en 1983, deux ans après l'espoir suscité par l'élection de 1981.

Dans ces propos, il apparaît que Jean-Pierre Chevènement épargne relativement François Mitterrand mais charge Jacques Delors qui est, selon lui, le responsable de cette politique. Il explique également que c'est à cette période que la fuite en avant européenne commence, notamment avec l'Acte unique (1987).

Chevènement nous explique alors comment une "alliance" entre la commission européenne et le ministère des finances de l'époque a réussi à imposer la dérégulation, la libéralisation et la financiarisation de notre économie.

 

Clairement Chevènement réalise un véritable réquisitoire contre Jacques Delors. Ce dernier est ainsi accusé d'être l'instigateur du libéralisme en France et d'avoir grandement contribué à la "parenthèse libérale" des années 1980. En outre, son action à la tête de la Commission européenne (1984 - 1994) est sévèrement jugée dans la mesure où il lui est reproché  d'avoir fait de l'Europe le cheval de Troie de la mondialisation.

 

Mais décrochons maintenant du fil des pages pour nous intéresser à quelques phrases ou passages en particulier qui, je crois, méritent d'être commentés :

 

- Les écarts de richesse se réduisent entre nations mais s'accroissent au-dedans

Il fut un temps où il existait une réelle frontière entre les pays du nord, riches et industrialisés et les pays du sud, plus pauvres et moins développés. Aujourd'hui, et même si des différences persistent, la situation a grandement évolué puisque les seconds tendent à rattraper les premiers. C'est notamment le cas de la Chine et de l'Inde ou encore du Brésil.

Pour autant, malgré une croissance très importante et souvent à deux chiffres, ces nations dites émergentes ou en développement conservent encore de grosses lacunes. De fait, cette croissance s'est souvent faite aux dépens du peuple, voire même contre lui. Cela s'explique notamment par le type de développement choisi qui consiste à attirer des capitaux extérieurs en jouant sur une main d'œuvre servile et bon marché. On assiste alors à une opposition entre des travailleurs pauvres et, en particulier dans les terres, et des "élites" aisées et cultivées.

Mais ce contraste existe également en France et en Europe. On le voit bien depuis quelques années et cela risque de s'intensifier dans le futur. Bien que la France soit un pays riche, il n'en demeure pas moins que d'importantes inégalités subsistent et que la pauvreté n'épargne pas une partie de nos concitoyens. Alors bien sûr cet état de fait ne date pas d'hier mais il apparaît clairement que la situation empire malgré les postures et autres incantations de nos dirigeants. Ainsi, cohabitent dans notre pays des personnes gagnant moins de 600 € par mois et des individus émargeant à plusieurs centaines de milliers d'euros par an. Cela pose donc clairement la question de l'égalité et de la justice sociale. L'idée d'instaurer un "salaire maximal", notamment avancée par Jean-Luc Mélenchon, ne semble donc pas forcément être une hérésie, bien au contraire.

 

- L'Europe est "germanocentrée"

Dans ce livre, la question de l'Allemagne et de la relation franco-allemande est abondamment traitée. Ainsi, un long chapitre est consacré à l'explication des raisons de son succès. Pour faire simple, l'Allemagne dirige l'Europe et impose sa volonté aux autres nations (traité de Lisbonne, pacte de stabilité …). De plus, elle mène une politique peu coopérative voire même égoïste sans que cela ne semble déranger personne.

Cette stratégie s'exprime ainsi parfaitement durant la crise de l'euro et des dettes souveraines puisque Mme Merkel souhaite de drastiques plan de rigueur en contrepartie de prétendus plans de sauvetage. En fait, la chancelière allemande fait fi de la solidarité européenne et, sous des airs de chevalier blanc, cherche uniquement à défendre les intérêts de son pays.

Pour autant, il n'est pas illégitime que l'Allemagne protège ses intérêts. J'ajouterais également que si ce pays se comporte d'une telle manière est que la France l'a, de façon plus ou moins consciente, encouragé ou tout du moins accepté. En réalité, nous sommes passés d'un discours de vainqueur à vaincu après la seconde guerre mondiale à un échange respectueux d'égal à égal pour finalement aboutir à un complet retournement de situation, nous retrouvant alors en position de dominé.

 

- Le couple franco-allemand est l'avenir de l'UE

Aujourd'hui il est clair que l'Union Européenne va mal. Pour survivre et redevenir une puissance qui compte, cette dernière va impérativement devoir se remettre en question, tant au niveau de son fonctionnement et de son organisation que de ses valeurs et de ses principes fondateurs.

Quoi que certains en disent, cela ne se fera pas sans les nations. Durant trop longtemps l'Europe s'est construite en faisant abstraction des peuples et en niant le cadre national. Pour Jean-Pierre Chevènement, ce renouveau passera obligatoirement par un partenariat entre la France et l'Allemagne, comme cela a toujours été le cas depuis le commencement. Malheureusement, et comme nous l'avons vu précédemment, cela n'est pas possible ni envisageable en l'état actuel des choses. Pour ce faire, il faudrait remettre cette relation à plat et repartir sur des bases saines et solides.

Personnellement, je ne suis pas spécialement optimiste quant à la réussite d'une telle entreprise. Enfin pas avec ces dirigeants là qui ne me semblent pas être capables de s'asseoir autour d'une table et de tenir un discours de vérité. Les prochaines élections dans nos deux pays risquent alors d'être déterminantes pour la suite.

En revanche, il est une alternative que Jean-Pierre Chevènement n'aborde que trop peu. Je pense bien évidemment à la possibilité d'une union latine restreinte qui deviendrait le pilier de l'Union Européenne. Ainsi, il existe une proximité forte, tant au niveau de la culture que de l'Histoire mais également géographique, entre les pays du bord de la Méditerranée. Il ne me semble donc pas si impossible que la France, l'Italie, l'Espagne, le Portugal voire la Grèce décident de s'entendre pour relancer la machine européenne.

 

 

- Si la crise est le problème, elle est aussi la solution pour sortir de l'impasse néolibérale

Je ne vous ferais pas l'affront de revenir sur la crise que nous connaissons depuis plusieurs années tant les médias ne cessent d'en parler. De même, je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'expliciter davantage la première partie de la phrase. En revanche, la suite de cette déclaration me semble tout à fait intéressante.

En toute logique, et cela n'est pas seulement vrai en économie, l'erreur fait partie de l'apprentissage. De fait, et de manière assez naturelle, nous cherchons tous à ne pas reproduire deux fois la même bêtise. Pour ce faire, une analyse du problème permet d'identifier les dysfonctionnements en vue de les corriger et donc de progresser.

Malgré tout, cela ne semble pas avoir été le cas dans le cadre de la crise, ou tout du moins pas entièrement. Il semblerait bien que les causes de la crise aient effectivement été identifiées, le constat étant sensiblement le même toute sensibilité confondue. Là où le bât blesse est que les dirigeants en place ne mettent pas en place les mesures correctives visant à nous prémunir d'une éventuelle rechute. Ainsi, et malgré de belles envolées lyriques, les promesses de l'UE ou du G20 restent lettres mortes.

Depuis la crise, rien n'a donc fondamentalement changé, ou alors à la marge, et cela pour la plus grande joie des marchés financiers et des banques qui sont les grands gagnants de l'histoire. A l'inverse, les Etats donc les contribuables sont les dindons de la farce puisqu'ils doivent se sacrifier pour ceux qui sont responsables de tout ce bordel. L'exemple de la Grèce illustre cela de manière fabuleuse, pour le plus grand malheur du peuple.

Clairement la crise a été un choc terrible. Mais il faut maintenant chercher à tourner la page en reprenant le pas sur l'économie. Cela ne se fera probablement pas sans heurts mais les politiques doivent avoir le courage de présenter la facture à qui de droit et non comme toujours à leur population.

Notre système économique, financier mais aussi politique a distinctement montré ses limites. C'est donc l'occasion rêvée pour en changer et reconstruire un nouveau modèle.

Par Tomgu - Publié dans : Sport/Culture
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Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 18:15

Ca y est la période de dépôt des candidatures pour la primaire socialiste s'est officiellement terminée le 13 juillet dernier. Seront donc candidats, par ordre alphabétique : Martine Aubry, François Hollande, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Valls pour le PS et  Jean-Michel Baylet pour le Parti Radical de Gauche (PRG).

Six candidats s'affronteront donc les 9 et 16 octobre prochains lors d'un vote ouvert à tous militants mais aussi aux sympathisants.

 

Cette primaire est quelque chose de novateur dans notre pays. En effet, ce système de désignation d'un candidat à l'élection présidentielle, très répandu aux Etats-Unis, fait ses premiers pas en France. Alors certes un tel processus avait déjà été organisé par les socialistes en 2006 mais il s'agissait d'une version édulcorée dans la mesure où seuls les adhérents du parti avaient été sollicités.

Cette primaire est donc un outil nouveau qui s'inscrit pleinement dans le cadre de la rénovation souhaitée par les dirigeants socialistes. On peut toutefois s'interroger sur sa pertinence et son bien-fondé.

 

A priori rien ne me dérangeait dans l'organisation de ces primaires. Je dois même reconnaître que celle-ci suscitait chez moi un certain enthousiasme. Pour autant, cet engouement a rapidement laissé place à une relative déception et même à une prise de distance, et ce pour plusieurs raisons.

 

Pour commencer, il me semble nécessaire d'émettre quelques réserves sur le principe même des primaires. Comme je l'ai dit précédemment, je n'avais éprouvé, par principe, aucun préjugé ni rejet vis-à-vis de ce système. De fait, celui-ci pouvait s'avérer être une bouffée d'oxygène dans notre vie démocratique. Malgré tout, il apparaît que cette primaire peut-être interprétée comme redondant avec le premier tour de l'élection présidentielle dans la mesure où celle-ci est ouverte à tout le monde.

 

Ensuite, et c'est la principale critique que j'oppose aux socialistes, est que cette primaire se résume finalement à un casting. En effet, je regrette qu'un réel débat de fond ne soit pas organisé entre les différents candidats afin de mettre en avant les divergences qui peuvent exister. Ainsi, hormis peut-être Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Manuel Valls qui se distinguent quelque peu, il paraît clair que Martine Aubry et François Hollande sont parfaitement interchangeables. D'ailleurs, ces derniers reconnaissent eux-mêmes qu'ils sont d'accord sur la plupart des sujets et que peu de choses les différencient. En clair, le choix se fera sur des critères subjectifs tels que l'image ou la communication tant les deux candidats sont bonnet blanc et blanc bonnet.

 

Pour autant, est-ce vraiment surprenant ? Je ne le crois pas. De fait, s'il existait de trop importantes divergences comment les candidats défaits pourraient-ils se ranger derrière le vainqueur ? Cet état de fait pose donc la question de la légitimité et de la pertinence de cette primaire.

 

Au final, ce système de désignation de candidat, qui devait être novateur et porteur d'espoir, s'avère décevant dans la mesure dans la mesure où celui-ci reste petit-bras et ne va pas au bout de sa logique.

En l'état actuel des choses, la primaire socialiste semble se diriger vers un duel Aubry-Hollande qui consisterait alors à une opposition de personnes et non de projets tant les deux s'inscrivent dans le système social-démocrate, libéral et européiste.

En bref, rien de nouveau sous le soleil au PS depuis 1983 et l'ouverture de la parenthèse libérale. C'est bien là tout le problème de ce parti qui ne semble pas avoir retenu les leçons de la crise ...

Par Tomgu - Publié dans : Politique
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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 20:39

La candidate d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, Eva Joly, s'est déclarée jeudi favorable à la suppression du défilé militaire du 14 Juillet sur les Champs-Élysées, qu'elle a proposé de remplacer par un "défilé citoyen". "J'ai rêvé que nous puissions remplacer ce défilé (militaire) par un défilé citoyen où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les séniors défiler dans le bonheur d'être ensemble, de fêter les valeurs qui nous réunissent", a déclaré Mme Joly à l'AFP.

Source : lepoint.fr

 

Dans mon dernier article je parlais déjà des écologistes et me réjouissais, si l'on peut dire, de leurs décisions. Malheureusement, ma bienveillance vis-à-vis de ce parti n'a été que de courte durée et a subitement disparu avec les propos d'Eva Joly.

 

En plus d'un charisme digne d'une huître, Eva Joly possède une capacité impressionnante pour débiter des âneries. Je laisserai de côté les critiques du nucléaire ou les tirades sur l'économie pour me concentrer sur la proposition démentielle liée au défilé militaire du 14 juillet.

 

Avant toute chose, je dois avouer me satisfaire de la fronde suscité par l'ancienne magistrat. En effet, je me félicite que la quasi-totalité de la classe politique, de droite comme de gauche, se soit élevée et révoltée contre la candidate à l'élection présidentielle.

 

Mais revenons-en au fond de l'affaire. Deux éléments sont à prendre en compte.

Le premier est la suppression du défilé militaire. Bien évidemment je suis absolument contre cette proposition dans la mesure où cette parade de nos soldats relève d'une tradition historique qui s'inscrit dans notre héritage depuis des décennies. De plus, cette journée est un véritable moment de communion entre le peuple et son armée, qui vise à renforcer les liens entre ces deux entités.

Le second point est son remplacement par un défilé citoyen. Pour moi, cela ne vient rien dire. Que signifie donc "défilé citoyen" ? Si l'on en croit les propos d'Eva Joly cela reviendrait à faire défiler des enfants, des jeunes et des vieillards. Bref tout le monde et personne à la fois.

En somme, cette dame nous propose de remplacer un hommage à nos forces armées par une grosse manifestation désordonnée.

 

Parallèlement à cela, Eva Joly a comparé notre pays à des nations telles que la Chine ou la Corée du Nord sur la seule base d'un point commun : une parade militaire. Je trouve que cette comparaison est tout bonnement honteuse pour une personne qui souhaite prendre en main la destinée de notre nation. En effet, comme peut-elle oser nous rapprocher de ces dictatures qui n'hésitent pas à utiliser la force contre leur propre peuple ?

 

Au final, cette sortie médiatique calamiteuse et déplacée aura au moins eu le mérite de révéler le vrai visage des écologistes : une tribu de bobos sectaires et mondialistes pour qui la nation doit disparaître.

Par Tomgu - Publié dans : Politique
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Mercredi 13 juillet 2011 3 13 /07 /Juil /2011 17:29

Hier, mardi 12 juillet, nos amis écologistes étaient à l'honneur ou tout du moins avaient l'honneur des médias. En effet, deux évènements importants se tenaient lors de cette même journée : le résultat de la primaire verte et le vote sur le Lybie.

 

Sans surprise Eva Joly a finalement été choisie comme candidate EELV pour l'élection présidentielle avec 58,16 % des voix aux dépens de Nicolas Hulot.

Est-ce vraiment surprenant ? Oui et non en fait. Effectivement, le choix de l'ancienne magistrat est assez logique tant elle incarne la ligne traditionnelle des Verts tout en étant une bleue en politique, découverte à l'occasion des européennes de 2009. De plus, celle-ci symbolise, à tort ou à raison, l'éthique et la droiture. Enfin son côté sérieux voire même austère rassure et contraste fortement avec le pouvoir en place, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose.

A l'inverse, Nicolas Hulot aurait pu bénéficier de son charisme, nettement plus important que celui d'Eva Joly, ou encore de son engagement de longue durée pour la cause écologique. Malgré tout, ces points positifs n'ont pas suffi à inverser la tendance du premier tour. On peut même dire que ces "avantages" ont été largement contrebalancé par des prétendus handicaps jugés rédhibitoires par certains. Je pense notamment à certaines accointances avec le centre et la droite, et en particulier avec Jean-Louis Borloo, ou encore aux subventions versées par de grandes entreprises à sa fondation.

Par ce choix EELV perdure dans la droite lignée de ces dernières années avec des candidats assez "insipides" et sans réelle cohérence profondeur programmatiques. Malgré tout, on peut penser que les derniers succès électoraux et les récents évènements environnementaux permettront de réaliser un score honorable, sinon de limiter la casse. Par ailleurs, il y a fort à parier qu'une alliance avec le PS verra assez rapidement le jour, permettant ainsi aux écologistes de rester sur le devant de la scène.

 

Parallèlement à la primaire, les écologistes se sont également illustrés lors du vote sur la poursuite de l'engagement de nos troupes en Lybie. En effet, les parlementaires verts et communistes, ainsi que certains députés non-inscrits, se sont opposés à la demande de François Fillon.

Le sujet étant sensible, il me semblait important que les représentants du peuple puissent en débattre. Pour autant, et même si je dois m'incliner devant ce vote, je ne m'en satisfais pas. Il est vrai que ma position concernant cette guerre a évolué à plusieurs reprises. De fait, j'ai tout d'abord été opposé à un tel engagement puis je me suis résigné, devant les faits, à soutenir une intervention militaire dans le cadre de l'ONU.

Aujourd'hui, et compte-tenu de l'évolution de la situation, je crois qu'il est temps de se retirer de ce pays. En effet, après quatre mois et 160 millions d'euros, nous en sommes plus ou moins au même point. Certes notre devoir était d'éviter le massacre de milliers de civils par Kadhafi mais nous n'avons pas le droit ni la légitimité de déchoir un dirigeant en place tel que cela semble être le cas actuellement. A l'instar des révolutions en Egypte ou en Tunisie, c'est au peuple de prendre en main son destin et de décider de son avenir.

Chercher à influencer le cours de l'Histoire de manière dissimulée, comme ce fut le cas en Côte d'Ivoire avec l'arrestation de Laurent Gbagbo ou en Lybie avec le parachutage d'armes légères, n'est pas digne d'un pays tel que le notre. La France ne doit pas reprendre le flambeau des Etats-Unis. Les conséquences d'un tel bellicisme seraient trop dramatiques, tant à court terme qu'à plus longue échéance.

De même qu'en Afghanistan où un retrait progressif des troupes va être engagé, il me semble impératif que nos soldats rentrent au plus vite à la maison. Cette guerre n'est pas notre guerre et le prix payé est déjà trop important. Une escalade militaire serait la pire des décisions. Une solution diplomatique pour une sortie de crise pacifique constituerait alors une meilleure alternative.  

Par Tomgu - Publié dans : Politique
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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 18:01

Les élus pourront continuer à bénéficier d'avantages en nature de façon discrétionnaire et à reverser une part de leurs revenus à qui bon leur semble. Ainsi en a décidé lundi matin le Sénat. René Dosière pensait pourtant avoir mis fin à ces pratiques, qu'il condamne. Le député apparenté PS a fait adopter le 28 juin, par une commission mixte du Sénat et de l'Assemblée, deux amendements en ce sens.

Source : lepoint.fr

 

Qu'ils s'en aillent tous disait Jean-Luc Mélenchon. Cela pouvait paraître excessif mais, au final, ce dernier n'a-t-il pas raison, au moins en partie ? 

 

Une nouvelle fois nos élus se distinguent par un conservatisme et un élitisme et cherchent à préserver leurs avantages, souvent démesurés. Les privilèges n'ont-ils pas été abolis la nuit du 4 août 1789 ? C'est ce que l'on croyait mais il semblerait que ceux-ci aient été rétablis pour une petite caste.

 

Alors bien sûr il est facile d'attaquer les avantages des parlementaires  et certains qualifieront même cela de populisme. Néanmoins je crois qu'il est important de dénoncer les abus qui existent et perdurent au sein de l'Assemblée Nationale et du Sénat mais aussi parmi les membres du gouvernement.

 

Il est évident que les fonctions occupées par ces personnes sont contraignantes et exigent une certaine abnégation. Pour autant, cela justifie-t-il des indemnités de plusieurs milliers d'euros, des voitures avec chauffeur ou autres logements de fonction ? Cela ne va bien sûr pas de soi. D'ailleurs, d'autres métiers sont nettement plus éprouvants et ces salariés ne bénéficient pas du même traitement.

 

Outre le fait que les sommes en jeu sont démesurées, et parfois injustifiées voire même injustifiables, il est étonnant que ces individus demandent au peuple de se serrer la ceinture alors même que ces derniers ne daignent pas faire quelque effort que ce soit. Pire nos chers sénateurs se sont récemment accordés une prime de 3500 €.

Il me paraît donc inacceptable, à l'heure où on nous rebat les oreilles avec le déficit, que certaines catégories de la population soient épargnées par l'effort collectif demandé par nos dirigeants.

 

Je peux tout à fait concevoir qu'il faille faire des économies, encore qu'il suffirait d'aller chercher l'argent là où il se trouve en réalisant de vraies réformes, mais ces économies doivent concerner tous les Français. Et par tous les Français j'entends les classes populaires et moyennes mais aussi et surtout les classes aisées et dirigeantes. En effet, si ces derniers s'engraissent quand l'économie est au beau fixe, il est logique qu'ils se mettent au régime en temps de crise.

Malheureusement, ce n'est pas de sitôt que l'on verra cela avec ce président de la République et son gouvernement ...

Par Tomgu - Publié dans : Economie
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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 09:47

« Au fond, dans le passé, l’élection présidentielle dépendait d’un seul facteur : l’avis des électeurs. Maintenant, l’élection présidentielle dépend de deux facteurs : l’avis des électeurs, mais aussi l’avis des prêteurs. Nous sommes endettés comme tous les pays endettés. Pour que notre pays marche, il faut que certains lui prêtent de l’argent. Ce “certains”, ce sont des fonds de pension, ce sont des retraités, ce sont des acteurs mondiaux, ce sont surtout des acteurs hors de France. Ces acteurs-là, ils ont leur avis sur l’économie française. »

« Il va falloir faire des promesses de bonne gestion, des promesses d’équilibre budgétaire, de rigueur budgétaire, de réforme ».

 

Voilà les propos tenus par Jean-Pierre Raffarin à Jean-Michel Apathie lors de son interview sur RTL.

Bien que je n'approuve bien évidemment pas ce discours, je m'en réjouis tant il traduit de manière simple et sans équivoque la situation dans laquelle se trouve notre pays.

 

Concrètement que nous dit l'ancien premier ministre ? Et bien tout simplement que notre nation est soumise au diktat des marchés financiers et que le peuple est privé de sa souveraineté électorale. En somme, ce monsieur nous explique que le président de la République ne doit pas servir ses concitoyens et défendre leurs intérêts mais au contraire chercher à plaire et complaire aux créanciers de l'Etat.

 

Alors bien sûr personne n'est naïf et chacun sait que cet état de fait ne date pas d'hier. Pour autant, c'est la première fois qu'un responsable politique proche du pouvoir en place fait une telle révélation. Cela montre donc bien que le discours des alternatifs n'est pas aussi farfelu qu'on aimerait à le faire croire.

 

De Gaulle disait : "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille" ou autrement dit la France n'a pas à se laisser dicter sa politique économique par les marchés financiers. Or c'est exactement ce qui se passe à l'heure actuelle, que ce soit en France ou ailleurs en Europe. Ainsi, la réforme des retraites a été conçue uniquement pour rassurer les agences de notation. De même, les plans d'austérité imposés à la Grèce ou au Portugal répondent également à cet objectif.

 

Aujourd'hui le politique a donc vu ses pouvoirs considérablement diminué. De fait, la souveraineté nationale est de plus en plus attaquée au profit d'instances supranationales (FMI, UE …). D'ailleurs, la dernière escroquerie en date consiste à soumettre les budgets nationaux à la Commission européenne pour validation. Ce mécanisme, sensé éviter d'autres crises, revient en fait à imposer des choix budgétaires libéraux aux Etats-membres.

 

Ce qui me désole le plus dans cette histoire est que nos gouvernants, plutôt que de s'opposer à une telle vassalisation de notre pays, accompagnent et encouragent cette régression démocratique. Pire ils en sont même fiers et nous vantent cela comme un progrès alors même qu'il ne s'agit que d'une mise sous tutelle de nos institutions.

 

Certains attendent beaucoup de la présidentielle de 2012. Sans vouloir être pessimiste, je crois que cette élection est un leurre. En effet, la plupart des candidats, malgré des différences de façade, s'inscrivent dans le système actuel. Or il me semble illusoire de vouloir entamer un réel changement sans s'affranchir des contraintes actuelles.

 

Pour le moment, le PS ne me paraît pas porter une alternative. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que DSK était tant plébiscité par les institutions financières. Qu'il s'agisse de Martine Aubry, de François Hollande ou encore de Dominique Strauss-Kahn, ce parti représente au mieux une alternance politique au gouvernement en place.

 

Cela ne sera évidemment pas suffisant pour redresser notre pays de manière pérenne. Peut-être que les choses s'arrangeront quelque peu mais on peut supposer que les dirigeants socialistes seront davantage dans la gestion que la transformation, si tant est qu'ils accèdent au pouvoir …

Par Tomgu - Publié dans : Economie
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Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 17:54

Mieux que le feuilleton de l'été, l'affaire Dominique Strauss-Kahn !

Après DSK à l'hôtel, DSK en prison et DSK dans une résidence de luxe, voilà maintenant DSK en liberté. En effet, après moult rebondissements et révélations en tout genre, de nouveaux éléments sont venus entachés la crédibilité de la plaignante et ont conduit à la libération de l'accusé. Par ailleurs, un abandon des charges pesant contre l'ancien directeur du FMI est sérieusement envisagé.

 

Bien que le scandale ait éclaté il y a plusieurs semaines, il s'agit là du premier article que j'y consacre. Cela s'explique tout simplement par le fait que je ne trouvais pas utile de m'étendre sur le sujet. En effet, nous ne savons que peu de choses dans cette histoire. Personnellement, je ne crois pas plus la femme de chambre que l'homme politique. D'ailleurs, je ne suis pas sûr que nous connaîtrons la vérité un jour puisque c'est parole contre parole. Seules les personnes présentes dans la fameuse suite savent ce qui s'est réellement passé.

 

Ce qui m'intéresse aujourd'hui est les suites de cet évènement. Effectivement, DSK était le grand favori pour 2012 et faisait la course largement en tête. Or depuis tout a changé et le PS a continué sa route sans lui. Pour autant, la possibilité de son retour risque de compliquer grandement les choses.

 

Disons le clairement, je crois que Strauss-Kahn n'est pas un bon candidat pour le PS. Ou tout du moins pour ce que devrait être le PS. Je ne nie évidemment pas les qualités et compétences de l'ancien ministre mais je suis en désaccord total avec les politiques qu'il a menées, notamment en Grèce. Pour moi, DSK n'est donc clairement pas un vote envisageable.

 

Mais laissons de côté ce sentiment pour nous intéresser à cette théorie du retour. Selon moi, il existe plusieurs scénarios possibles quant à une réapparition sur la scène politique française. En fait, DSK peut soit se présenter à la primaire, soit venir en soutien d'un autre candidat, soit rester en retrait.

Il est évidemment prématuré de prendre position tant d'autres surprises peuvent encore intervenir mais pour moi les trois options sont crédibles.

 

La candidature à la primaire consisterait en une revanche après ces semaines de descente aux enfers. Il pourrait alors s'agir d'un retour gagnant en jouant la carte de l'erreur judiciaire, de la victime ou encore de l'affrontement entre un homme et un système (judiciaire, médiatique, politique).

Le soutien à un candidat peut être un moyen de revenir sur le devant de la scène plus en douceur, en perspective de jours meilleurs (2017 ?) et/ou de responsabilités (premier ministre ?). Cela consisterait alors probablement à respecter le pacte de Marrakech et à se ranger derrière Martine Aubry.

L'éloignement, la prise de recul peut également être une stratégie payante. Ce laps de temps permettra ainsi de se reconstruire, tant politiquement que moralement. En outre, après une période de "traversée du désert" et en cas de difficultés, DSK pourrait être vu comme un sauveur, à l'instar du général de Gaulle en 1958.

 

Partons maintenant du principe que l'envie de revenir existe chez Dominique Strauss-Kahn. Cela est-il réellement possible à la suite de cette affaire et des différentes révélations/découvertes sur son compte ?

Je crois que cela dépendra de la réaction des Français à son égard. Je pense que la population sera divisée en deux "camps". D'une part ceux qui éprouveront de la compassion vis-à-vis de DSK du fait de l'acharnement médiatico-judiciaire qu'il a subi. Ceux-ci seront alors favorables à son retour sur le devant de la scène. D'autre part ceux qui considéreront que DSK est grillé en raison de ses fautes (comportement avec les femmes, résidence privée à 35 000 € par mois …). Ces derniers considérant alors qu'un retour serait une mauvaise chose.

 

Comme vous l'aurez sûrement compris, je me classe évidemment dans la seconde catégorie d'individus. Même si Nicolas Sarkozy a commencé à dégrader l'image de la France dans le monde, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de continuer pour cinq ans de plus.

En outre, je ne crois pas que Dominique Strauss-Kahn soit une solution pour notre pays. En effet, je ne suis pas convaincu que les réponses qu'il souhaite apporter à nos problèmes soient les bonnes.

 

Selon moi DSK est un leurre. Sous l'alibi du socialisme, il mène en réalité des politiques libérales et mondialistes qui tendent à favoriser les multinationales aux dépens des peuples. D'ailleurs, la situation en Grèce est une illustration parfaite des méfaits de DSK. Or je ne souhaite bien évidemment pas cela pour mon pays et mes concitoyens.

 

Par Tomgu - Publié dans : Politique
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Jeudi 30 juin 2011 4 30 /06 /Juin /2011 18:01

Après une longue absence du fait de contraintes professionnelles, voici donc un nouvel article revenant sur certains évènements majeurs de ces derniers jours.

 

 - Martine à la campagne

Mardi dernier, Martine Aubry a finalement annoncé sa candidature à la primaire socialiste dans son fief de Lille. Même si cela ne faisait aucun doute, cette officialisation marque un pas dans cette primaire puisque la première secrétaire est une candidate de poids.

DSK étant hors-jeu, on peut légitimement s'attendre à un duel Aubry-Hollande. Toute la question étant de savoir quel rôle jouera Ségolène Royal dans la campagne. En effet, et bien que les sondages ne soient pour le moment pas au rendez-vous, il serait abusif de miser sur un retrait. Pour autant, cette option ne doit pas non plus être écartée et dépendra probablement des évènements à venir.

Pour en revenir à Martine Aubry, je dois reconnaître que celle-ci m'est plutôt sympathique. Alors bien sur il existe de nombreux points de désaccord mais à choisir, je la préfère à François Hollande. Même si le candidat le plus proche de mes idées au PS est Arnaud Montebourg, je crois que la dame des 35 heures constitue un bon compromis au sein du parti, arrivant à concilier au mieux tous les courants. En outre, le soutien de la gauche du PS (Hamon, Emmanuelli …) me semble être un gage de crédibilité. A l'inverse, François Hollande me paraît plus libéral et souhaite davantage être dans la gestion que la transformation. Pour autant, il y a fort à parier que, quel que soit le candidat, les réformes engagées ne différeront que légèrement et que le fond du programme sera le même.

 

 

- Après Dominique, voilà Christine

C'est maintenant officiel, Christine Lagarde a pris la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds Monétaire International (FMI). Le suspens était toutefois limité dans la mesure où l'usage veut que ce poste revienne à un européen et la direction de la Banque Mondiale à un américain.

Mais le choix de Christine Lagarde est-il approprié ? Disons le tout de suite, l'ancienne ministre de l'économie a incontestablement les compétences requises. De plus, cela permet de maintenir la présidence dans le giron de la France, ce qui n'est pas négligeable. Malgré tout, les choses ne sont pas complètement roses. En effet, il ne faut pas oublier que Mme Lagarde est empêtrée dans des ennuis judiciaires en raison de l'affaire Tapie.

Enfin, outre cet aspect purement pratique voire même déontologique, la nomination/élection de Christine Lagarde n'est pas forcément une bonne chose pour les peuples. Effectivement, la nouvelle directrice s'inscrira complètement dans la continuité de la direction sortante et prônera donc cures d'austérité et de rigueur contre "plans d'aide et de sauvetage". En somme, ce choix est donc une nouvelle victoire de la sphère économico-financière sur les petites-gens du monde entier.

 

 

- Journalistes de FR3 : un nouvel épisode Ingrid Betancourt ?

La nouvelle est tombée hier. Après 547 jours de détention, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière ont finalement été libérés par leurs ravisseurs et arriveront en France dans la journée. Logiquement, cet évènement a fait la une de tous les journaux qui y ont consacré moult reportages.

Bien évidemment, il s'agit là d'une excellente nouvelle, en particulier pour les familles des victimes. Pour autant, est-il nécessaire de faire un aussi gros tapage médiatique ? En effet, durant toute leur détention, les présentateurs de journaux avaient une pensée pour leurs confrères. Et maintenant que ces derniers sont libres, les mêmes couvrent cela comme un évènement majeur de l'actualité.

Au risque de passer pour un salop, je crois que l'on en fait trop pour cette affaire. Ok, les journalistes sont libres. C'est très bien mais cela n'est pas d'une importance fondamentale, hormis pour les proches. Concrètement, je ne supporte plus que les médias exploitent jusqu'à la moelle un fait qui ne le mérite pas forcément.

Cela me rappelle notamment le cas d'Ingrid Betancourt. Durant des mois voire des années, on nous a littéralement soulé pour soi-disant ne pas l'oublier. Puis tout un pataquès a été fait au moment de sa libération avec réception en grandes pompes par le président de la République.

Pour moi, il existe réellement une différence de traitement, un deux poids deux mesures. De fait, d'autres otages sont actuellement détenus en Afrique, or personne n'en parle car il ne s'agit de M. et Mme tout le monde. Etrange non ? De là à dire comme Jean-Luc Mélenchon que les journalistes forment une caste, il n'y a qu'un pas que l'on peut aisément franchir.

Enfin, il me semble également important de signaler qu'il existe d'autres problèmes nettement plus importants et qui ont davantage trait à l'intérêt général (chômage, crise de l'euro …).

 

 

- Obama ordonne, Sarkozy exécute

Qui a dit que le président de la République était le chef des armées ? Apparemment cela n'est plus forcément vrai. Ou alors il aurait fallu préciser de quel président on parlait.

Mais trêve de plaisanteries. Le début du retrait de nos troupes en Afghanistan et évidemment une bonne chose. Il serait donc malhonnête de ma part de m'y opposer aujourd'hui alors que je l'appelais de mes vœux hier.

En réalité, la question n'est pas là. Il ne s'agit pas du fond de la décision mais de sa forme, et surtout de l'image que l'on envoie de notre pays. Sur ce sujet, Nicolas Sarkozy a changé un grand nombre de fois d'avis. En effet, durant la campagne de 2007, celui-ci nous expliquait que notre "présence à cet endroit du monde n'était pas décisive". Par la suite, et en particulier après chaque décès, le président argumentait sur l'impérative nécessité de maintenir nos troupes, décidant même d'augmenter notre contingent. Et finalement, contre toute attente, il a été décidé d'entamer un retrait progressif.

Indéniablement, l'élément déclencheur a été l'annonce du président Obama. Nicolas Sarkozy en a donc profité pour s'infiltrer dans la brèche et faire un coup politique. Cela pose toutefois la question de notre indépendance. Clairement, cet enchaînement des évènements revient à se mettre en position de faiblesse par rapport aux Etats-Unis. De là à y voir un lien avec le récent retour dans le commandement intégré de l'OTAN …

Par Tomgu - Publié dans : Divers
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Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 20:59

Hier, Christine Boutin a annoncé son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2012 car "la situation de la France l'obligeait". La leader du PCD (Parti Chrétien Démocrate) qui a réalisé un score de 1,19 % en 2002 et s'est ralliée à Nicolas Sarkozy en 2007, se lance donc dans la course pour 2012.

Cette nouvelle candidature s'ajoutant à celles déclarées ou probables qui commencent à se multiplier à droite (Nicolas Sarkozy, Nicolas Dupont-Aignan, Frédéric Nihous, Jean-Louis Borloo, Dominique de Villepin …).

 

A cette occasion, Jean-Michel Apathie a livré un véritable réquisitoire dans le grand journal de Canal + sur ces candidats prétendument inutiles. Ce dernier a alors ironisé sur les chances d'être élue, ou plutôt l'absence de chance, de Mme Boutin. Le chroniqueur a ensuite fustigé la multiplication des candidatures de témoignage, considérant qu'un premier tour à plus de cinq candidats était une ineptie. Cela l'a donc conduit à demander un relèvement du nombre de parrainages requis pour accéder pouvoir se présenter.

 

Bien qu'appréciant, en général, les interventions de Jean-Michel Apathie, je ne suis évidemment pas toujours d'accord avec lui. Dans ce cas précis, je dois reconnaître que celui-ci n'a pas forcément tort sur le fond. En revanche, la manière d'exprimer son opinion m'a semblé inadaptée voire même "violente" par moment. De fait, je n'apprécie guère le fait de se moquer d'un candidat, d'ironiser sur ses chances de victoire. Alors bien sûr il faut être réaliste mais railler une personnalité politique revient, en quelque sorte, à bafouer la démocratie et les électeurs.

 

Mais revenons-en au fond du problème et, en l'occurrence, au nombre important de candidats à la présidentielle.

Je commencerai tout d'abord par rappeler deux choses. La première est que le pluralisme politique est une force de la démocratie et doit être défendu. Trop de pays souffrent de la mainmise d'un parti unique ou d'un bipartisme stérile se traduisant par une alternance régulière sans réelle alternative. La seconde est que, pour le moment, nous ne savons pas qui seront réellement les candidats sur la ligne de départ. Effectivement, ce n'est pas parce qu'une personne s'est déclarée que celle-ci en aura forcément les moyens, particulièrement du fait de la barrière que constituent les parrainages (cf Nicolas Dupont-Aignan en 2007).

 

Ces deux remarques étant posées, nous pouvons maintenant nous intéresser à ce "phénomène de prolifération" de candidatures à l'élection présidentielle.

Il est clair que parmi tous les candidats certains n'ont aucune chance d'être élu. D'ailleurs, comme le disait Jean-Michel Apathie, certains ne le souhaitent même pas. Ainsi, et c'est là un dévoiement de cette élection, la présidentielle sert de tribune aux petites formations afin de faire connaître leurs idées en vue d'autres scrutins (législatives, municipales, régionales …). De fait, la  campagne permet un accès privilégié aux médias et donc aux électeurs que ces partis ne peuvent obtenir en temps normal.

En outre, la candidature peut également être un coup de bluff afin d'être en position de force pour négocier un maroquin auprès du gagnant. En somme, cela revient, grossièrement, à montrer ses muscles un temps puis à se rallier tout aussi rapidement lorsque le gain sera considéré comme suffisant.

Enfin, une telle candidature peut servir à se compter. Cela permet alors de juger de son poids électoral, toujours dans la perspective de négociations et en particulier pour la répartition des circonscriptions électorales pour les législatives qui auront lieu dans la foulée.

 

Parallèlement aux points abordés précédemment, il apparaît aussi que le nombre croissant de candidatures provient de l'incapacité de certains partis, ou plutôt de leaders politiques à se rassembler. Deux exemples viennent appuyer cette idée de manière éclatante.

Le premier concerne l'extrême gauche où les querelles de chapelles sont légions. En effet, on peut penser qu'au moins trois partis de cette sensibilité seront en course : le Front de Gauche, Lutte Ouvrière et le Nouveau Parti Anticapitaliste. Selon moi, une candidature unique serait une bonne chose afin de réaliser un score honorable, surtout qu'idéologiquement il n'existe que peu de différences, tout du moins pas fondamentales. D'ailleurs, je n'arrive toujours pas comprendre pourquoi le NPA et LO continuent à vivoter chacun de leur côté.

Le second est relatif à la sphère centriste, si tant est qu'elle existe. Voila un espace politique dont les politologues doutent même de l'existence réelle d'un électorat et qui pourtant possède un nombre fou de candidats potentiels : François Bayrou, Jean-Louis Borloo, Dominique de Villepin, Hervé Morin … Indiscutablement il n'existe pas l'épaisseur d'un papier à cigarettes entre ces hommes. Il s'agit uniquement d'une question d'ego et de volonté de pouvoir.

 

Au final, en tenant compte de tous ces aspects, le nombre de candidats pour 2012 a considérablement diminué. On pourrait alors retrouver par exemple :

- une candidature de l'extrême gauche (Mélenchon)

- une candidature écologiste (Hulot ou Joly)

- une candidature socialiste (Aubry ou Hollande)

- une candidature centriste (Villepin ou Bayrou)

- une candidature de droite (Sarkozy)

- une candidature de l'extrême droite (Le Pen)

 

Malgré tout, je rajouterais également une candidature que l'on pourrait qualifier de souverainiste et qui serait portée par Nicolas Dupont-Aignan ou Jean-Pierre Chevènement voire éventuellement Arnaud Montebourg. Il s'agirait en fait d'une alternative au système actuel basée notamment sur un fort interventionnisme étatique avec la mise en place d'un protectionnisme économique.

 

A première vue, cette candidature semble redondante avec celle de Marine Le Pen. Cela n'est pas totalement faux mais ce n'est pas entièrement juste non plus. Effectivement certains aspects du programme économique sont similaires. Malgré tout, il existe également des différences non négligeables.

En outre, il ne faut pas oublier que la conversion du FN est récente. En effet, le programme de 2007 était somme toute libérale et une grande partie des troupes mais surtout de l'encadrement du parti n'a pas changé. Rajoutons également que Marine était au côté de sont père depuis des années sans vraiment s'opposer à lui. D'ailleurs, l'ombre de Jean-Marie Le Pen flotte toujours au dessus du parti puisqu'il en est le président d'honneur et qu'il tient les cordons de la bourse. Aussi, voir en Marine Le Pen et le FN une alternative me semble quelque peu prématuré.

 

Pour en revenir au sujet principal, je conclurai sur un enseignement quelque peu détourné de l'économiste Arthur Laffer : "trop de pluralisme tue le pluralisme". 

Par Tomgu - Publié dans : Politique
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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 17:44

Ce week-end, Jean-Luc Mélenchon a officiellement été investi candidat du front de gauche à l'élection présidentielle de 2012 par les militants communistes. Avec 59,12 % des voix, ce vote fait suite à sa désignation lors de la conférence nationale du parti communiste.

Comme les médias aiment à le rappeler, il s'agit du premier candidat non communiste depuis 1974.

Certains voient dans cette candidature une chance pour le PCF alors que d'autres la considèrent comme un signe supplémentaire de son délitement. Alors qu'en est-il vraiment ?

 

Avant tout, il faut reconnaître que l'âge d'or du communisme en France est loin derrière nous. Ainsi, le maigre score de Marie George buffet (1,93 %) en 2007 est évidemment à des années lumières de celui de Georges Marchais (15,3 %) en 1981. D'ailleurs, depuis cette époque l'influence du PCF tend de plus en plus à se réduire.

Pour autant, il faut avoir l'honnêteté d’admettre que ce parti est davantage ancré au niveau local et qu'il compte tout de même 130 000 adhérents et de nombreux élus locaux.

 

Pour pallier cette perte de vitesse, les dirigeants communistes ont privilégié une alliance avec d'autres partis au sein du Front de Gauche en lieu et place d'une persistance dans l'isolement. Pour l'heure, il est assez difficile de voir si l'opération est payante. Néanmoins, il semblerait que cela n'ait pas forcément été une entière réussite pour le PCF dans la mesure où un certain nombre d'élus ont perdu leurs sièges lors des dernières élections (cantonales, régionales …). De fait, les scores électoraux sont restés sensiblement les mêmes qu'auparavant alors que dans le même temps il a fallu partager les places entre les différentes composantes du Front.

 

Cette stratégie, peu intéressante pour les communistes semble-t-il, a néanmoins fait le bonheur de Jean-Luc Mélenchon. En effet, ce dernier a ainsi pu obtenir une tribune, tant électorale que médiatique, depuis l'avènement du Front de Gauche. De plus, son parti, le Parti de Gauche (PG), a obtenu une quantité non négligeable d'élus alors que sa force et son poids sont moindres. En fait, cela a été possible grâce à la logistique et aux militants du parti communiste.

Cela explique donc pourquoi une partie des adhérents du PCF n'est pas satisfaite de cette alliance. La désignation de Mélenchon n'arrangeant évidemment pas les choses.

 

Pour autant, les craintes des militants communistes sont-elles fondées ? L'accord avec le parti de Gauche revient-il alors à vendre son âme ? Je n'en suis pas si sûr. Enfin pas complètement.

Pour moi, le principe consistant à laisser la présidentielle à Mélenchon et la majorité des circonscriptions législatives est une bonne solution. Effectivement, on peut supposer que le président du PG réalisera un score raisonnable en 2012, ou au moins nettement supérieur à celui de 2007.

 

Malgré tout, je crois que la direction du PCF a mal négocié cet accord et on pourrait même dire que celle-ci a bradé le parti. En effet, il est clair que le gros des forces du Front de Gauche est composé de militants communistes qui seront des acteurs de premier plan lors des campagnes à venir. Il est donc étrange que le PCF ait obtenu seulement 80 % des places aux législatives. Pour moi, les dirigeants ont abordé les négociations en position de faiblesse et non de force comme cela aurait dû être le cas. Les militants se sentent donc sacrifiés par leurs représentants.

Néanmoins, cela ne me surprend pas tellement quand on voit le secrétaire national du parti. De fait, je dois reconnaître que Pierre Laurent ne suscite que peu mon engouement tant ce dernier manque de fougue et de charisme. On est ainsi bien loin de Georges Marchais dont Jean-Luc Mélenchon se rapproche davantage, notamment dans ses saillies verbales.

 

Selon moi, le PCF n'est pas encore mort. Alors bien sûr son audience n'est plus celle du passé mais je crois fermement qu'il est possible de remonter la pente. Pour cela, il me semble impératif que le parti se dote d'un leader charismatique et fort en gueule mais aussi et surtout qu'il redevienne le défenseur des ouvriers et des classes populaires.

 

Car il s'agit là du problème majeur de cette formation politique qui a perdu une large partie de son électorat. De fait, celui-ci s'est détourné du parti communiste pour le Front National, jugé plus enclin à répondre à ses attentes.

Pour relever la tête, le PCF doit donc se détacher du Parti Socialiste et se repositionner sur un terrain qu'il n'aurait jamais dû abandonner (protectionnisme, souveraineté populaire, interventionnisme économique …).

 

Selon moi la présidentielle de 2012 est perdue mais il faut clairement viser les élections législatives. Un aggiornamento me semble nécessaire voire même indispensable au sein du parti et notamment de sa direction. Je crois que le changement doit provenir de la base, en s'appuyant en particulier sur les différentes sections départementales. Car ce sera grâce à son fort maillage territorial que le PCF pourra renaître de ses cendres et prouver que ses idées n'ont jamais autant été d'actualité.

Par Tomgu - Publié dans : Politique
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